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Ce que personne ne vous dira sur SXSW

Joël Letarte Concepteur-rédacteur, FCB Montréal

Si vous êtes en train de lire ces quelques lignes, vous avez soit 1) mordu à ce titre horrible et très click bait ou 2) voulu savoir pourquoi quelqu’un de censé utiliserait une telle ironie sur une plateforme comme Infopresse. D’une façon ou d’une autre, le titre est ici une mécanique publicitaire pour vous inciter à consulter le contenu. Et ça fonctionne souvent. Ça fonctionne même ici, à SXSW, royaume du FOMO et des 36 conférences simultanées.

Je vous explique. On se lève le matin et l'on regarde les conférences du jour. Si l'on est organisé, on le fait la veille ou quelques jours à l’avance. On se rend vite compte qu’en cliquant sur Favorites sur toutes les conférences qui nous intéressent, on a un horaire complètement débile avec cinq conférences en même temps. Pour choisir ce qu’on va voir, on se retrouve donc à consulter la liste des intervenants, mais surtout le titre et le sujet de la conférence. Des titres souvent très accrocheurs, écrits par des gens de «com», qui, comme n’importe quel click bait, vous donnent envie d’en savoir plus et d’aller faire la file sur deux étages pendant 45 minutes.

Des titres comme Art Attack: Data as the new creative director ou Create Magic: 6 experiental storytelling secrets. Le problème, c’est que comme n’importe quelle mécanique ne visant que des clics, le contenu est souvent décevant. Décevant au point où les conférences poches ont probablement représenté le sujet de conversation principal dans les corridors d’Austin.

Là où ça devient intéressant et où il y a de l’espoir, c’est qu’on est en 2018 et que je ne vous apprends rien en vous disant que le pouvoir est passé du côté des consommateurs, pas des annonceurs. Même chose ici. Une conférence plate? Les gens sortent après huit minutes et vont voir autre chose. On note les conférences. On en parle. On se donne des trucs (évitez les panels svp!!!). On forme des communautés pour se raconter ce qui nous a marqués.

Heureusement, du marquant, il y en a autant, sinon plus, que du décevant. Les expériences dans les maisons sont incroyables, surtout chez Sony et chez Dell. Plusieurs conférences nous inspirent pour le quotidien. Le Trade Show est un incontournable. En fin de compte, ce que je retiens de mon premier SXSW, c’est ce parallèle évident entre le festival en lui-même et la communication en général. Du mauvais, il y en aura toujours. Par contre, les consommateurs cherchent une valeur réelle et se donnent les outils pour la trouver. 

La publicité n’est certainement pas morte. Elle doit seulement évoluer et être de son temps.

Il ne tient qu’à nous d’utiliser le marketing à bon escient, pour faire du bien, pour divertir, pour changer le monde. Les marques doivent se trouver un but, une mission, puis utiliser leur pouvoir pour créer une relation authentique (c’est le mot de l’heure ici) avec les consommateurs. La publicité n’est certainement pas morte. Elle doit seulement évoluer et être de son temps. La technologie, présentée de mille et une façons à chaque coin de rue à Austin, nous donne simplement les outils pour en faire plus, et le faire mieux.

Je citerai ici en conclusion les propos de Tim O’Reilly lors de la conférence Do more. Do things that were previously impossible, qui, à sa propre question «What’s the future?», nous a répondu avec beaucoup de conviction «It’s up to us». 

 

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.