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Craindre ou… apprivoiser les relations publiques?

Pierre Gince ARP, président, Mesure Média et Direction Communications stratégiques

À quelques jours de l’Halloween, alors que petits et grands rivalisent d’imagination dans le but de faire peur, voici une question légère à première vue, à propos d’un sujet pourtant sérieux.

Pourquoi, en 2015, la profession des relations publiques suscite-t-elle encore des craintes?

J’ai entendu une multitude de commentaires à ce sujet – dont ceux-ci – souvent livrés sur un ton affirmatif:

«Parce que»:

  • «Vous lancez de la poudre aux yeux»
  • «Vous déformez la réalité»
  • «Vous êtes incapables de nous dire, en une seule phrase, à quoi vous servez»
  • «Je peux, moi aussi, de faire des RP et à bien moins cher»
  • «Vous ne démontrez pas clairement, le rendement d'investissement»
  • «C’est trop intangible et impossible à mesurer»
  • «Les dirigeants ne vous prennent pas assez au sérieux»
  • «Vous parlez plus que vous n’écoutez!»
  • «Vous êtes meilleurs dans la théorie que dans la pratique»
  • «Vous n’êtes pas capables de vendre à 100% nos histoires aux journalistes»

nous nous sommes bien mieux occupés de la réputation des autres que… de la nôtre!

Qui est à blâmer?
Nous vivons au cœur d’un grand paradoxe: au fil du temps, d’innombrables stratèges en relations publiques ont permis à des organisations de mieux faire connaître, comprendre et apprécier leurs points de vue, tout en respectant ceux des autres. Mais, nous nous sommes bien mieux occupés de la réputation des autres que… de la nôtre!

Toutes les tribunes, toutes les rencontres avec les décideurs et influenceurs sont pertinentes pour faire valoir ce que nous, professionnels des relations publiques, faisons au quotidien.

Je profite de la fête du déguisement pour parler de… la vérité à propos des relations publiques. Parce que cette vérité – la raison d’être et la pertinence de notre profession – doit être davantage apprivoisée.

la profession des relations publiques demeure méconnue et, surtout, incomprise et galvaudée.

Pour ce faire, voici quelques extraits d’un blogue publié il y a quelques années par mon collègue Guy Versailles: «Pour que les relations publiques soient éventuellement reconnues comme profession, la société doit leur reconnaître une utilité. Quelle est cette utilité?

La libre circulation des idées est indispensable à la vie démocratique. Pour que les débats aient lieu, il faut organiser les idées et structurer les discours; c’est le propre de la communication. Il faut aussi organiser efficacement la communication entre les organisations; c’est le propre des relations publiques. (…)

Cette utilité sociale est au cœur de la définition des RP entérinée par la SCRP: «Les RP consistent en la gestion des relations entre une organisation et ses divers publics par l’entremise de la communication, afin d’atteindre une compréhension mutuelle, de réaliser les objectifs organisationnels et de servir l’intérêt public.» (…)

L’intérêt du client est que le dialogue prévale toujours sur le conflit, même dans les situations où les intérêts sont diamétralement opposés. Exprimé autrement: autant pour les gagnants que pour les perdants, la diplomatie est toujours préférable à la guerre. (…)

Il n’y a donc pas opposition entre l’intérêt de mon client et l’intérêt public. Mon client a intérêt non seulement à atteindre ses objectifs organisationnels, mais aussi à le faire dans un climat où règnent la compréhension et le respect mutuels, même si la bonne humeur n’est pas au rendez-vous. (…)

La mission sociale des relations publiques n’a donc rien à voir avec une «obsession de la vertu». Elle réside plutôt dans la défense vigoureuse des intérêts du client dans le cadre d’une démarche qui vise aussi à préserver autant que faire se peut la paix sociale. (…)»

Des «profs de cassette»?
Regardons la réalité en face: la profession des relations publiques demeure méconnue et, surtout, incomprise et galvaudée. Plusieurs dirigeants et influenceurs croient que nous exerçons le métier de «prof de cassette»…

Ensemble et individuellement, tous les professionnels des relations publiques ont intérêt à mieux faire connaître, comprendre et apprécier la valeur ajoutée de ce que nous apportons aux organisations. Parce que personne ne le fera à notre place.

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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