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MasterCard, le logo du Maître

Olivier Bruel Graphiste et directeur artistique, freelance

Au tour de MasterCard de secouer son poussiéreux logo pour embrasser l'ère de la mobilité et des transactions virtuelles. Qu'est-ce qu'on garde, qu'est-ce qu'on jette... et surtout: qu'est-ce qu'on gagne?

Logos MasterCard



Fondé sous le nom d'Interbank en 1966, rebaptisé Master Charge en 1968, puis MasterCard en 1979, le géant américain du crédit cède enfin sous la pression: son célèbre logo inchangé depuis 20 ans vient d'entrer dans le XXIe siècle.

évolution

Michael Bierut, étoile du design graphique et associé de Pentagram (New York), signe cette refonte. Malgré le prestige du designer et le poids de son client, il ne s'agit que d'une mise à jour rationnelle, parfaitement en phase avec les tendances actuelles. Comme toujours, il se trouvera du monde pour protester, affirmer que le logo est trop ceci ou pas assez cela, mais si MasterCard avait simplement besoin d'une image qui fonctionne dans le présent contexte, le défi est relevé.

Malgré le prestige du designer et le poids de son client, il ne s'agit que d'une mise à jour rationnelle, parfaitement en phase avec les tendances actuelles. 

Ce qui change le plus, c'est, bien sûr, la typographie. Elle sort désormais du pictogramme et intervient davantage comme une signature, que le logo soit en format vertical ou horizontal (voir plus bas). Le changement générationnel s'exprime surtout dans cette fonte géométrique (FF Mark) noire, de graisse moyenne, et entièrement en minuscules, comme le veut la tendance «post-2.0». Le résultat est modeste à défaut d'être séduisant; il contraste avec l'ancienne fonte, grasse et munie de deux majuscules et d'une ombre portée bien peu subtile. À l'époque, la lisibilité sur les autocollants en noir et blanc des distributeurs automatiques imposait des contraintes dont la technologie s'est heureusement affranchie.

logo horizontal

On notera que la minusculisation fait passer la marque de MasterCard à mastercard, ce qui ne se va probablement pas se refléter dans les communications écrites, car il y a des limites à être cool quand on encaisse annuellement 10 milliards$!

La ressemblance est parfaite avec un diagramme de Venn mettant en vedette une croustille et une tranche de pepperoni.

L'autre changement graphique est plus subtil. Si le contour du pictogramme reste le même, l'intersection des ronds rouge et jaune, autrefois constituée de lignes horizontales, adopte aujourd'hui le mode «fusion» et devient simplement orange, sans lignes ni texture. La ressemblance est parfaite avec un diagramme de Venn mettant en vedette une croustille et une tranche de pepperoni.

Comme pour l'aspect typographique, les défuntes lignes rouges et jaunes étaient partiellement attribuables à des contraintes d'impression en trichromie.

Le design élégant des nouvelles cartes permet d'évaluer l'impact positif de la nouvelle image... et met une certaine pression sur le concurrent Visa, dont le logo n'est pas vraiment une référence esthétique.

cartes

Enfin, le nouveau picto tricolore démontre sa souplesse en se déclinant pour les services associés – comme le nouveau programme Masterpass – et jusqu'au rajeunissement de la légendaire campagne Ça n'a pas de prix/Priceless.

Priceless

Merci au site Brand New pour l'inspiration et les sources.

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