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Parce qu’on est en 2017…

Arnaud Granata Éditeur, Infopresse

On ne se le cachera pas, 2016 n’a pas été une année de tout repos pour l’industrie des communications-marketing et des médias: achats, restructurations, fin de certains modèles d’affaires. Et si l'on faisait de 2017 l’année du travailler ensemble et de l’optimisme?

Il y aura d’abord eu bon nombre de transactions marquantes: Lowe’s a acheté Rona en février, la société ontarienne Cara a mis la main sur Saint-Hubert en mars et WPP a acquis l’agence québécoise Tank à la fin de l’année. Les médias, de leur côté, ont recentré leurs lignes d’affaires: ce fut particulièrement le cas chez Rogers, avec la vente de L'actualité à Alexandre Taillefer et l’arrêt de plusieurs publications imprimées, comme le magazine Loulou. Le papier des magazines, grande victime de 2016, a aussi diminué avec la baisse de fréquence des publications Châtelaine (Rogers) et Les Affaires (TC Média).

La créativité made in Québec vend, dans toutes les sphères de l’économie; gageons que 2017 verra encore son lot de contrats à l’étranger.

Si l'achat de fleurons de l’industrie québécoise par des intérêts étrangers constitue un sujet de fond qui fait rage depuis plusieurs années, les habitudes de consommation changeantes et le «clash» générationnel grandissant entre les milléniaux (quel mot à la mode en 2016) et les générations plus âgées expliquent en grande partie l’accélération du grand effondrement de certains modèles d’affaires pourtant gage de qualité il y a encore 10 ans. Les dollars des annonceurs migrent de plus en plus en ligne afin de produire du «contenu» pour les différentes plateformes web et sociales, et les médias sont obligés de créer de nouvelles façons de faire tout en conservant les plus anciennes. Seuls quelques médias comme La Presse ont pris des décisions radicales en misant tout sur le numérique. La télé, elle, même si elle se transforme et se cherche, demeure dans le peloton de tête des médias les plus «riches» en pub, pourtant dépassée cette année par les investissements numériques.

S’il est clair que 2017 verra encore son lot de changements et de transactions majeures (reste-t-il tant d’entreprises à propriété 100% québécoises?), une chose est sûre: le Québec s’exporte bien, et bon nombre d’entreprises d’ici ont bien compris depuis plusieurs années que leur croissance passera aussi par l’international. La créativité made in Québec vend, dans toutes les sphères de l’économie: divertissement (Moment Factory, GSM project, etc.), publicité (Sid Lee, Couleur locale, etc.), technologies (PixMob, Gsoft, etc.); gageons que 2017 verra encore son lot de contrats à l’étranger.

Je nous souhaite de laisser la place à une nouvelle génération de talents dont on dit depuis plusieurs années qu’ils sont la relève: c'est aussi à eux d’inventer l’avenir, et de le faire avec ceux qui ont bâti le présent et le passé.

Dans ces périodes de turbulences, je nous souhaite de travailler davantage ensemble pour trouver des pistes d’avenir dans le but de renforcer les modèles d’affaires d’ici, que cela passe par de nouvelles façons de faire localement ou de nouveaux efforts pour vendre notre talent et notre créativité à l’international. Je nous souhaite de briser les silos, de miser sur la multi et la transdisciplinarité pour trouver des solutions aux enjeux d’industrie: n’est-on pas plus fort en groupe? Je nous souhaite de laisser la place à une nouvelle génération de talents dont on dit depuis plusieurs années qu’ils sont la relève: c'est aussi à eux d’inventer l’avenir, et de le faire avec ceux qui ont bâti le présent et le passé. Je nous souhaite de former au Québec les talents les plus prometteurs, les plus créatifs qui soient, et qui, dans quelques années, seront jalousés par nos voisins d’Europe et des États-Unis. Je nous souhaite de faire du Québec un lieu d’avant-garde, où les modèles que nous créerons ici seront copiés à l’international. Je nous souhaite une industrie plus paritaire, plus multiculturelle: le pouvoir de la publicité va bien au-delà de la vente de produits de consommation, elle peut aussi être un puissant outil de communication pour amplifier des idées et des valeurs d’une société qu’on veut plus juste.

Mais avant tout, je nous souhaite le courage d’entreprendre, tout de suite et maintenant, les projets qui nous passionnent. De faire fi des «cela ne marchera jamais», des «on ne fait pas comme ça» ou des «c’était quand même mieux avant». L’optimisme, un point c’est tout.

Parce que nous sommes en 2017, non?

Bonne année et au plaisir de vous lire et de vous croiser, chez nous ou ailleurs.

@arnaudgranata
#infopresse

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

 

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