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«Growth hacking»: améliorer le bouche à oreille pour votre entreprise en démarrage

Mathieu Rajaofetra Stratège et Chargé de Comptes, WINK Strategies

L’enjeu pour une entreprise en démarrage est de pérenniser son activité au sein de son marché. L’idée novatrice est la base de l’entreprise, mais l’efficacité opérationnelle génère les ventes: c’est ici qu’intervient le growth hacking. 

En quelques mots, il s’agit d’ajouter une touche de créativité aux outils de communication, dans le but d'accroître les ventes. Bouche à oreille et «growth hacking», ce sont les nouveaux alliés de la croissance des entreprises en démarrage.

Bouche à oreille: pourquoi utiliser le growth hacking?

Avant tout, le «growth hacking» est une nouvelle façon de voir la croissance des entreprises web. Ses rouages sont simples: utiliser la créativité pour transformer les visites en inscriptions, en partages, en revenus.

Mais ce principe de base va plus loin. Avec le «growth hacking», il s’agit d’employer sa connaissance client pour cibler et interagir au bon moment, sur les supports que sa cible utilise, aux heures où elle est réceptive. Il faut être présent à chaque étape de son processus d'achat numérique.

Les créateurs de l’application Tinder ont invité certains étudiants de Los Angeles à une soirée, avec comme billet d’entrée, leur profil Tinder. Le défi? Conquérir une population jeune et active, qui n’a pas besoin d’une application pour faire des rencontres. À l’instar de Facebook, l’application a commencé grâce à un segment restreint d’utilisateurs, qui ont vu l’aspect social et divertissant, puis sont ainsi vite devenus accros. Ce cercle s’est ensuite ouvert grâce au bouche à oreille, jusqu’à atteindre 10 millions de matchs par jour.

Le «growth hacking» est l’étude poussée des clients et de leurs modes de consommation, pour repérer des leviers d’action et ainsi augmenter la notoriété et les ventes de l'entreprise.

Concrètement, le consommateur tend à considérer une expérience positive comme un gage de qualité, mais pas d’excellence. C’est cette perfection qu’il faut atteindre pour être recommandé à un ami. Combler les attentes ou offrir une valeur ajoutée, une attention, un service supplémentaire, une compréhension de ses attentes futures constituent autant d’enjeux. Et le «growth hacking» a son mot à dire pour aider à cette satisfaction et cette recommandation.

Comment l’employer pour une entreprise en démarrage?

Pour générer en ligne des impressions hors ligne, une entreprise en démarrage doit transformer ses prospects en clients fidèles. C’est sur cette connaissance client qu’il faut jouer. Il est important de segmenter, tester différentes actions ou astuces, mesurer, affiner, puis optimiser.

C’est ce qu’a également fait Groupon qui, à la suite d’études, a axé toutes ses communications sur la notion de recommandation, notamment avec une technique simple: en référant trois amis, vous recevez une transaction gratuite, indifféremment pour $10 ou $1000. En 12 mois, l’entreprise a enregistré une croissance de 228%. Ici, l’utilisateur voit un directement un bénéfice financier à parler du site.

Avant tout, le «growth hacking» est une nouvelle façon de voir la croissance des entreprises web. Ses rouages sont simples: utiliser la créativité pour transformer les visites en inscriptions, en partages, en revenus.

Le bouche à oreille est aussi visuel, et Shazam l’a bien compris. Si l’application n’isole pas de manière évidente la chanson à rechercher, elle demande de se rapprocher de l’enceinte, donc souvent de tendre son bras pour s'échapper de la foule. C'est une technique imparable pour attiser la curiosité de ses voisins, puis mettre en valeur le visuel bleu uniforme de Shazam.

En définitive, pour l’entreprise en démarrage, le «growth hacking» implique de connaître ses consommateurs et de trouver une astuce pour se servir de leurs spécificités, comme leur capacité de partage. De telles astuces peuvent paraître simplistes, mais ces entreprises ont sûrement testé de nombreuses autres idées créatives avant de s’arrêter sur celle qui a fait leur succès.

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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