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Sexe et relations publiques: un titre accrocheur, mais trompeur

Pierre Gince ARP, président, Mesure Média et Direction Communications stratégiques

Si je vous demande le titre d’une des chroniques d’Yves Boisvert dans La Presse au cours des dernières semaines, il y a de bonnes chances que ce soit celui du 29 octobre dernier: Sexe et relations publiques.

Vous l’avez retenu parce qu’il s’agit d’un titre très accrocheur!

Il s’est retrouvé à la une et bien en évidence au-dessus de la rubrique d’Yves Boisvert - un analyste que je trouve brillant, cultivé, bien informé et doté d’une formidable plume.

Yves Boisvert et plusieurs journalistes et analystes ne peuvent résister à la tentation, à tout moment, d’associer les relations publiques à ce qui va mal dans notre société

Là où le bât blesse, c’est ici: Yves Boisvert et plusieurs journalistes et analystes ne peuvent résister à la tentation, à tout moment, d’associer les relations publiques à ce qui va mal dans notre société! Ce faisant, ils déforment la réalité.

Boisvert parlait de la poursuite de 50 millions$ intentée par Jian Ghomeshi, ancien animateur-vedette à la radio de CBC, contre son ancien employeur.

Voici un extrait du début de cette chronique: «Il y a une sorte de règle non écrite concernant les poursuites en diffamation. Plus la somme réclamée est élevée, moins elles contiennent de droit et plus elles contiennent de relations publiques». 

J’ai lu, relu et relu encore. Pour en arriver qu’à une seule malheureuse conclusion possible: Boisvert associe vraiment la faiblesse de la réclamation de Ghomeshi… aux relations publiques!

Dans la même veine: à l’émission Tout le monde en parle, le 16 novembre, le professeur Normand Baillargeon, de l’UQAM, a lui aussi confondu les genres en qualifiant de «campagnes de relations publiques» de véritables activités de propagande…

Alors, à quoi correspondent donc les relations publiques aux yeux de MM. Boisvert, Baillargeon et autres tenants de cette règle «non écrite»: à un écran de fumée? À une manière de cacher la vérité? À une forme d’intimidation? À du tape-à-l’œil superficiel? À de la propagande?

M. Baillargeon déplore que les firmes de relations publiques veuillent influencer l’opinion publique. Or, que fait-il, lui, sur le plateau de Guy A. Lepage, si ce n’est de faire valoir ses points de vue?

Le «PR Bashing» fait vendre!

Le «PR Bashing» - soit l’action consistant à déformer sciemment le sens de la véritable fonction-conseil des relations publiques et à atténuer sa pertinence dans notre société - existe depuis plusieurs décennies.

S’il ne s’agissait que d’une activité anodine lorsque des journalistes et des profs prennent un verre, ce serait sans conséquence. Mais avec le temps, c’est devenu une façon de ridiculiser le travail de milliers de professionnels québécois de tous les âges, qui oeuvrent dans tous les milieux.

À voir l’importance que les médias accordent aux définitions déformées et caricaturées des relations publiques, c’est à croire que c’est payant pour eux…

Une définition sérieuse… à retenir!

À l’opposé de ce qui excite bien des gens dans les médias, voici la véritable définition des relations publiques, telle que rédigée par Terry Flynn, Fran Gregory et Jean Valin, et officialisée en 2008 par la Société canadienne des relations publiques:

«La gestion des relations entre une organisation et ses divers publics par l’entremise de la communication, afin d’atteindre une compréhension mutuelle, de réaliser les objectifs organisationnels et de servir l’intérêt public.»

Partant de là, voici comment Yves Boisvert aurait dû formuler son affirmation:

«Plus la somme réclamée est élevée, moins elles (NDLR: les poursuites) contiennent de droit et plus elles contiennent du tape-à-l’œil superficiel.» 

Évidemment, cela aurait forcé le chroniqueur à abandonner son titre initial, Sexe et relations publiques, qui avouons-le, est fort attrayant… mais trompeur!

Qu’en pensez-vous?

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