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«Fuck toute», même les RP!

Myriam Crevier Vice-présidente, relations publiques et affaires corporatives, Citoyen Optimum

Alors que les jours plus chauds s’installent, les médias parlent d’un deuxième printemps érable. 

Toutefois, à voir comment s’organise le mouvement étudiant, il est probable que notre printemps n'aura d’érable que la traditionnelle tire sur la neige. En effet, d’importants principes de relations publiques semblent échapper aux étudiants. 

Qui, au Québec, n’a pas été ébahi devant la fougue de Gabriel Nadeau-Dubois, la profondeur de Martine Desjardins et la rigueur charismatique de Léo Bureau-Blouin?

D’abord, ce n'est un secret pour personne, les mesures d’austérité font la manchette depuis déjà plusieurs mois. Nombreux sont les groupes et organismes qui ont décrié les politiques de rationalisation et qui continuent de dénoncer les décisions du gouvernement Couillard. Avec du recul, force est d’admettre que cette idée, qu’a eu le gouvernement d’annoncer ses couleurs avant le dépôt du Budget, au plus fort de la saison hivernale, n’était sans doute pas le fruit du hasard. Puisque c’est bien connu: en hiver, le Québécois moyen est plus hésitant à sortir dans les rues, casserole à la main. Si les étudiants souhaitent tirer profit des médias pour lever les foules, ils doivent leur offrir de la nouveauté.

De plus, le mouvement étudiant de 2012 comptait sur un atout important, soit trois porte-parole exemplaires. Qui, au Québec, n’a pas été ébahi devant la fougue de Gabriel Nadeau-Dubois, la profondeur de Martine Desjardins et la rigueur charismatique de Léo Bureau-Blouin? Les attentes sont élevées; les médias veulent pouvoir compter sur des porte-parole crédibles, percutants et surtout, intéressants.

À force de vouloir tirer dans toutes les directions, les étudiants affaiblissent leur force de frappe. 

Enfin, avant de lancer toute opération de relations publiques, il est fondamental de bien préparer ses messages. Or, il semble que cette étape ait été sous-estimée par les représentants du mouvement étudiant ; voilà qui explique sans doute ces images, dans les médias, montrant des étudiants brandissant des affiches «Fuck toute». À force de vouloir tirer dans toutes les directions, les étudiants affaiblissent leur force de frappe. Pour avoir de l’impact, il faut camper sa position dans un message à la fois simple, clair et significatif.

Mais, comme on dit, le printemps est encore jeune. Tout peut changer. Le dernier printemps érable nous a d’ailleurs montré avec éloquence de quoi la jeunesse du Québec était capable.

 

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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