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Tendances 2017 en relations publiques

Pierre Gince ARP, président, Mesure Média et Direction Communications stratégiques

Peut-on prédire à la perfection de quoi sera faite 2017? Non, pas plus qu’il a été possible de prédire un tas de choses survenues au cours de l’année qui vient de se terminer – notamment l’élection d’un président si controversé au pays de l’Oncle Sam.

Il est tout de même possible d’observer des tendances qui façonnent l’industrie des relations publiques. En voici cinq:

1. Les données seront de plus en plus recherchées

Identifier des tendances, mieux connaître un public cible en particulier, prévoir des changements d’attitudes et de comportements, etc.: plus que jamais, les stratégies de relations publiques reposent sur des données chiffrables. Donc, mesurables.

Il était plus que temps… puisque, trop longtemps, les communicateurs ont eu une faible influence à la table des décideurs. Pourquoi?

En relations publiques, le pifomètre a longtemps servi à affirmer un tas de choses… pendant que les spécialistes du marketing affutaient leurs armes pour s’imposer. Avec des données.                                                 

Fort heureusement pour notre profession, les temps ont changé: la présence et l’influence des stratèges en relations publiques sont grandissantes. Partout.

plus que jamais, les stratégies de relations publiques reposent sur des données chiffrables. Donc, mesurables.

Cette influence est grandissante parce, jour après jour, la valeur ajoutée des relations publiques est démontrée grâce à la qualité des conseils et des données mesurables apportés à la table des décideurs

À titre d’exemple: aujourd’hui, d’innombrables outils permettent de mesurer en temps réel tout ce qui s’écrit dans les médias sociaux. Et il est maintenant possible de retourner dans des archives qui remontent à plus d’une décennie, ce qui permet de comprendre l’historique d’enjeux parfois complexes.

Et bien que les sondages et les groupes de discussion ne soient pas nouveaux, ils constituent des outils de recherche très utiles lorsqu’on souhaite obtenir de l'information qualitative.

2. Les analyses seront encore plus systématiques et intégrées

Accéder à une foule de données, c’est une chose. Pouvoir les utiliser à leur plein potentiel, c’en est une autre.

En 2017, les nouvelles technologies continueront de favoriser les diverses formes d’analyse des résultats.

La veille et l’analyse des performances provenant des médias dits traditionnels et sociaux continueront d’être plus systématiques et intégrées.

Finie, l’époque pas si lointaine où les outils d’analyse des médias traditionnels et sociaux étaient très différents, et leurs résultats impossibles à intégrer dans une même analyse.

Aussi, les démonstrations d’erreurs de «jugement» attribuables à des robots qui font de l’analyse de données continueront de démontrer la valeur ajoutée qu’apportent de véritables analystes.

3. Les professionnels devront connaître encore plus de choses

Les expertises recherchées auprès des professionnels des relations publiques seront plus nombreuses, variées et pointues.

Finie, l’époque pas si lointaine où les outils d’analyse des médias traditionnels et sociaux étaient très différents, et leurs résultats impossibles à intégrer dans une même analyse.

Peu importe leur âge, ils devront s’y connaître en médias sociaux: si la maîtrise des outils est davantage associée à la relève, tous devront comprendre les impacts directs et indirects de cet univers complexe, et contribuer aux stratégies.

Les nouvelles façons de communiquer – c’est-à-dire de parler et, surtout, d’écouter – exigeront des compétences plus vastes.

Plus que jamais, il faudra faire des recherches précises. Analyser des données. Comprendre que la lune est remplie de facettes interliées. Ajouter continuellement de la créativité. Faire valoir l’existence du «Tribunal de l’opinion publique». Expliquer que les relations publiques, ce n’est pas du marketing, mais que les experts des deux domaines collaborent de plus en plus. Accepter que les différentes parties prenantes liées à un enjeu puissent aussi avoir raison…

Bref, les professionnels des relations publiques devront être encore davantage multifacettes, au cœur d’une société en pleins bouleversements!

4. Les firmes spécialisées continueront d’assumer des rôles-clés

Alors que beaucoup de firmes de relations publiques offrent de très nombreux services, un marché s’ouvre pour des sociétés spécialisées.

De tout temps, parallèlement aux firmes se positionnant comme des guichets uniques, il y a eu celles, de diverses tailles, offrant des expertises particulières: santé, environnement, technologie, affaires économiques, etc. Et, plus récemment, en acceptabilité sociale.

Depuis quelques années, des firmes offrant des expertises complémentaires voient le jour et se taillent une place – en misant notamment sur des expertises en médias sociaux et en analyse de la réputation dans les médias.

Fait intéressant: des firmes de relations publiques osent maintenant faire appel à des agences de relations publiques «boutique» ayant développé des expertises pointues afin de les soutenir –, au vu et au su de leurs clients.

5. L’ère Trump transformera la pratique des relations publiques

Avec ses coups de gueule quotidiens, ses tweets sans équivoque et son mépris envers les journalistes, Donald Trump a imposé une façon inédite de communiquer… qui fait sa fortune.

Depuis quelques années, des firmes offrant des expertises complémentaires voient le jour et se taillent une place.

Son penchant pour les attaques en règle a déjà transformé les communications d'entreprises. Rappelons-nous avec quelle hargne il a, d’un seul tweet, annoncé que son administration allait renoncer à l’achat de deux avions Air Force One chez Boeing…

Les attaques continuelles du président Trump multiplieront les crises au sein des organisations, ce qui nécessitera de nouvelles façons de réagir.

Alors qu’on voit poindre un style inimaginable de gestion et de communication dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, il est évident que l’écart sera considérable avec les grandes entreprises – souvent cotées en Bourse et, nécessairement, soumises aux règles non écrites de savoir-vivre.

Les coups de gueule d’attaque et de réplique ne font pas partie du quotidien de leurs dirigeants. Mais… comment défendront-ils leur réputation?

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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