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Que faire quand on est débutant et qu’on rencontre un directeur de création?

Mathieu Abeille Concepteur-rédacteur, Pigiste

Jeudi dernier, élégant, haleine fraîche, un aréopage de 60 créatifs publicitaires en devenir participait à la soirée «Show off». En tout, 20 directeurs de création — 20 vieux routards de la pub — ont décidé de rendre service à l’industrie en les rencontrant. 

Le portfolio jalousement peaufiné, les cartes professionnelles conçues à la main; la relève avait tout mis en œuvre pour les impressionner.

Et si vous vous demandez comment je le sais: j’étais l’un d’eux. 

Rencontrer un directeur de création, c’est un peu comme se soumettre au jugement dernier avant l’heure.

La soirée «Show off»
Dans les événements de réseautage, avoir l’air décontracté est la clé pour faire des rencontres. En arrivant, j’entame des discussions avec des participants et des directeurs de créations. L’important est d’essayer de rester soi-même, de jouer sans se la jouer. L’occasion de partager avec des personnes qui possèdent la même passion ne se présente pas tous les jours. Une cloche retentit. Sacha Ouimet prend la parole, remercie les commandites, les invités, le traiteur et toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à cette soirée. Je leur rends aussi hommage. Il communique ensuite les règles du jeu. Chaque rencontre dure 15 minutes. Les portfolios sont jugés selon quatre critères: originalité, exécution, diversité et présentation. 

En voiture, Simone!
Les entretiens commencent tout de suite après le discours. Il n’y a pas de temps à perdre. Chaque fois que la cloche retentit: nouvelle ronde, changement de table. C’est du speed dating et tout est réglé comme sur du papier à musique, cela passe très vite.

Avec les directeurs de création
Rencontrer un directeur de création, c’est un peu comme se soumettre au jugement dernier avant l’heure. On s’installe en face de lui et on lui montre l’œuvre d’une vie: notre portfolio. Il se fait alors une idée sur notre travail, prodigue quelques conseils pour nous améliorer et rend son verdict. S’il aime notre le tout, il peut nous proposer un stage ou un emploi. On atteindrait alors le ShangriLas des créatifs: une agence. Un endroit où rien n’est impossible: Lion à Cannes, prix Créa, Grenier d’or, fierté de notre mère. Il peut aussi nous renvoyer à nos activités d’aspirants créatifs, où, depuis le canapé de notre salon, avec une version illicite de la suite Adobe, l'on essaie de produire la publicité.

le ShangriLas des créatifs: une agence. Un endroit où rien n’est impossible: Lion à Cannes, Prix Créa, Grenier d’or, fierté de notre mère. 

La porte d’entrée de l’industrie
On ne va pas se mentir. L’industrie n’aime pas engager les débutants. Toutes les offres d’emploi exigent un minimum de deux ans d’expérience en agence. Comment avoir ces premières années? Les initiatives à l’instar de la soirée «Show off» sont la solution. Elles permettent à de jeunes créatifs de l’industrie de rencontrer les personnes qui vont potentiellement leur donner leur chance. Il faut ensuite sympathiser avec eux, ne pas perdre le contact. Peut-être qu’un des directeurs aura alors l’envie de vous prendre sous son aile et de faire votre éducation quand il y aura une ouverture. Une chose est sûre: il ne le fera pas s’il ne vous connaît pas. Deux éléments peuvent les convaincre: la passion et les idées. Un directeur se doute bien à la vue de votre portfolio que votre expérience et vos moyens sont limités. Donc, assurance est le mot d’ordre. Il est impératif de laisser ses doutes au placard et d'assister à ces événements si l'on aspire à faire partie de la relève.

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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