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50 nuances de «pu capable»

Arnaud Granata Éditeur, Infopresse

Est-il possible de tuer une association avec une marque? Le battage médiatico-commercial autour du film 50 nuances de Grey nous montre que oui: trop, c'est trop.
 

50 nuances d'AUDI

La marque lance une campagne spéciale pour la sortie du film.

Du vin 50 Shades of Grey à l'arôme «envoutant des préliminaires», de la lingerie 50 Shades of Grey, des magasins de bricolage en Angleterre déjà en train de réapprovisionner leurs tablettes de cordes en prévision de la sortie du film, des crèmes 50 Shades or Grey, la possibilité de louer une copie conforme de l’appartement de monsieur Grey lui-même, le thé 50 Shades of Grey, la lessive 50 Shades of Roses «qui éveillera vos sens», les jouets (sexuels et non sexuels), la voiture Audi 50 Shades of Grey en édition limitée. Vous en voulez encore? Il y a aussi les parodies (dont la très bonne bande-annonce avec les personnages Lego) et les messages détournés qui dénoncent les abus sexuels (à voir ici).

Le film sort officiellement ce vendredi dans les salles et cela fait déjà plusieurs semaines que l'on commence déjà à saturer de la campagne de communication que le film a déclenchée autour de lui.

De leur côté, les marques se sont empressées de récupérer un vrai phénomène commercial. Si cela est sûrement bon pour la promotion du film (qui n’est pas tenté d’aller voir, finalement, à quoi ressemble cette histoire dont on a déjà trop parlé?), qu’en est-il pour ces marques qui, comme Audi ou le groupe Unilever (qui détient la marque Surf, à l’origine de la lessive 50 Shades of Roses), ont décidé de proposer des produits dérivés du film?

Si l’opportunisme est intéressant dans le cas d’une marque de lingerie, l'on peut se demander si Audi n’appauvrit pas son image en associant une offre commerciale liée à la sortie de ce blockbuster. En retournant un peu en arrière, l’histoire de la marque de luxe Pierre Cardin, jadis respectée et prestigieuse, offre un parallèle intéressant. Franchisée de toutes parts, elle est allée jusqu’à se retrouver sur du papier toilette et à s'associer à d'autres marques et événements sans penser à sa propre identité. À lire sur le sujet, un article de Vice France.

Il est intéressant de se demander si toutes ces associations n'agacent pas plus qu'elles ne font vendre. 

Le cas de 50 Shades of Grey est très différent, mais il est toutefois intéressant de se demander si toutes ces associations n'agacent pas plus qu'elles ne font vendre. Sur les réseaux sociaux, déjà, des groupes de consommateurs dénoncent l'utilisation inopportune de certains symboles liés au BDSM, alors que d'autres moquent le côté «fleur bleue» des premières images du film ayant circulé.

Fort heureusement pour nous, aucune marque d'ici ne s'est encore risquée à exploiter son imagerie. Mais il reste encore quelques heures avant sa sortie officielle...

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