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L'AAPQ répond à Gaétan Frigon

Dominique Villeneuve Directrice générale, Association des agences de publicité du Québec

L'Association des agences de publicité du Québec (AAPQ) a souhaité réagir au texte La publicité québécoise en danger, publié dans La Presse le 10 mars et signé par Gaétan Frigon.

Paru aujourd'hui dans La Presse, voici le texte en question, signé par Dominique Villeneuve, directrice générale de l'AAPQ.

«Bien que nous saluions l'initiative de M. Frigon, certains propos énoncés doivent être corrigés ou nuancés.

Il est de notre devoir de rétablir les faits et nous invitons M. Frigon à nous contacter pour recevoir les données actuelles sur l'état du marché. D'une part, le classement des agences cité est erroné. L'auteur aurait pu se référer au Guide Com 2014, publié par les Éditions Infopresse, pour voir les chiffres permettant de conclure, sans erreur, sur la taille des agences.

D'autre part, il est important de rectifier que les comptes gouvernementaux ne sont pas concentrés chez une agence, bien au contraire. Certaines affirmations quant au départ de comptes vers Toronto sont fausses, mais nous laissons aux organisations concernées le soin de rectifier elles-mêmes les faits si tant est qu'elles le jugent nécessaire.

Cela étant dit, il est vrai que certains comptes nationaux ont été transférés à Toronto et que cette situation inquiète particulièrement l'AAPQ. Toutefois, il est essentiel de rappeler que de nombreux comptes nationaux sont encore gérés ici, au Québec, par des agences, appartenant ou non à des réseaux. Ce sont par exemple Aéroplan, Burger King, Hershey, Monnaie royale canadienne, Sanofi et Volkswagen pour ne nommer que ceux-là. De même, rappelons au passage que la publicité télévisuelle pancanadienne de Bell pour les Olympiques a été conçue et produite au Québec.

Ce qui est le plus nuisible à notre industrie, c'est certainement le départ des sièges sociaux de Montréal, le plus souvent vers Toronto. Il est bien connu qu'avec les sièges sociaux s'envolent aussi les pouvoirs décisionnels. Nous nous réjouissons du fait qu'une personnalité du monde des affaires comme M. Frigon soulève la question et appuie les agences de publicité du Québec.

Nous ne nions pas que la publicité vit de grands bouleversements en ce moment, et ce, autant au Québec qu'à l'échelle internationale. La mondialisation des marques, l'apparition de nouvelles entreprises concurrentes, les processus coûteux de sélection d'agences, et surtout, l'arrivée fulgurante des nouvelles technologies, sont venus modifier notre réalité. Les agences doivent s'adapter ici comme ailleurs.

Cependant, bouleversements ne riment pas nécessairement avec danger de mort. Cela signifie que les choses se font différemment, mais aussi, que notre industrie est en train d'évoluer et de s'adapter. Les plateformes numériques offrent de nouvelles opportunités et les nouvelles technologies ont rendu très accessibles autant la production que la diffusion de contenu. La preuve en est que l'on voit même de grandes entreprises de presse aménager leurs propres studios de création chez elles. C'est ainsi que maintenant, la compétition vient de partout!

Dénoncer le malaise dans l'industrie de la publicité sans parler de la configuration des structures qui se modifient ne saurait être complet. Les frontières de la création ont éclaté au Québec et notre génie créatif s'exprime en marge des modèles traditionnels.

Nos créateurs sont considérés comme une source économique et de rayonnement notables pour Montréal. Et l'AAPQ s'est justement réjouie, en début d'année, de voir l'industrie de la publicité être reconnue à sa juste valeur comme partie prenante des industries créatives dans le cadre du rapport Les industries créatives: catalyseurs de richesse et de rayonnement pour la région métropolitaine publié par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Selon nous, telle est la réalité de l'industrie de la publicité.»

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