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Transformez vos employés en agents de changement!

Thierry Chardon Fondateur, Volcio

Comme je le disais dans un texte précédent, le numérique a transformé les consommateurs ainsi que les rôles en communications-marketing. Voyons maintenant de quelle façon les médias sociaux influencent les façons de faire des employés, permettent de développer la productivité, et comment il est possible d’en tirer profit.

Collaboration

79% des adultes pensent qu’une carrière réussie passe par la collaboration et le partage du crédit avec ses collègues.

IBM a récemment publié une statistique assez révélatrice: 79% des adultes pensent qu’une carrière réussie passe par la collaboration et le partage du crédit avec des collègues.
C'est peut-être le fruit du hasard, mais cette donnée tombe à point nommé pour mettre de l'avant la réalité suivante: j’évoquais il y a quelques mois le fait que le savoir n’est plus le pouvoir ou, du moins, qu’il pouvait l’être seulement s’il était partagé. On pense à la vitesse avec laquelle le marché se transforme, à l’infidélité des consommateurs et aux innovations liées au numérique qui se multiplient, ou simplement à l’expertise propre à chacun qui devient obsolète si non renouvelée.

Impact dans l’entreprise 

Le schéma de Mark Smiciklas - datant de 2009, mais qui reste pertinent - nous permet de saisir en un coup d’œil l’évolution naturelle des médias sociaux!
Le marketing par campagne doit être intimement lié au développement de la relation avec les consommateurs/partenaires/influenceurs. Une meilleure synergie des intervenants qui travaillent sur des plans communications-marketing intégrés devient nécessaire. 

évolution naturelle des médias sociaux par Mark Smiciklas

Les indicateurs qu’on en retire (numérique, 2.0 et service à la clientèle, spécifiquement) forment, en quelque sorte, une maison de sondage en temps réel qui permet de faire évoluer ses produits et processus en fonction de l‘opinion des «consom-acteurs». 
L’externe a donc un impact sur l’interne dans les différentes strates de l’entreprise, que ce soit pour les communicateurs, mais surtout pour ceux qui conçoivent les produits et services.

Cette approche de collaboration avec les clients amène naturellement les employés à fonctionner de la même manière. La demande vient spécifiquement des employés des générations Y et C, qui utilisent les médias sociaux dans le cadre de leurs études, avec leurs amis et les marques qu’ils aiment. Ils s’attendent à retrouver ce fonctionnement dans le cadre de leur travail. N’oublions pas que ce sont eux les nouveaux influenceurs des marques!

Cas d’école!

les bénéfices apportés par les outils sociaux à l’intérieur de l’entreprise sont la productivité, l'innovation et l'engagement. 

En décembre dernier, j'ai été invité à titre de conférencier dans un cours de médias sociaux à l’Uqam. 

Ma présentation était axée sur le fait que les médias sociaux sont devenus une philosophie plus qu’un canal de communication. J’ai signalé aux étudiants les multiples possibilités qu’ils allaient en tirer en arrivant en entreprise:

  • En tant que personnes communiquant directement avec le public,
  • À titre d’experts 2.0 pouvant apporter des actions pertinentes dans un plan de marketing,
  • Mais aussi comme facilitateurs et, pourquoi pas, agents de changement auprès des différents corps de métier.

Je leur ai vite présenté les bénéfices générés par les outils sociaux (banque de connaissance sociale ou blogue, par exemple) à l’intérieur de l’entreprise: productivité, innovation, engagement. Nous avons ensuite parlé de la nécessité d’intégrer cela dans le quotidien de chacun (stratégies, opérations, processus, tâches…).

Comme les employés les plus jeunes, ces étudiants n’ont certes pas la connaissance du produit, des enjeux stratégiques, politiques et humains de l’organisation, mais ils maîtrisent la façon de dialoguer, travailler et apprendre que leur ont apporté les médias sociaux.

Possibilités pour les communicateurs

Les stratégies sont certes différentes entre la relation client et le travail entre employés. Cependant, un élément est commun: l’humain permet d’identifier des enjeux identiques comme l’attraction, la rétention, l’engagement et la collaboration.

Les stratégies sont certes différentes entre la relation client et le travail entre employés. Cependant, un élément est commun: l’humain.

Pertinent, mais comment le faire accepter en entreprise? Voici la réponse en trois étapes:

1- Conscientisation: Le soutien des dirigeants est nécessaire dans ce type de projet. La présentation d’une étude de cas constitue une première étape: mettre en parallèle les bénéfices financiers et humains de cette approche avec les enjeux de l’entreprise. 
On retrouve de nombreux exemples sur le web, dont ce site qui en recense certains: collaboratif-info.fr

2- Pilote et mesure: La deuxième étape consiste en un projet circonscrit à un secteur, préférablement lié aux communications ou aux technologies pour commencer. Ces employés ont a priori de bonnes aptitudes avec le 2.0 et la collaboration.
Il devient alors important de définir des indicateurs précis pour mesurer la productivité, la gestion du savoir ou la satisfaction des employés.

3- Diffusion: Il faut s’assurer de propager la bonne nouvelle en diffusant les résultats des indicateurs, mais, surtout, en mettant de l'avant les employés du projet. Si on les transforme en ambassadeurs, ils vont montrer les bénéfices dans leur travail quotidien et influencer leurs collègues des autres secteurs.

Que ce soit pour ces étudiants bien formés au marketing de la nouvelle génération ou pour les communicateurs à la mode 2.0, il devient crucial de penser à l’occasion que présentent ces expertises pour:

  • faciliter la collaboration en entreprise, 
  • rapprocher les gens de métiers variés, mais aussi de générations différentes 
  • améliorer la performance générale de l’organisation

Je vais conclure avec cette définition inclusive du marketing tirée d’un cours des éditions Chenelière : «Le marketing devient un incontournable pour l’entreprise, puisqu’il fait partie intégrante du processus de production et de distribution de biens et de services.»

Alors, les communicateurs peuvent-ils devenir des agents de changement? Sans changer ces métiers, il est pertinent de se poser la question!

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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