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Les médias sociaux: faux baromètres des élections?

Thoma Daneau Stratège numérique, www.thomadaneau.com/

À la lumière du résultat des élections québécoises, Thoma Daneau, spécialiste en médias sociaux d'Adviso, rappelle que «popularité» sur le web ne rime pas automatiquement avec «succès». 

«On dit des médias sociaux qu'ils sont obligatoires pour les entreprises, étant une bonne vitrine pour attirer des consommateurs et un bon reflet de la réalité. Je suis le premier à le dire: il faut y être et avoir une bonne stratégie!

Maintenant, revoyons ces perspectives en regard des dernières élections. Car à première vue, si l'on compare le nombre d'abonnements des partis sur les différents réseaux sociaux avec ces derniers, l'on peut y voir une différence nette. Bien que le nombre d'abonnés ne soit pas la seule métrique à considérer, il s'agit souvent d'un bon indice de popularité.

Pourtant, Léo Bureau-Blouin, qui avait le plus grand nombre d'abonnés chez les candidats, n'a pas gagné (il compte d'ailleurs beaucoup plus d'abonnés Twitter (53 600) que de personnes ayant voté pour lui (11 893)). Même son de cloche pour Martine Desjardins et Pierre Duchesne qui, eux non plus, n'ont su se faire élire malgré le fait qu'ils figurent tous deux parmi les 10 candidats avec le plus d'abonnés.

On peut donc se questionner quant au rôle des médias sociaux lors d'élections. Mais il faut aussi voir qu'il est difficile d'obtenir un portrait global de la population avec ces plateformes. En fait, on compte seulement 12% des internautes québécois sur Twitter et 65,8% sur Facebook. Si ces réseaux peuvent nous donner des indices, à eux seuls, ils ne représentent pas une image précise de la population du Québec.

En somme, les élections nous ont rappelé qu'il est important d'avoir une présence sur les médias sociaux, mais aussi qu'on ne peut tomber dans le piège et se limiter à ses communautés.

Vous avez surement été plusieurs à constater que votre flux de nouvelles Facebook semblait plus favorable à un parti en particulier. Or, cela n'est évidemment pas à l'image de la pensée globale des Québécois, mais bien puisque la plateforme a la capacité de déterminer les sujets qui vous intéressent le plus, puis de les mettre de l'avant. Capable de reconnaître les amis avec lesquels vous vous entendez le mieux et avec qui vous interagissez, Facebook vous affiche davantage leurs publications.

Pour faire un rapprochement avec un autre phénomène connu, l'on peut aussi parler du slacktivisme. Fondé sur le fait qu'il est facile de s'engager pour une cause sur les médias sociaux en partageant des publications, ce concept rappelle que ces engagements ne seront jamais l'équivalent d'une aide concrète comme de donner de l'argent.» 

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