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Logo, rétro, Tokyo

Olivier Bruel Graphiste et directeur artistique, freelance

Les futurs Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo ont leurs logos. À la fois simple et touffue, la nouvelle identité visuelle a immédiatement fait réagir le magazine Wired, qui la qualifiait récemment de «foutoir géométrique confus».

Tokyo 2020



Rien de surprenant jusqu’ici, puisque le monde du design et des communications se fait un devoir de tailler en pièces chaque nouveau logo de portée internationale, à commencer par ceux des J.O. (vous souvenez-vous de Londres 2012?).

Mais celui de Tokyo est surprenant, car il va à contresens des formes organiques et colorées popularisées lors des événements sportifs internationaux des dernières années – formes qu’on retrouvera d’ailleurs l’an prochain à Rio.

cette image en carrés et en ronds évoque à la fois l’origami, les papiers peints de nos grand-mères et le pictogramme de Radio-Canada. 

Le graphiste Kenjiro Sano, aussi connu comme Mr_Design, crée des œuvres déconcertantes... surtout aux yeux des Occidentaux. En tournant le dos aux tendances graphiques, il jette un pont vers le passé olympique du Japon en proposant un logo qui rejoint l’esprit minimaliste des Jeux de Tokyo (1964) et de ceux d'hiver de Sapporo (1972).

 

Tokyo 1964 et Sapporo 1972

Exempte de toute sensualité, cette image en carrés et en ronds évoque à la fois l’origami, les papiers peints de nos grand-mères et le pictogramme de Radio-Canada. De cette quincaillerie géométrique que le clip ci-dessous présente longuement, le logo garde quatre éléments qui s'empilent pour former une figure abstraite où l’on distingue un T (pour Tokyo) et un L (pour l'on-ne-sait-quoi). Le choix des couleurs ajoute à l’austérité de la chose: heureusement que le soleil (levant) rouge est là pour réveiller les deux nuances de gris et le vieil or.

Présentation de l'image de marque de tokyo 2020

Coincés entre le picto et les anneaux olympiques, la mégapole et le millésime. TOKYO 2020. Les typographes du monde entier n’en croient pas leur loupe: on n’avait pas vu de Clarendon dans un logo depuis... celui de Sony, en 1973. Loin de communiquer la sportivité ou l’innovation technologique, cette typographie semble ancrer l’imaginaire de ces J.O. dans un passé vieux de 40 ou 50 ans.

Un comble pour la patrie de la robotique et des microtechnologies!

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