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Célébrons l’échec

Ody Giroux Présidente, Carat Montréal

Il m’a fallu plusieurs années avant d’oser écrire sur l’échec. Aujourd’hui, c’est tout le contraire.

Surtout après avoir récemment assisté à la conférence FailCamp 2015

Que pensera-t-on de moi? Pourquoi tout d’un coup Ody Giroux écrit-elle sur l’échec? Quel échec a-t-elle connu? Chez Carat? Un échec personnel?

Tout part de notre société qui nous enseigne que l’échec est une régression. L’échec est perçu comme un manque d’organisation, une faiblesse qui engendre une situation problématique et irrécupérable, qu’on traite comme un sujet tabou. Nous avons tendance à le prendre de manière personnelle, comme s’il découlait d’une volonté externe, puis de nous faire du mal, de nous interdire le droit au bonheur.

L’échec nous abat. Il est généralement perçu comme une humiliation et la fin de toutes choses. 

L’estime de soi tremble avec comme conséquence des comportements pouvant aller jusqu’à l’isolement volontaire et la perte du goût à la vie. L’ego en prend un coup et, dans plusieurs cas, tristesse et solitude deviennent des réflexes, démontrant un besoin personnel de reconstruction, de remise à niveau avant de pouvoir recommencer à vivre et regarder ses proches dans les yeux.

L’échec demeure une partie prenante du processus d’apprentissage et d’évolution.

Malheureusement ou heureusement, c’est quelque chose que nous vivons tous un jour dans un domaine ou dans un autre, et ceux qui connaissent des réussites extraordinaires, par la suite, savent comment se servir de l’échec pour accroître leur succès, car l’échec demeure une partie prenante du processus d’apprentissage et d’évolution.

Changez votre perception de l’échec et analysez ce qui l’a précipité
L’échec est une occasion de progresser plus vite vers l’atteinte de nos objectifs. L'accueillir et l’analyser est possible pour connaître le succès par la suite. Le premier moyen de relativiser l’échec, c’est de l’accepter. En tirant des leçons de votre échec, la perception de son utilité change. «Tracer des bilans, c'est relativement simple, dit Jean-Jacques Stréliski. Il faut culpabiliser pour bien comprendre l’origine de l’échec. On dit que l'erreur est humaine, mais l'échec, lui, n'est pas toléré. Le pire est que les autres prennent en charge ton échec… c’est dur à prendre. Ce n'est pas vrai qu'un échec est collectif, c'est personnel.»

Plusieurs chefs de file de grandes entreprises étaient présents à l’événement, et le silence dans la salle pouvait faire comprendre que chacun intériorisait les paroles des conférenciers. La folie était tout de même au rendez-vous, car cette rencontre se voulait une fête de l’échec: en arrivant, nous devions identifier un échec que nous avions vécu, l’écrire sur un collant en forme de banane jaune et l’afficher haut et fort sur notre vêtement! Déjà, ce «coming-out» a fait du bien, a rapproché les participants et fait comprendre que nous étions tous ouverts à célébrer l’échec.

C’est dans l’action qu’on distingue le rêveur du bâtisseur.

Transformez votre échec en succès, puis agissez
Si vous voulez changer votre échec en succès phénoménal, la dernière étape, c’est l’action. Pourquoi? C’est dans l’action qu’on distingue le rêveur du bâtisseur. Sans actions, aucun secret, si puissant soit-il, ne peut changer votre vie.

L’action immédiate devient primordiale après la période d’acceptation de l’échec et de l’analyse. Trop de temps pour agir peut amenuiser notre énergie à nous reconstruire. Ralentir le passage à l’action ouvre la voie à tout remettre en question.

Vous ne pouvez connaître un succès phénoménal qu’en transformant l’échec en occasion pour réussir. C’est du moins ce que les neuf conférenciers à Failcamp 2015 ont affirmé. Kim Thomassin, Jean-Jacques Stréliski, Martin Juneau, Sylvain Carle, Nicolas Chevrier, Jean Labadie, Pat Romanelli, Sébastien Provencher et Mitsou Gélinas ont tous connu des échecs et ont réussi à le transformer en succès. Mitsou, d’ailleurs, a plus d’une fois connu l’échec. Par son authenticité et sa générosité, elle a permis à la salle comble de bien saisir comment elle a accueilli l’échec et comment elle s’est réinventée pour devenir aujourd’hui une grande entrepreneure avec son conjoint, faisant d’elle un des plus grands succès dont le Québec peut être fier.

Il faut des leaders pour ouvrir la discussion à accueillir l’échec.

J’y ai pensé plus d’une fois avant d’écrire ce texte d’opinion - moins d’un jour quand même! -, mais après avoir assisté à Failcamp, je persiste à croire qu’il faut des chefs de file pour ouvrir la discussion à accueillir l’échec. Il n’en demeure pas moins que vivre un échec ne peut que renforcer notre vision des choses et nous amener à mieux articuler l'avenir.
Et pour ceux qui souhaitent connaître mon plus grand échec, le voici même s’il n’est pas lié à un échec comme entrepreneure. Il reste qu’un échec peut être vécu de bien des façons. J’ai quitté BCP en 1991 pour travailler chez Groupe Morrow, qui a fait faillite après trois mois. Plusieurs s’en souviendront. À 24 ans, j’ai cru que ma carrière était terminée. Jacques Dorion m’a offert un emploi comme acheteure chez Stratégem. Aujourd’hui, je dirige l’entreprise qui s’est également réinventée en Carat et qui m’a fait confiance.    

Et vous? Quel est le vôtre?

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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