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Quand les relations publiques sont mises à mal

Annick Bélanger Associée directrice, bureau de Montréal, Casacom

Le 6 juillet dernier, la nouvelle de l’octroi, sans appel d’offres, d’un imposant contrat à un consultant externe pour des services de relations publiques par le CUSM a créé beaucoup de remous.
 

Cette nouvelle a fait le tour des médias francophones et anglophones au Québec. Outre l’accent mis sur le montant important du contrat, certains titres étaient révélateurs quant à la perception négative et réductrice du type de travail effectué par les consultants en relations publiques: «Un contrat de 600 000$ avec un stratège des communications pour redorer l’image du CUSM». 

Pour redorer l’image. «De faiseurs d’image» à spin doctors, ces expressions sont fréquemment employées afin d'expliquer ce que font les professionnels en relations publiques comme s’il s’agissait de vendeurs du temple. Ce raccourci, loin de s’enfarger dans les nuances ou de traduire l’étendue de la pratique, démontre bien qu’encore aujourd’hui, ce secteur reste mal compris, voire méconnu. Il mériterait certainement lui aussi une campagne de relations publiques!

L'organisme Public Relations Society of America (PRSA) définit les relations publiques comme «un processus stratégique de communication qui vise à établir des relations mutuellement bénéfiques entre les organisations et leurs publics», tant à l’interne qu’à l’externe.

Pour sa part, dans une entrevue au quotidien La Presse, en février dernier, la présidente et fondatrice de Casacom, Marie-Josée Gagnon, expliquait ainsi le rôle des professionnels en relations publiques: «Notre travail est de faire comprendre aux chefs d’entreprise que les communications et les relations publiques sont un outil de gestion pour la haute direction. Il s’agit d’un puissant levier qu’il faut bien développer et bien articuler. On est au cœur du positionnement stratégique des entreprises».

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec n’a pas tardé à réagir à la suite de la diffusion de la nouvelle sur le fameux contrat. Deux jours plus tard, soit le 8 juillet, il a émis une directive ministérielle demandant aux établissements de son réseau de mettre fin immédiatement à tous les contrats faisant «appel aux services de firmes externes de relations publiques pour divers motifs, dont celui de redresser leur image publique, entre autres».

Si exiger la résiliation d’un contrat de relations publiques accordé sans appel d’offres dans le secteur public paraît approprié et dans l’ordre des choses, pénaliser une industrie entière par ricochet, dont 70% des mandats ont une valeur de moins de 25 000$ par année (selon le Portrait des secteurs publicité-marketing et relations publiques au Québec par le Conseil de l’industrie des communications du Québec), s’avère un remède inapproprié et excessif.

L’événement a certes tous les ingrédients pour stimuler les discussions et les questionnements dans notre industrie.

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