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Uber contre les taxis: qui gagne la partie dans les médias?

Caroline Roy Vice-présidente, Mesure Média

Ces jours-ci, Uber publie des annonces publicitaires auxquelles l’industrie du taxi répond sur le ton de l’humour. 

Mais à part cette récente publicité, la bataille entre Uber et l’industrie des taxis s’est surtout déroulée sur le terrain des relations publiques et de la couverture dans les médias traditionnels et sociaux. Cela laisse planer plusieurs interrogations:

  • Qui d’Uber ou des chauffeurs de taxi a occupé davantage le terrain médiatique?
  • Qui a bénéficié de la couverture la plus favorable à sa cause?
  • Sur les médias sociaux, se prononce-t-on davantage en faveur d’Uber ou des taxis?

Connaître la réponse à ces questions est essentiel pour Uber et l’industrie du taxi, qui mènent une bataille épique depuis plusieurs mois dans le but de rallier l’opinion publique à leur cause respective.

Parions qu’Uber et l’industrie du taxi font déjà une revue de presse de leur enjeu dans les médias. Mais quels enseignements peuvent-ils en tirer?

Cette bataille nous rappelle l’importance d’analyser en profondeur sa couverture dans les médias, mais aussi celle de ses adversaires.

Connaître la réponse à ces questions est essentiel pour Uber et l’industrie du taxi, qui mènent une bataille épique depuis plusieurs mois DANS LE BUT DE rallier l’opinion publique à leur cause respective.

En effet, l’analyse des concurrents dans les médias fournit aux organisations et aux marques des données d’affaires stratégiques afin d’améliorer la gestion des communications.

Cinq éléments à surveiller chez ses concurrents
La plupart des organisations mesurent d’abord leur propre couverture médiatique. C’est normal!

Toutefois, les gestionnaires qui évaluent aussi leurs adversaires en ressortent motivés (ou déçus…), mais toujours inspirés afin de définir ou de modifier leurs stratégies de gestion des communications.

Voici le type de questions à laquelle une analyse médiatique réalisée par des experts indépendants peut répondre:

  1. Qui occupe davantage l’espace médiatique dans les médias traditionnels et sociaux: vous ou vos adversaires? En d’autres mots, qui gagne en volume?
  2. Au-delà du volume, quelle est la qualité de votre couverture par rapport à celle de vos concurrents? C’est ici que la mesure du gain ou du déficit de réputation en dollars se révèle très utile.
  3. Quels journalistes, médias ou plateformes sociales parlent de vos adversaires, mais pas de vous?
  4. Quelle visibilité obtiennent vos porte-parole et votre président dans les médias? Quel est leur gain de réputation? Est-il mieux que celui de la concurrence?
  5. Votre message se rend-il à vos publics cibles? La concurrence enterre-t-elle vos messages ou abonde-t-elle dans le même sens que vous?

Bref, les éléments que vous faites analyser dans les médias traditionnels et sociaux sont déterminés par vos objectifs d’affaires publiques.

Se décoller de l’arbre pour mieux voir la forêt…
Certains annonceurs demandent d’analyser une campagne de communication réalisée par leur principal concurrent. Pour eux, le but est de définir et d’ajuster leur propre message par rapport à la concurrence, lors de leurs futures campagnes de communication.

D’autres veulent un benchmark. L’idée est de se mesurer à ses adversaires, au cours d’une période donnée, puis de se fixer des objectifs de communication précis afin de les dépasser.

Puis, quelques-uns désirent aussi prouver qu’ils se démarquent davantage que la concurrence dans leur principal secteur d’activité.

En somme, les options sont multiples, mais doivent nécessairement mener à une gestion plus efficace des communications.

Uber vs les taxis: qui se démarque… et où?
Depuis le début de 2016, Uber a fait l’objet de 2920 mentions dans la presse écrite au Québec, contre 4000 pour «l’industrie du taxi», dont les chauffeurs ont organisé quelques manifestations médiatisées au cours de l’hiver et du printemps.

Depuis le début de 2016, Uber a fait l’objet de 2920 mentions dans la presse écrite au Québec, contre 4000 mentions pour «l’industrie du taxi»

Si l’on se penche sur les porte-parole: Guy Chevrette, qui représente l’industrie du taxi, obtient plus de 800 mentions, contre 660 pour Jean-Nicolas Guillemette, qui est à la tête d’Uber au Québec (décompte effectué du 1er janvier au 28 avril 2016 - presse écrite, radio et télévision).

Le grand patron d’Uber Québec a néanmoins tiré son épingle du jeu grâce à des entrevues stratégiques, dont celle donnée à Nathalie Petrowski dans La Presse+ du 6 mars, qui lui a valu un gain de réputation de 53 680$ (selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d]). Sa présence à Tout le monde en parle a aussi constitué un autre «coup de circuit» que ses adversaires n’ont pas tenté ou réussi.

S’il est évident que l’industrie du taxi l’emporte du côté quantitatif, les croisements de données provenant d'une analyse indépendante démontrent que chaque adversaire prend la tête à certains endroits précis et se fait doubler à d’autres dans la circulation médiatique!

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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