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Pokémonmania: une aubaine pour les marques

Pascal Henrard Associé, vice-président, contenu et création, 37e avenue

Si votre commerce a besoin de Pokémon pour que les gens le visitent, vous avez un problème. 

Pensez-y! Si des gens collés à l’écran de leur téléphone intelligent avec l’application Pokémon Go ouverte arrivent chez vous, ce n’est pas parce que vous vendez des produits qui les intéressent, que vous offrez un service hors pair ou que vos prix sont alléchants. C’est parce qu’il y a des Pokémon. Un point c’est tout.

Pokémon Go est bien plus qu’une lubie de geek. C’est un phénomène de société. L’application vient d’être lancée officiellement au Canada après avoir vu le jour aux États-Unis, puis en Australie, au Japon et en Nouvelle-Zélande. Vous en avez entendu parler. Vous y jouez sans doute. Vous connaissez quelqu’un qui y joue.

Tout est encore possible et ça vaut la peine d’y réfléchir avant de jeter le PokÉmon avec l’eau du bain.

La chasse aux Pokémon amène l’univers du jeu à un autre niveau en lui donnant une nouvelle dimension. La réalité augmentée permet de jouer dans la vraie vie, d’interagir en personne avec d’autres joueurs, de transposer le jeu dans l’environnement. On a tous vu ces images de foules en délire qui envahissent des lieux publics à la recherche de Pokémon rares.

Les commerces doivent-ils jouer le jeu?

L’engouement sans précédent pour Pokémon Go représente évidemment une occasion pour les commerçants qui veulent attirer du monde chez eux. Mais les gens qui viennent pour des Pokémon vont-ils rester, acheter et, surtout, revenir? Poser la question, c’est y répondre.

Attirer les visiteurs est une chose. Rendre leur visite profitable en est une autre.

Laisser croire que la fulgurante visite d’un chasseur de Pokémon peut s'avérer avantageuse pour un commerçant me semble doublement exagéré. Primo, le chasseur concentré sur sa cible n’a pas l’esprit disponible pour s’intéresser à votre offre. Ensuite, il y a de fortes chances que le chasseur ayant chassé partira une fois qu’il aura mis son Pokémon dans sa besace.

Évidemment, si c’est l’heure du lunch, que le chasseur de Pokémon a oublié son sandwich à la maison et que vous vendez des collations appétissantes, vous pourrez sans doute en profiter pour réaliser une vente. Mais si ce n’est pas le cas?

Ça ne veut pas dire d'abandonner l’idée d’associer les marques à des jeux de réalité augmentée. Cette nouveauté qui permet d’intégrer le joueur à son environnement en est à ses premiers pas. Tout est encore possible et ça vaut la peine d’y réfléchir avant de jeter le Pokémon avec l’eau du bain.

Mais il ne faudrait surtout pas que le jeu prenne le dessus sur le produit. Les marques qui se laisseraient submerger par la tentation Pokémon Go sans avoir du contenu solide pour soutenir leur offre se retrouveront désertées une fois l’engouement du jeu terminé.

Et vous savez comme moi que tout ce qui monte rapidement redescend aussi vite.

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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