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Un monde en transition, d’autres histoires et expériences à imaginer

France Levert Cofondatrice et spécialiste en environnement, Collectif communication citoyenne

Le printemps est la saison de nombreux événements célébrant la créativité dans les métiers de la communication ou encore les pratiques citoyennes d’entreprises. C’est aussi, à l’occasion du Jour de la Terre, le moment de mettre en évidence des initiatives et des actions visant à souligner les limites de notre planète et les enjeux environnementaux qui nous touchent tous, comme les changements climatiques (dont la plus récente de Sid Lee).

Ce texte fait partie d’une série de publications sur la marque citoyenne produits par le Collectif Communication Citoyenne (C3), un réseau d'experts multidisciplinaires sur la communication responsable. Suivez les actualités de C3 sur LinkedIn et Facebook

Le défi des transitions

Si l'on peut se réjouir de toutes les réalisations ainsi saluées, comme j’ai pu le voir sur des tribunes très diversifiées ces derniers mois, nos sociétés se dirigent vers une (ou des) «transition(s)» en vue d’une société plus durable et juste: transition énergétique, transition écologique, transition économique et autres. Un défi de taille. En fait, bien que ce ne soit pas nouveau, ce «devoir» de planifier une transition est apparu de façon encore plus forte lors de la Conférence de Paris sur le climat de 2015. Comme le précise Arnout De Pee, associé de McKinsey’s Sustainability and Resource Productivity Group, cela annonce une transition industrielle et économique où l'on doit notamment remettre en cause comment les biens et services sont produits et comment ils sont rendus accessibles aux consommateurs. Il s’agit aussi d’évoluer d’une économie axée sur la production et l’industrialisation vers une économie de services, par exemple, l’accès à une mobilité polyvalente dans une ville intelligente plutôt que la possession d’une automobile. 

il y a une conjoncture unique pour les marques qui auront un message intègre et qui auront l’envie de prendre position.

À titre illustratif, lors de l’événement Concilier Croissance et économie circulaire, organisé par l’Institut de l’environnement, du développement durable et de l’économie circulaire, les économistes, investisseurs, entreprises et spécialistes des tendances en consommation présents se sont questionnés sur la sortie du dilemme environnement/croissance par les avenues qu’offre l’économie circulaire. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain invitait le 24 mars dernier une nombreuse clientèle d’affaires à réfléchir aux enjeux et possibilités de la transition énergétique pour l’économie du Québec. Du 12 au 15 juin prochain, la 23e Conférence de Montréal/Forum économique international des Amériques réunira quelque 3500 participants canadiens et internationaux sur des sujets comme l’économie en transition et Un nouveau monde: gérer le changement.

Mais pourquoi parler de cela ici maintenant? Comme le souligne Christiane Bourbonnais, qui dirige le jury du concours Strat 2017, face au scepticisme des consommateurs ainsi qu’aux besoins sociaux grandissants, il y a une conjoncture unique pour les marques qui auront un message intègre et qui auront l’envie de prendre position. Cette conjoncture n’est-elle pas aussi un bon moment pour s’interroger sur le rôle que les stratèges et créatifs de la communication peuvent jouer dans ces transitions qui amènent déjà des changements importants de pratiques des annonceurs et dans la société en général?   

L'Association communication et innovation en développement durable (ACIDD) – dont les membres se comptent au sein de tous les métiers de la communication en France – et son ACCIDD’Lab s’y intéressent déjà et poursuivront des réflexions stratégiques en 2017 sous le thème «Lost in transition». Parmi les questions abordées: le renforcement de capacités face aux transitions et comment améliorer l’éducation; quel rôle pour les communicants, les innovateurs et les politiciens.

Ces perspectives appellent à une souplesse et à une capacité à réagir vite face à des ruptures d’innovation dont on peut à peine soupçonner la nature et les impacts. La principale différence entre ces défis contemporains et les révolutions du passé réside dans sa «multiplicité, sa synchronicité planétaire et surtout son accélération», selon l'ACIDD. Ces défis nous interpellent tous, jeunes et génération montante (milléniaux), industries créatives, monde des affaires et collectivités. Un chantier à penser et qui pourrait être propulsé par l’École de la créativité La Factry ou autre?

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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