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Les leçons de communication d’Ian Lafrenière

Pierre Gince ARP, président, Mesure Média et Direction Communications stratégiques

Le paysage médiatique montréalais ne sera plus le même, alors que le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) vient de reléguer à d’autres fonctions celui qui était, depuis très longtemps, son principal porte-parole: le commandant Ian Lafrenière. Il s’agit d’un communicateur que je connais peu, mais envers qui j’ai un grand respect.

D’abord, distinguons les deux grandes familles de porte-parole: il y a ceux des entreprises et ceux des marques.

Les premiers sont habituellement choisis au sein de l’organisation qu’ils représentent et ont pour mission de donner le point de vue d'affaires. Pour leur part, les porte-parole de marques mettent en valeur les produits, services et projets des entreprises, à différentes étapes de leur cycle de vie: lancement, croissance ou maturité.

Le Commandant Lafrenière aura prouVÉ qu’on ne s’improvise pas porte-parole. On se prépare à le devenir. Et l'on incarne l’organisation, contre vents et marées.

Respect = durée
Le commandant Lafrenière a su s’imposer parce qu’il connaissait et respectait les nombreuses règles écrites et non écrites du journalisme et des communications. C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi il est demeuré une vingtaine d’années en poste, et que bon nombre de journalistes ont déploré qu’il ait été retiré des fonctions qu’il accomplissait avec brio.

Même si, de toute évidence, il adorait son rôle de principal porte-parole du SPVM, je suis convaincu que le commandant Lafrenière en avait parfois ras le bol…

Celui qui «incarnait le mal» aux yeux de bon nombre de carrés rouges, en 2012, aura été un porte-parole d’une très grande qualité.

Jour après jour – en particulier depuis le printemps 2012, une période qui a laissé des traces –, il devait rendre compte des décisions réfléchies du SPVM et celles prises dans le feu de l’action par ses milliers de collègues… autant celles qui vont de soi que celles qui nuisent à la réputation du SPVM –, à toute heure. Les conséquences de certaines de ces décisions font parfois le tour du monde dans les médias traditionnels et sociaux.

Des leçons à retenir
Le commandant Lafrenière aura prouvé qu’on ne s’improvise pas porte-parole. On se prépare à le devenir. Et l'on incarne l’organisation, contre vents et marées.

Voici les principales clés de réussite qu’il laisse aux communicateurs de tous les domaines:

·         avoir une personnalité compatible avec l’organisation
·         s’informer et préparer des messages clés avant d’accorder des entrevues
·         synthétiser des enjeux complexes en quelques secondes
·         s’exprimer clairement
·         être disponible et en «mode solution» avec les médias
·         faire preuve de compassion plutôt que de laisser les émotions prendre le dessus
·         comprendre et s’adapter à l’évolution des médias
·         accepter de s’effacer derrière l’organisation
·         composer avec le stress.

Et maintenant?
Homme d’action, Ian Lafrenière est déjà motivé par des défis stimulants: il demeure président du Regroupement des communicateurs d'urgence, tout en étant formateur auprès de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes, et de l’Unesco. Sur sa page LinkedIn, il y a un très intéressant manuel pédagogique intitulé Maintien de l’ordre et respect de la liberté d’expression, auquel il a collaboré.

Je souhaite bonne suite de carrière au commandant Lafrenière.

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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