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Marque citoyenne: vers une «économie circulaire» et du faire autrement?

France Levert Cofondatrice et spécialiste en environnement, Collectif communication citoyenne

En émergence au Québec, l’économie circulaire est en plein déploiement en Europe et dans certains pays d’Asie. 

Ce texte fait partie d’une série de billets d'opinion sur la marque citoyenne produits par le Collectif Communication Citoyenne (C3), un réseau d'experts multidisciplinaires sur la communication et le marketing responsable.

Cette nouvelle approche économique se veut une réponse aux problématiques environnementales et sociétales en proposant une réduction radicale de la consommation des ressources et une reconception des modèles de production et de consommation. Parmi les stratégies qu’elle propose, on cite fréquemment l’économie du partage et la consommation de biens usagés. Ces façons d'agir sont en croissance rapide comme en témoigne le succès de Kijiji ou de l’autopartage. 

les POSSIBILITÉS qu’offrent ces choix alternatifs de consommation ont inspiré de nouvelles stratégies d’affaires en entreprise, soit autant de défis d’innovation pour les communiquer et les mettre en marché.

Bien que l’idée ne soit pas nouvelle, l’ampleur du phénomène semble sans précédent, en bonne partie, grâce à l’énorme potentiel qu’offrent maintenant les médias sociaux. Qu’est-ce que cela pourrait changer? Est-ce un mouvement marginal attribuable à la nécessité ou plutôt une tendance forte dictée par le marché, que des entreprises avec des valeurs citoyennes affirmées intègrent déjà? En mai dernier, en allant entendre Walter Stahel, un des pères de l’«économie circulaire», lors d’un événement de l’Institut de l’environnement, du développement durable et de l’économie circulaire, j’avais ces interrogations en tête, parmi d’autres.

Face à la destruction écologique que représenterait la généralisation des modes de vie des pays occidentaux à l’échelle mondiale, Walter Stahel plaide l’extension de la durée de vie des biens grâce à la réutilisation, à la réparation et au «remanufacturing» soit une économie où «rien ne se perd», où le déchet de l’un – individu, communauté ou entreprise – devient la matière première de l’autre. Selon lui, il y a plus de 200 ans qu’on fait de l’économie circulaire dans des secteurs comme l’habitation (location) ou le transport (location et vente de véhicules usagés). Il juge que les enjeux actuels nécessitent des solutions à toutes les échelles possibles (produits, entreprises, villes, territoires). Il faut également préserver des savoirs en train de se perdre, notamment, ceux permettant de réparer les biens. Pour l'expert, à l’instar des citoyens, gouvernements et entreprises doivent rapidement emboîter le pas.

Bien que l’idée ne soit pas nouvelle, l’ampleur du phénomène semble sans précédent, en bonne partie, grâce au potentiel Des médias sociaux. 

En effet, les choix des natifs du numérique, «La génération qui ne voulait plus posséder», en serait déjà fortement imprégnés. Ainsi, 63% des 20-29 ans québécois s’informent principalement sur les réseaux sociaux (d'après un article du Devoir du 27 juin, La génération qui ne voulait plus posséder); les 18-30 ans dédaignent de plus en plus l’auto solo, qu’ils jugent chère et superflue, pour se tourner vers le transport collectif et l’autopartage. Aux États-Unis, par exemple, les détenteurs de permis chez les 16-24 ans sont passés de 91,6% à 76,7% à la fin de 2014.

Le Québec s’inscrit dans ces tendances avec de nombreuses initiatives: Communauto, le plus ancien et l’un des plus importants services d’autopartage en Amérique, réinsertion d’ordinateurs usagés avec Insertech Angus, fab labs comme La Fabrique, partage d’outils de La Remise, projet d’épicerie zéro déchet Loco ou les multiples espaces de «coworking».  

L’impact, mais aussi les possibilités qu’offrent ces choix alternatifs de consommation ont inspiré de nouvelles stratégies d’affaires en entreprise soit autant de défis d’innovation pour les communiquer et les mettre en marché. À titre illustratif: le nouveau service d’autopartage Maven de General Motors, la gamme d’innovations pour les besoins d’éclairage de Philips ou encore le service de pièces de rechange d’Ikea pour «donner une deuxième vie à votre meuble!».

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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