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Oser le concours populaire: le pari réussi des Canadiens de Montréal

Serge Vallières Directeur conseil, Citoyen Optimum

Il y a quelques mois, les Canadiens annonçaientt sur leurs réseaux sociaux que leur filiale de la Ligue américaine de hockey (LAH), qui foulera la glace de la Place Bell à Laval à compter de la saison prochaine, porterait le nom que les partisans du Québec choisiraient par un concours populaire. 

Une initiative audacieuse, mais payante si les partisans sont au rendez-vous. Et ils ont répondu présents en grand nombre. 

Le choix du Rocket de Laval aura donc été le fruit d'une négociation ouverte et démocratique entre le Canadien et sa communauté de «fidèles».

Même si logique, l’idée me semblait risquée à première vue, mais je dois dire qu’avec le recul, il s’agit d’une belle campagne qui s’est concrétisée avec panache, puisque le nom du Rocket de Laval a été retenu. Évidemment, qui dit hockey au Québec dit nécessairement corde sensible, émotion et passion. Le concours a généré plus de 6000 mentions «j’aime», 4000 commentaires et 1000 partages, sur Facebook seulement. Mentionnons que le «Rocket» fut le nom le plus populaire lors de la phase I en plus d'obtenir la majorité absolue lors des phases II et III du concours, amassant plus de votes que tous les autres noms réunis. Il a obtenu 51% des votes, contre 24% pour les Patriotes et 25% pour les Rapides, un écart plus que symbolique.

Il faut mentionner que le concours était bien encadré par l’équipe de marketing des Canadiens, un élément à ne pas négliger pour assurer le succès derrière cette offensive promotionnelle d’envergure. Question d’ajouter à la crédibilité de l’initiative, l’organisation a misé sur une campagne de contenu sur les médias sociaux combinée à des relations de presse. Cette approche a donné un effet de levier instantané au concours, qui, en plus d’être perçu comme une offensive de marketing populaire, est devenu matière à nouvelle pour plusieurs médias qui suivent les faits et gestes de l’organisation au quotidien.

D'ailleurs, la formule employée pour le choix du nom est particulièrement intéressante parce qu'elle offre un bel équilibre entre les intérêts de l'organisation et ceux de ses fidèles partisans. Ainsi, l'équipe a décidé de choisir elle-même les finalistes parmi les propositions de ses partisans, mais de leur laisser la sélection finale. Le choix du Rocket de Laval aura donc été le fruit d'une négociation ouverte et démocratique entre les Canadiens et sa communauté de «fidèles».

Si je me plonge dans mes souliers de partisan, je me sens directement interpellé par l’organisation qui évoluera au Québec dans moins d’un an. De plus, si je n’ai pas réservé mes abonnements de saison, cette initiative pourrait influencer positivement ma prise de décision à titre de consommateur. Bref, miser sur le vote populaire et les relations communautaires constitue une entrée en scène réussie. Parions que les partisans auront «peut-être» un droit de regard sur les couleurs et le style de l’uniforme du Rocket de Laval.

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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