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Le bon coup médiatique de la semaine: les lunettes de poteux!

Pierre Gince ARP, président, Mesure Média et Direction Communications stratégiques

Vous l’avez certainement noté: tous les mauvais coups médiatiques présentés dans cette chronique ne découlent pas d’erreurs de communication… mais d’erreurs de gestion.

Cette semaine, j’ai envie de vous parler d’une excellence décision de gestion: les «lunettes de poteux» de la Fondation CAA-Québec.

SOURCE: FONDATION CAA-QUÉBEC

Un OSBL, la Fondation CAA-Québec veut contribuer à la sécurité routière et à la protection de l’environnement relativement à l’utilisation de l’automobile, par la recherche, la sensibilisation et l’éducation. Active depuis 2008, la Fondation a été créée dans le but de réduire le nombre et la gravité des collisions, puis de sauver des vies autant par la recherche que par la sensibilisation.

Combien ?

Il y a quelques jours, la Fondation CAA-Québec a présenté ses «lunettes de poteux», soit une expérience virtuelle de conduite avec les facultés affaiblies par le cannabis. Comme «timing», impossible de trouver mieux!

Même si le communiqué a été diffusé à 5h, le 22 février dernier, la nouvelle se trouvait déjà dans La Presse+ ce matin-là. Cette primeur a été payante pour la marque CAA-Québec:

  • Le CAA en tournée avec des «lunettes de poteux», La Presse+, 22 février 2018. Toutes les variables ont été positives, dont celles-ci: titre, amorce, ton, traitement journalistique, support vidéo, citations et emplacement dans le média. Gain de réputation de 64 345$.

Partout – tant dans les médias sociaux que traditionnels – la couverture a été favorable. Voici deux autres exemples:

  • Entrevue d’une porte-parole de CAA-Québec lien à Mario Dumont, Réseau TVA, 26 février 2018. Toutes les variables ont été positives, dont celles-ci: présentation du sujet, traitement journalistique, ton, durée de l’entrevue et visuel. Gain de réputation de 27 146$.

PAS MOINS DE 70 RETOMBÉES ONT ÉTÉ RÉPERTORIÉES EN QUELQUES JOURS. lA TÉlÉvision a couvert abondamment cette nouvelle.

Dans les médias sociaux, ce n’est pas la publication des «lunettes de poteux» qui a le plus attiré l’attention vers la Fondation CAA-Québec, mais bien cette publication avec des tweets réels par des gens sous l’effet de la drogue! Elle a obtenu un taux d’engagement 0,63% – qui se rapproche de celui de la page de CAA-Québec (0,71%).

À noter que la Fondation CAA-Québec n’a pas publié de photos avec des «lunettes de poteux» sur Instagram – pourtant un média par excellence pour ce type de nouvelle à partager.

Une recette?

Le coup de circuit de la Fondation CAA-Québec était-il prévisible, découlant d’une recette à succès? Oui. Parce que les principaux ingrédients ont été réunis:

  1. Une marque solidement établie (la Fondation profite de l’excellente notoriété de CAA-Québec);
  2. Un concept qui fait œuvre utile (une tournée de sensibilisation à la conduite sous l’effet du cannabis auprès d’étudiants de 5e secondaire) ;
  3. Des valeurs que l’organisation a su intégrer au concept;
  4. Un nom accrocheur (qui permet de comprendre instantanément de quoi il s’agit);
  5. Une technologie à la fine pointe (ce qui a piqué la curiosité des journalistes qui ont tous voulu l’essayer!);
  6. Une stratégie de presse efficace conçue pour les médias traditionnels et sociaux (une porte-parole d’expérience et d’excellents messages clés);
  7. Le moment idéal, alors que la population québécoise est inquiète de la légalisation prochaine du cannabis – ce que les médias ont bien décodé.

Une telle campagne devrait inciter d’autres organisations à oser… afin de se démarquer!

 

Chaque semaine, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Note: Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.