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Le (mauvais) coup médiatique de la semaine: Bombardier

Pierre Gince ARP, président, Mesure Média et Direction Communications stratégiques

Depuis neuf jours – une éternité pour les gestionnaires de crise et ceux qui en subissent une –, la marque Bombardier se retrouve condamnée au Tribunal de l’opinion publique québécoise.

Avec cette crise – provoquée par Bombardier –, les gestionnaires et les communicateurs de tous les domaines peuvent tirer de nombreuses leçons, dont celle-ci: sous une avalanche de retombées de presse négatives se trouvent souvent des pistes de solutions pour l’avenir.

Analyse

Comme une traînée de poudre, «l’Affaire du 48% de Bombardier» a pris d’assaut à peu près tous les médias traditionnels et sociaux du Québec. Depuis le début de la crise, selon les outils de surveillance Eureka.cc. et Analytik, pas moins de 4716 retombées de presse avaient traité du sujet, au Québec!

sous une avalanche de retombées de presse négatives se trouvent souvent des pistes de solutions pour l’avenir.

L’entreprise en réaction… Les critiques qui viennent de partout, notamment des syndicats et des analystes du domaine économique… L’organisation qui ajoute de nouveaux éléments d’information à toutes sortes d’heures… Une manifestation qui réunit à la fois Manon Massé et Éric Duhaime… Les chaînes de télé qui roulent chaque détail en boucle, etc. Cela, et bien plus, a généré un volume exceptionnel de nouvelles négatives pour une entreprise québécoise.

Au total, 4716 retombées en neuf jours, c’est un volume exceptionnel de nouvelles négatives pour une société québécoise.

À titre comparatif pour la même période, ce volume de retombées est:

·         Deux fois plus important que celui du maire de Montréal, Denis Coderre

·         2,5 fois plus grand que ce qu’a obtenu Carey Price

·         Trois fois plus que les retombées du SPVM.

Voici le décompte des retombées de presse portant sur le sujet:

Voici deux exemples parmi tant d’autres pour démontrer la profondeur de la crise et le revirement possible:

·         TVA Nouvelles, le 2 avril, 18 h. Un reportage très sévère où, une fois de plus, l’origine de la crise médiatique est soulignée, sur fond de manifestation devant le siège social de Bombardier. Déficit de réputation de -53 700$ pour Bombardier.

·         La Presse+, le 4 avril. Après avoir écrit quelques jours plus tôt être un «ardent défenseur de Bombardier», Jean-Philippe Décarie soutient de nouveau la direction de Bombardier, à la suite d’une entrevue que lui accordée le président Alain Bellemare. Gain de réputation de 52 055$ pour Bombardier.

Et maintenant…

avec un regard frais et indépendant, il sera possible de relativiser les faits, chiffrer tout le négatif et trouver des pistes de solution stratégiques pour l’avenir.

Même si le pire est derrière, la crise n’est pas entièrement résorbée chez Bombardier: des relents dans les enceintes gouvernementales et sur différentes tribunes génèrent encore un certain bruit. À titre d’exemple: la ministre Dominique Anglade et le chroniqueur économique Pierre-Yves McSween seront à Tout le monde en parle, ce dimanche.

Puis, viendra le moment d’un bilan sérieux. Malgré la tentation de vouloir escamoter cette étape pour retourner vaquer aux activités dites «régulières», il est essentiel de faire le point afin d’aller au fond de la source des problèmes. Pourquoi? Parce que l’après-crise constitue toujours le prélude à… une autre crise!

Parmi les priorités à considérer, une analyse de la couverture de presse par des experts indépendants est souhaitable. Pourquoi? Parce qu’avec un regard frais et indépendant, il sera possible de relativiser les faits, chiffrer tout le négatif et trouver des pistes de solution stratégiques pour l’avenir.

Une analyse de la couverture de presse permet de relativiser les faits et de trouver des pistes positives pour le futur.

Par exemple:

·         Quelles sont les principales données quantitatives pour chaque type de média, jour après jour?

·         Quels sont les «Top 10» les plus négatifs à la radio, à la télévision et dans les quotidiens?

·         Quels sont les «Top 5» les plus positifs (ou moins négatifs…)?

·         Quels journalistes, animateurs, médias et leaders d’opinion ont le plus parlé de la crise?

·         Quels sont les journalistes et animateurs de radio et de télévision les plus crédibles qui ont procuré les plus importants gains et déficits de réputation?

·         Quelle est la courbe de croissance et de décroissance de la couverture dans les médias sociaux, d’heure en heure?

·         Quelle est la courbe de croissance et de décroissance du déficit de réputation, d’heure en heure?

De telles données seront très utiles à l’étape des bilans. Elles contribuent à gérer différemment – et plus efficacement – les communications lorsqu’après le déluge, le soleil revient!

Évolution médiatique

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine, grâce à une ou à quelques retombées de presse.

Note: Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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