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Le cœur à la bonne place 2

Studio Nouvelle Administration Designers, Nouvelle Administration

Récemment, au studio, nous avons eu besoin d'effectuer quelques réparations à la tuyauterie de notre salle de bain. 

Le plombier qui nous a filé un coup de main nous avait avisés d’entrée de jeu de son tarif horaire, que nous n’avons pas tenté de négocier. Pour nous, son expertise vaut quelque chose, et nous sommes prêts à le rémunérer pour ce talent que nous n’avons pas. Nous l’avons choisi parce qu’il a une bonne réputation, parce qu’il est humain, parce qu’il vulgarise bien son travail, parce que nous avons confiance quand il raccommode un bout de tuyau à un autre bout de tuyau. 

Il n’y avait aucune raison que la Fondation des maladies du cœur aille voir ailleurs pour créer une identité forte et qui, en passant, aurait gagné à être bilingue. 

Il devrait en être autant pour toutes les professions de ce monde. Quelles qu’elles soient. Il y avait d’ailleurs une super bonne chanson dans Passe-Partout à propos de ça, comme quoi. Et c’est ce qui nous amène à parler de notre propre métier, celui de designer graphique. Année après année, nous sommes positivement surpris par le talent d’ici. Personnellement, ça nous pousse à nous dépasser, toujours plus. Quand nous avons vu la nouvelle identité de la Fondation des maladies du cœur réalisée par Pentagram à New York, nous avons tous eu la même réaction dans le studio:

1- L’argent, que des gens de cœur, d’ici, ont donné à la Fondation sert à payer une agence de New York?

2- Au Québec, au Canada, avec tous les artisans en design et en communication si talentueux et authentiques, comment ce fait-il qu’il a fallu aller chez nos voisins du sud pour réaliser ce projet?

3- La culture locale, le talent d’ici, tout cela va perdurer comment si l'on se manque de fidélité à ce point, sans raison valable?

Cette réflexion doit être poussée bien plus loin. Comment se fait-il que nous rencontrons toujours les mêmes problématiques d’un métier si mal compris, si mal considéré? Il est inacceptable que des marques choisissent leurs créatifs en fonction du signe de dollar. On devrait sélectionner un créatif, des créatifs pour leur talent. Notre travail fait directement partie des objectifs à long et moyen terme de nos clients. Nous sommes formés pour trouver des solutions. Nous sommes d’autant plus qualifiés pour trouver des solutions à des problématiques locales comme nous maîtrisons les enjeux de notre propre culture.

Notre rôle est d’éduquer nos clients. Nous sommes des designers, mais nous sommes aussi des pédagogues. Tant et aussi longtemps que notre métier ne sera pas bien compris, ce devrait être notre but. Nous croyons aussi que des bourdes comme celles-ci doivent être dénoncées. Il n’y avait aucune raison que la Fondation des maladies du cœur aille voir ailleurs pour créer une identité forte et qui, en passant, aurait gagné à être bilingue. 

Il est peut-être temps de faire comme le plombier. 

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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