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Requiem pour le papier?

Ashley Sivil Gestionnaire de projet, Bicom Communications

À la fin d’octobre dernier, l’Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM) lançait la première édition de la Semaine des magazines québécois, soulignant ainsi l’importance des magazines et des périodiques numériques au sein de la culture québécoise. 

Au même moment, Rogers annonçait sa volonté de se départir de ses titres francophones pendant que Québecor supprimait Chez Soi et Tellement Bon. Et si ces espaces du paysage médiatique québécois trouvaient preneurs? 

Dans l’ombre de ces grands conglomérats, des communautés se bâtissent tranquillement autour de nouveaux magazines au contenu très spécialisé. En combinant tant l’imprimé, la vidéo, les réseaux sociaux que l’événementiel à une approche personnelle et communautaire, de nouveaux petits joueurs comme Bosquet, Nouveau Projet, Flanelle et Dînette sont conçus comme des marques intégrées auxquelles leurs adeptes sont fiers de s’identifier.

Dans l’ombre de ces grands conglomérats, des communautés se bâtissent tranquillement autour de nouveaux magazines au contenu très spécialisé. 

D’autre part, les magazines Trois fois par jour et Cuisine Futée arrivent à la suite de la popularité de la vidéo et de la télé, et connaissent le succès. Ils sont portés par d’énormes communautés que les instigateurs des deux projets ont su ériger chacun à leur façon. Ils ont vite compris que la relation avec leur communauté de lecteurs est clé et qu’ils deviennent d’excellents véhicules de promotion.

Cocktails et commandites

Chez Dînette, on attaque la sortie d’un numéro comme un lancement beauté. Ce happening devient un moment privilégié pour remercier les collaborateurs, interagir avec la communauté et gagner en présence. Avec ses couvertures alléchantes, le magazine devient objet de désir des foodistas sur des centaines de photos Instagram souvent accompagnés par des toasts à l’avocat ou d’un latte. 

L’équipe de Dînette travaille avec les annonceurs au même titre qu’avec ses collaborateurs. Ensemble, ils désirent créer du contenu riche, enligné avec le ton et la cible du magazine. On peut notamment suivre sur les réseaux sociaux la cavale en sol américain de Mathieu Lachapelle et d'Hélène Mallette, commanditée en partie par la Banque Nationale. Cette exploration leur permettra de produire du contenu pour leurs trois prochains numéros. Pour la viabilité du projet, l’apport des partenaires annonceurs est essentiel, mais pour les fondateurs l’authenticité doit demeurer au cœur des partenariats.

Ricardo: mettre la personnalité au cœur du contenu

le magazine n’est plus un média en soi, mais un produit. Il devient véhicule d’identité de marque dans une stratégie de communication multiplateforme.

L’avenir de l’imprimé ne se confine pas qu’aux limites du quartier montréalais Mile-End et de ses environs. Avec ses 1,6 million de lecteurs des plateformes numériques et imprimées, la réussite du magazine Ricardo n’est pas étrangère à l’intégration d’une stratégie de marque intégrée.

Ainsi, la personnalité publique se retrouve au cœur du contenu imprimé, mais aussi à la télé, sur les réseaux sociaux, dans son café éponyme et posant de plus en plus sa griffe sur des produits dérivés. Sa célébrité propulse certes le magazine, mais crée aussi un sentiment de proximité avec le public. De plus, Ricardo n’hésite jamais à mettre de l’avant son équipe ce qui le rend encore plus attachant!  

En conclusion, le magazine n’est plus un média en soi, mais un produit. Il devient véhicule d’identité de marque dans une stratégie de communication multiplateforme. Il doit donner envie au public de s’en imprégner et de l’inscrire dans son style de vie. Et si cette longue ère de turbulences pour l’industrie servait à redéfinir la valeur ajoutée du magazine et de briller en pertinence?

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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