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Comment assurer la relève?

Michèle Savard Vice-présidente principale, Carat

L’automne dernier, le Conseil des directeurs médias du Québec (CDMQ) s’est penché sur un défi d’industrie: la relève. Nous avons entrepris une recherche pour identifier les principaux facteurs qui motivent les jeunes des agences médias à s’engager dans leur travail. Mais l’exercice visait aussi à connaître les principaux facteurs poussant les spécialistes médias à quitter leur emploi après un certain temps pour traverser la clôture vers les médias.

Pour moi, le métier de spécialiste média est en pleine évolution, mais toujours aussi stimulant. Jamais notre rôle stratégique dans l’élaboration des plans de communication n’a été autant reconnu par les annonceurs. Il est toutefois encore peu enseigné et mal compris de l’industrie publicitaire au Québec.

Les compétences du spécialiste média sont en plein bouleversement. De la fonction perçue autrefois comme gestionnaire de budget, le stratège média doit aujourd’hui:
- Offrir un service à la clientèle;
- Travailler étroitement en collaboration avec les équipes de création;
- Maîtriser le rôle de plusieurs nouvelles plateformes médias pour élaborer des stratégies pertinentes;
- Comprendre les modèles de références publicitaires, la gestion des achats en temps réel et le comportement du consommateur sur les médias sociaux;
- Surmonter les barrières lors du processus d’achat pour concevoir des plans d’activation créatifs et innovateurs.

Le métier de spécialiste média est en pleine évolution mais toujours aussi stimulant.

J’oubliais, il faut aussi être un excellent vulgarisateur. Je parle ici du rôle du stratège média. Celui-ci doit être entouré d’experts en activation hors ligne, en ligne – sur toutes les plateformes. Sans l’expertise et les connaissances de ces négociateurs, le planificateur ne pourrait être aussi intelligent et efficace dans son travail.

​Ces spécialistes travaillent de longues heures pour des salaires souvent moindres que la moyenne de l’industrie publicitaire. Les heures de boulot sont longues, et les délais pour livrer les mandats sont de plus en plus courts, malgré la complexité grandissante de la planification avec l’émergence rapide de nouvelles plateformes. Nos clients négocient nos honoraires pour maximiser leur efficacité, et les agences ne sont plus compétitives face à l’industrie des médias, qui offre des salaires supérieurs et des conditions mieux adaptées aux exigences de la nouvelle génération.

Les membres du CDMQ préparent actuellement des initiatives pour promouvoir le métier de spécialiste média, soutenir la relève dans sa formation et faire la démonstration des talents et des idées générées par la relève média au Québec. Je vous invite à lire cette édition du magazine Infopresse consacrée au concours Grand Prix Média 2014 et au Grand Prix de la relève. Vous y découvrirez d’excellentes campagnes stratégiques et innovatrices conçues par les experts médias du Québec. 

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