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Un logo sans lait ni sucre

Olivier Bruel Graphiste et directeur artistique, freelance

Le nouveau logo de Second Cup peut surprendre par sa sobriété et son absence de symbolique visuelle. Est-ce une maladresse du marchand de café? Au contraire, cette nouvelle image s’inscrit dans une tendance qui n'est pas près de disparaître.

Vous souvenez-vous des hipsters? Si ces jeunes citadins anticonformistes et un brin snobs ont disparu pour ne pas devenir mainstream, leur refus des évidences a laissé sa marque dans la mode et le design. Il faut désormais suggérer plutôt que marteler. Ainsi, depuis quelques années, on voit apparaître des logos minimalistes, qui en séduisent certains tout en laissant les autres complètement froids.

La chaîne canadienne Second Cup, qui vise une clientèle large, mais cible apparemment les post-hipsters, vient de dévoiler sa nouvelle identité visuelle. Aux poubelles, la petite tasse fumante, les effets de relief et la combinaison rond + rectangle (qui semble dater du jurassique): sans surprise, on découvre un logo typographique totalement épuré. Un logo qui en rappelle d’autres, notamment celui de Black & Decker.
 

Le design de logos connaît des modes. Les années 2006-2009 étaient l’apogée du gadget visuel, avec un déluge d’effets de relief, de transparences et d’ombres, ainsi que de symboles graphiques imposants. Le retour de balancier, vous l’avez sous les yeux. On ne garde que l’essentiel: le nom. Et ici, on se permet même d’ajouter un Coffee Co. (Café & Cie en français) pour faire authentique. L’accent est mis sur la souplesse d’utilisation, puisque la couleur n’est plus codée et que les deux lignes de texte peuvent n’en faire qu’une dans un format allongé.

Ce dépouillement, c’est aussi un peu une affaire de concurrence.

Ce dépouillement, c’est aussi un peu une affaire de concurrence. Souvenez-vous de la simplification de la sirène de Starbucks en 2011. Même Tim Hortons, remisant son lourd héritage graphique, se contente aujourd’hui de sa scripte écarlate.
 

concurrence


«La perfection est atteinte, écrivait Saint-Exupéry, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer.» Un p'tit café avec ça?

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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