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COP21: l’audace d’espérer

Isabelle Dubé-Côté Directrice générale, communications corporatives et gestion de réputation, MSL Group

Depuis que s’est amorcée, le 30 novembre dernier, la Conférence de Paris (COP21), il est encore plus évident que le réchauffement climatique s'avère un enjeu qui touche les nations et leurs dirigeants, mais aussi les citoyens et les entreprises. 

Dans le cadre de la COP21, le réseau MSL Group a publié un vaste rapport intitulé A Chance for Change: The Tipping Point for Sustainable Business, qui regroupe des témoignages d’experts des quatre coins de la planète et de plusieurs clients du groupe, dont Samsung, General Motors, Levi Strauss et Heineken. Ces enseignements permettent d’explorer les multiples facettes liées au développement durable, puis de dresser un portrait des enjeux, des réalités et des possibilités pour chaque partie prenante. 

Un enjeu global
S’il y a aujourd’hui un consensus sur le problème du réchauffement climatique et ses causes, on s’entend moins sur les solutions et même sur le rôle des différentes parties prenantes. Il ne fait aucun doute que les nations doivent s’unir pour proposer une solution globale au problème. C’est tout l’enjeu de la COP21 à laquelle participent près de 200 chefs d’État et de gouvernement.

Parce qu’ils fixent les objectifs, décident du cadre réglementaire et ont le pouvoir de mettre en place des systèmes contraignants ou incitatifs dans leurs pays respectifs, les gouvernements jouent un rôle essentiel. Néanmoins, les citoyens et les entreprises comprennent qu’ils doivent aussi faire partie de la solution. Les tergiversations et divergences des nations ne font qu’accentuer cette prise de conscience citoyenne.

Cette volonté citoyenne d’agir concrètement contre les changements climatiques stimule la créativité des entreprises et des entrepreneurs. 

Au-delà de la décroissance
Pendant longtemps, on a opposé développement économique et environnement. Pour polluer moins, il fallait produire moins, donc consommer moins. On a ainsi vu naître des courants de pensée préconisant la décroissance et la simplicité volontaire en matière de consommation.

Les nouvelles générations de consommateurs ne semblent pas adhérer à cette philosophie. Pour elles, il ne s’agit pas de «consommer moins», mais de «consommer mieux». Plus question de rationner ses achats, mais de faire des choix intelligents, gaspiller moins, recycler, composter. Ces jeunes consommateurs comprennent aussi qu’en favorisant les entreprises responsables, ils ont le pouvoir d’amener des industries complètes à changer leurs façons de faire.  

Le vent d’espoir de l’innovation
Cette volonté citoyenne d’agir concrètement contre les changements climatiques stimule la créativité des entreprises et des entrepreneurs. Il s’agit sans doute là de notre plus grande raison d’espérer: il existe aujourd’hui, aux quatre coins du monde, une génération d’entrepreneurs travaillant à des solutions innovantes pour créer une nouvelle économie tournée vers le développement durable.

On constate que ces initiatives privées obtiennent très souvent le soutien de partenaires publics. Pour lutter contre les changements climatiques, la logique du «bottom-up» paraît donc plus adéquate que celle du «top-down». En effet, si les gouvernements n’ont pas les solutions et les technologies pour lutter contre les changements climatiques, ils ont le pouvoir d’accorder leur aide aux entreprises qui les développent.

Lors du premier jour de la COP21, Bill Gates a annoncé la création du regroupement Breakthrough Energy Coalition, qui réunit 28 investisseurs travaillant tous dans les nouvelles technologies et le web (Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, Jack Ma, Ratan Tata, Xavier Niel, etc.) et dont l’objectif est de stimuler le développement et la commercialisation d’énergies vertes. Du même souffle, Bill Gates a annoncé un partenariat avec Mission innovation, une initiative publique qui rassemble 20 pays, dont le Canada.

Les citoyens approuvent ce type d’initiatives et, selon plusieurs récents sondages, pensent que les initiatives privées, comme celle de Bill Gates, sont plus efficaces que celles des gouvernements.

Et le Québec dans tout ça?
Le Québec est naturellement bien positionné dans le domaine environnemental, notamment en raison de son énorme potentiel hydroélectrique, qui lui permet d’être un bon élève à l’échelle canadienne et à l'échelle mondiale.

si les gouvernements n’ont pas les solutions et les technologies pour lutter contre les changements climatiques, ils ont le pouvoir d’accorder leur aide aux entreprises qui les développent.

Mais cette relative bonne situation ne doit pas nous donner un faux sentiment de sécurité: le Québec n’est pas immunisé contre les conséquences du réchauffement climatique à l’échelle planétaire. Ici comme ailleurs, citoyens et entreprises doivent prendre des initiatives concrètes pour faire partie de la solution. Le lancement de la firme de taxis électriques Téo démontre que nous sommes capables d’innover pour allier développement économique et respect de l’environnement, et, qu’ici aussi, les instances publiques sont prêtes à aider ces initiatives privées porteuses d’espoir.

Texte écrit en collaboration avec Jean-François Frémaux.

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

 

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