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Le webnaliste: un nouveau métier

François Descarie Président, Substance stratégies

Le webnaliste n’existe pas encore officiellement, mais cela ne saurait tarder. Il combinera les expertises du journaliste à celles de l’analyste, mais dans un contexte numérique (en passant, mesdames, vous aurez compris que la webnaliste existera aussi).

Le webnaliste sera le nouvel analyste
Le journaliste d’enquête pourra certes interroger des internautes et des experts, mais le nouveau webnaliste sera d’abord un analyste googléen grâce à Google Search, mais aussi Google Trends et Google Insights. La quantité d’information disponible sur le web continue d’exploser, et les appellations pour indiquer de nouvelles quantités font même rigoler (le Yottabyte par exemple: 1 suivi de 24 zéros, nommé en l’honneur de Yoda). 

Malgré ces notions de quantité, la pertinence de l'info et les recoupements possibles ne cessent de surprendre. L’index de Google (toujours eux!) permet même d’estimer l'arrivée de la grippe! Là encore, on ne parle même pas des richesses du big data

Le webnaliste maÎtrisera donc l’analytique, en plus de savoir créer des requêtes de recherche sophistiquées.

Le webnaliste maîtrisera donc l’analytique, en plus de savoir créer des requêtes de recherche sophistiquées pour recueillir le contenu qui correspond exactement à son besoin. Il peut d’ailleurs déjà paramétrer des applications de curation comme Spundge (un site lancé par une entreprise montréalaise), qui rendent les opérateurs booléens classiques aussi intuitifs qu’utiles.

Pour recueillir toute la richesse des médias sociaux et transcender les sites et les blogues, le webnaliste devra maîtriser les logiciels comme Radian 6 ou Sysomos, qui permettent de valoriser en temps réel tout ce qui se dit ou s’écrit sur Twitter, Facebook et LinkedIn.

Le webnaliste sera le nouveau journaliste
Le travail de cueillette d’information sera donc chamboulé. Et si les méthodes de réflexion et de synthèse ne changeront pas radicalement, la mise en forme vivra une autre métamorphose importante: sur le plan des délais et du raccourcissement du cycle de la nouvelle d’abord, mais aussi au chapitre de la rédaction. Le webnaliste saura en effet comment l'optimiser pour tenir compte du fait que le lecteur: 

• lit 25% moins vite sur un site qu’un texte imprimé
• parcourt et numérise souvent le texte avant d'en lire certains passages
• aime voir un texte accompagné d’un visuel attrayant

Le travail de cueillette d’information sera donc chamboulé.

Il rédigera pour tenir compte de l’importance du référencement organique sans que cela ne soit télégraphié, redondant ou apparent pour le lecteur. Des textes plus courts, davantage d’intertitres et des hyperliens vers d’autres documents sont autant d’ajustements qui devront être apportés par les scribes de demain. 

Finalement, le webnaliste devra presque devenir éditeur et un expert pour distiller le contenu et l’atomiser. Pour chaque billet long, il créera de cinq à 10 microcontenus. Il tablera sur les forces et les particularités des médias sociaux visuels (pour ceux qui croient que la popularité du contenu vidéo anéantira la forme écrite, rappelons qu’un document vidéo naît souvent d’un texte!).

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