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La dictature des chatons

Christian Ahuet Conseiller, Massy Forget Langlois relations publiques

Avouons-le, nous avons tous déjà visionné et partagé des vidéos, souvent drôles, mettant en vedette ces petites bêtes à quatre pattes. Ce sont les rois de l’internet et sans nous en rendre compte, nous sommes en un seul clic à leur merci.  

Ces vidéos qui retiennent tant notre attention possèdent, du point de vue strictement communicationnel – car psychologiquement ils auraient des effets positifs sur l’état d’esprit –, des caractéristiques similaires: elles sont courtes, leur contenu est simple et elles nous sont dévoilées comme annoncées. En effet, si le titre est «Chats qui dansent!», vous visionnerez, sans surprise,… des chats qui dansent.

Pour poursuivre l’analogie du règne animal, l’homo internautus est devenu un prédateur sélectif d’information. 

Ces vidéos si efficaces semblent nous enseigner qu’il existe une formule gagnante pour retenir l’attention des internautes et nous assister dans l’atteinte de nos objectifs de communication. Mais comment surmonter cette «dictature du simple» et transmettre un message complexe au moyen des médias sociaux?

Comprendre la situation

Depuis plusieurs années, nous sommes confrontés à des tonnes de renseignements qui défilent chaque jour sur nos appareils cellulaires, nos tablettes et nos ordinateurs à une vitesse telle qu’il nous est difficile de tout digérer, entre les nombreux sites d’information, les contenus des personnalités publiques, des entreprises, des causes, de notre entourage.

Pour poursuivre l’analogie du règne animal, l’homo internautus est devenu un prédateur sélectif d’information. Et les proies sont présentes en si grand nombre que les communicateurs doivent les rendre particulièrement attrayantes pour que le prédateur daigne s’y attaquer, particulièrement lorsque notre objectif est de transmettre un message complexe.  

Distinguer le vrai du faux

Au phénomène de surdisponibilité d’information s’ajoute celui de la désinformation, mieux connue comme «fausse nouvelle», qui offre une image alternative de la réalité dans le but d'influencer l'opinion publique et qui a comme caractéristique d’être présentée de manière particulièrement attrayante. Elle se montre sous un titre racoleur, parfois alarmiste ou sensationnaliste, qui soulève chez le lecteur de l’intérêt, parfois même malsain. Parmi les nombreux exemples, mentionnons le viralement célèbre Le pape François endosse la candidature de Donald Trump, publié à l’époque sur la page Facebook Ending The Fed. 

En tant que professionnels des communications, comment nous démarquer dans cet univers virtuel peuplé d'information et de fausses nouvelles?

Les créateurs de fausses nouvelles ont compris qu’il est possible d’attirer le lecteur en faisant appel à des techniques d’information trompeuses qui vont à l’encontre des pratiques traditionnelles de communication et de certaines règles de déontologie.

Le chaton à la rescousse

En tant que professionnels des communications, comment nous démarquer dans cet univers virtuel peuplé d’information et de fausses nouvelles? Comme nous l’enseignent les chatons, il s’agit de:

  • Trouver un titre accrocheur – mais pas trompeur.
  • Évaluer les messages et prioriser l’information qu’on souhaite transmettre.
  • Être authentique, objectif et crédible. L’information doit être documentée.
  • Selon Statistic Brain, la durée d’attention moyenne était de huit secondes en 2013. Soyons brefs!
  • Soutenir le message avec des visuels, préférablement des vidéos, des infographies animées, etc.
  • Autant que possible, raconter une histoire – le fameux storytelling
  • Viser la simplicité tout en évitant d’être simpliste, en vulgarisant les contenus et en utilisant des exemples et des analogies.
  • Partager le message sur toutes les plateformes appropriées.

«[L’information absorbe] l’attention de ses destinataires. C’est la raison pour laquelle une trop grande quantité d’information engendre un manque d’attention.» – Herbert Simon, gagnant du prix Nobel d’économie en 1978.

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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