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Attirer ses premiers prospects sur Tinder: la fausse bonne idée?

Mathieu Rajaofetra Stratège et Chargé de Comptes, WINK Strategies

Avec dix millions d’utilisateurs, la moitié d’entre eux appartenant à la catégorie d’âge des 18-24 ans, Tinder semble être l’application rêvée pour communiquer avec un bassin potentiel de premiers prospects. Attention! Les apparences sont parfois trompeuses...

Le potentiel de Tinder
Si la plupart des entreprises savent très bien se servir des réseaux sociaux en général, il est parfois intéressant de savoir les utiliser de manière détournée, insolite et pertinente, notamment lorsque l’on débute ou que l’on veut lancer un produit. Ce ressort du détournement et de la surprise a pour principal effet de marquer plus durablement le consommateur par rapport à une publicité classique.

Si la plupart des entreprises savent très bien se servir des réseaux sociaux en général, il est parfois intéressant de savoir les utiliser de manière détournée, insolite et pertinente, notamment lorsque l’on débute ou que l’on veut lancer un produit.

Un des derniers exemples à ce jour est la campagne de marketing mise en place pour la sortie du film Ex Machina. Pour la promotion de ce film, l’équipe a lancé un faux compte sur Tinder, reprenant le profil de l’héroïne du film, Ava. Après une petite discussion, elle renvoie ses interlocuteurs vers le compte Instagram du film, contenant quelques photos et une vidéo. Pour peu que les utilisateurs soient ciblés (en l’occurrence l’équipe Ex Machina a concentré ses efforts sur des profils de journalistes), le buzz est quasi assuré.

D’autres marques et campagnes de sensibilisation ont vu le jour sur ce réseau, avec des résultats plus ou moins mitigés.

Notons que cet exemple s’applique à un public bien précis: la moitié des utilisateurs de Tinder ont entre 18 et 24 ans (Vox). On recense dix millions d’utilisateurs dans le monde, ce qui place ce réseau bien évidemment très loin derrière les réseaux sociaux géants que sont Facebook ou Twitter, mais il a le mérite de représenter un panel nettement plus ciblé.

L’avantage de communiquer avec des applications telles que Tinder réside principalement dans le fait que le ciblage est pré-opéré : la majorité des utilisateurs sont des milléniaux.

Mais alors, où est le piège?
Il se situe dans ce que beaucoup d’entre nous oublient: la petite case que nous avons cochée lorsque nous avons accepté les conditions d’utilisation de l’application.

En effet, les réseaux sociaux ne tolèrent guère les faux comptes en général! Cette stratégie est donc à vos risques et périls (le risque principal consistant donc à se faire supprimer son compte). Gap en a d’ailleurs fait les frais en invitant des utilisateurs de Tinder à un «pants party» via un profil de l’application. Tinder n’a pas tardé à réagir en le supprimant, rappelant qu’il est spécifié dans les conditions d’utilisation que son usage doit rester personnel.

En définitive, cette stratégie est sans doute payante sur du court terme, pour un événement ou un lancement de produit… mais reste risquée, notamment en ce qui a trait à votre image de marque. Si des grandes entreprises peuvent se le permettre, c’est beaucoup moins sûr pour une start-up dont l’image n’a pas encore été reconnue par le consommateur. Il est sans doute plus sage de ne pas commencer à communiquer dans l’illégalité et d’apprendre à se servir tout d’abord des réseaux sociaux traditionnels comme Facebook, Twitter et de percevoir le potentiel de ceux moins exploités, comme Google +. 

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