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Crise au Barreau; la fragilité de l’image publique!

Paul Wilson Associé, Le Cabinet de relations publiques NATIONAL

Peu importe les conclusions du dossier entourant la bâtonnière Me Khuong et le Barreau du Québec, on peut certainement parler d’une situation qui a mal tourné pour ce prestigieux ordre professionnel et d’une image affaiblie, de part et d’autre.  

Avant même de connaître le dénouement de ce dossier hautement médiatisé, il y a lieu de se poser des questions sur les conséquences à moyen et à long terme de cette crise qui, à l’évidence même, ne fera aucun gagnant.

«La mission principale d’un ordre est de protéger le public, soit toutes les personnes qui utilisent des services professionnels dans les différentes sphères d’activités réglementées», indique l’Office des professions. Il faut donc comprendre que, théoriquement, une crise interne comme celle vécue par le Barreau ne devrait pas avoir de conséquence sur l’image et la crédibilité dudit ordre et de la profession qui y est associée.

En effet, le rôle du Barreau demeure de protéger le citoyen qui fera, un jour ou l’autre, appel à un avocat. Et l’enjeu actuel ne concerne en rien cet élément précis de sa mission. Mais à partir du moment où cet ordre professionnel clame sur son propre site que cette mission consiste, entre autres, à «valoriser la profession» et que sa vision est d’«exceller dans l'approche préventive», il y a là matière à réflexion sur les conséquences ultimes de cette situation qui, vue de l’extérieur, ne cesse d’empirer.

Pour le commun des mortels, il n’y a qu’un pas à franchir pour sauter à la conclusion suivante: comment des avocats chevronnés peuvent-ils prétendre «exceller dans l’approche préventive» pour le citoyen moyen s’ils ne peuvent prévoir une dégénérescence publique aussi désastreuse de leur propre situation?

D’un autre côté, nous avons une nouvelle bâtonnière dont la description de tâches est de prévenir les différends d’ordre professionnel entre les membres du Barreau, d’assurer les liens entre le Barreau et les juges en chef, puis de représenter le Barreau sur la scène internationale, entre autres choses. Malheureusement, faire les frais d’une plainte policière pour vol à l’étalage, même s’il s’agit, comme elle le dit, d’une bête erreur d’inattention, créera des soupçons qui pèseront dorénavant toujours contre elle.

Et dans son cas, une transparence entière et totale aurait été souhaitable avant d’amorcer le processus. Une image publique positive peut prendre des années à bâtir, mais que quelques secondes à détruire. Son image publique en demeurera entachée. Aura-t-elle un jour les coudées franches et la légitimité totale et entière afin de représenter son ordre professionnel comme il se doit? On peut en douter.

Au final, on se retrouve avec une situation précaire: une direction affaiblie et un conseil d’administration fragilisé par les événements. Afin de limiter les dommages à l’image de toutes les parties en cause et de regagner la confiance de ses membres, le Barreau du Québec doit trouver vite une façon de dénouer l’impasse, mais aussi, et surtout, se montrer solidaire face à la décision qu’il aura prise.  

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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