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Recherche vocale: les internautes adoptent un nouveau comportement

Alexandra Blaison Stratège numérique sénior, Kaliop Canada

Il y a un peu plus d'un mois, nous avons reçu Google Home à l'agence, l'assistant vocal que mes collègues ont la joie de tester au quotidien en comparant ses résultats avec celui de Siri, l’application d’Apple.

Jusque-là je considérais les assistants vocaux comme Google Home ou Siri essentiellement comme un gadget qu'aimait ma fille de six ans ayant des conversations improbables avec mon ordinateur. Toutefois, influencée par mes collègues, j'ai décidé de me lancer: météo, ajout d’un rendez-vous dans mon calendrier, circulation, etc.

Une fois qu’on adopte l’assistant vocal, le réflexe s’acquiert très vite. Un soir, les mains dans la farine, je constate qu'il manque un ingrédient. Mon téléphone est à proximité «Dis, Siri, à quelle heure ferme l'épicerie Metro la plus proche?». Plus tard, constatant que le film que je visionne est terriblement long: «Dis, Siri, combien de temps dure (ce film)?».

Humain.

C'est le mot que me répète couramment ma collègue designer utilisateur. Nous réfléchissons pour des humains. Des humains avec les mains dans la farine, exténués par une journée bien remplie ou par des enfants qui ont des discussions improbables avec Siri.

60% des personnes utilisent la recherche vocale de manière plus ou moins fréquente

Mais une chose me frappe: pour accéder à mon information, je ne suis allée sur aucun site internet. Je ne sais pas d'où vient la source de ma réponse, je n'ai pas vu de logo, de marque, je n'ai pas eu à faire défiler la première page pour me faire une idée de quel site répondrait le mieux à ma demande. J'ignore si ce site propose des promotions, si les images me le rendent sympathique. Je n'ai pas eu non plus à taper de mots-clés.

En 2020, 50% des recherches seront vocales 

Selon une étude menée par le site Stone Temple, 60% des personnes utilisent la recherche vocale de manière plus ou moins fréquente, et plus de la moitié le font lorsqu'elles sont seules. 55% des adolescents l'emploient au moins une fois par jour. Et environ 20% des recherches sur Google sont effectuées en recherche vocale aux États-Unis. C'était avant le lancement de Google Home, qui figurera certainement en bonne place sous le sapin. Selon Microsoft, qui a conçu l’assistant Cortana, la recherche vocale sera même le premier mode d'interaction en 2020!

Comment les entreprises peuvent-elles se préparer à la recherche vocale?

Ce que m'inspirent ces chiffres en tant que stratège numérique, c'est qu'il est nécessaire pour les entreprises de se préparer dès maintenant à cette révolution imminente qu'est la recherche vocale, sous peine de subir de sérieuses pertes d'achalandage sur leurs plateformes web dans les prochains mois et années.

Car être en première page des résultats de Google ne sera plus suffisant. En effet, en obtenant directement sa réponse, l'internaute n'ira pas visiter un site en huitième ou en neuvième position.

L'idéal visé est la position zéro, un encart de réponse directe proposé en haut des pages de résultats. Il est notamment affiché lorsqu’un internaute pose une question dans la recherche Google et apparaît avant les liens commandités, les actualités ou les résultats locaux.  D'où la nécessité de créer du contenu optimisé de type question/réponse en utilisant des formulations comme «Qu’est-ce, comment, pourquoi», un peu comme les sections FAQ.

En parlant de snippets, les principaux moteurs de recherche emploient les rich snippets de schema.org pour donner à l’internaute d’autres renseignements qu’un titre et une description. Il peut s’agir d’images, de recettes... Si la présence de rich snippets n’a pas d’influence sur le positionnement, elles permettront aux moteurs de recherche de mieux comprendre le contenu de vos pages et, donc, de se préparer au référencement vocal.

Il est nécessaire pour les entreprises de se préparer dès maintenant à cette révolution imminente qu'est la recherche vocale, sous peine de subir de sérieuses pertes d'achalandage.

Différence de taille, les requêtes de recherche s’allongent et deviennent plus naturelles. En effet, en recherche vocale on ne dira pas: «Tisane insomnie» mais «Quelle est la tisane pour mieux dormir?». Nous ne serons donc plus dans une logique de positionnement de mots-clés, mais de compréhension de l'intention de recherche de l'internaute.

Le référencement local, lui, sera également à soigner: «Quels sont les horaires du restaurant X?» ou «Quel est le meilleur restaurant dans le quartier montréalais Mile-End?» n'a pas le même impact en matière de conversion. De plus, les données de Google Maps sont employées pour la recherche vocale. C’est la raison pour laquelle, particulièrement pour ceux qui détiennent un commerce, vous devez apporter une attention particulière aux données partagées dans Google My Business: adresse précise, heures d'ouverture, téléphone…

Enfin, il est toujours bon de le repréciser, il est important que son site soit optimisé pour une navigation mobile.

En conclusion, une nouvelle ère s'ouvre pour la stratégie numérique et, notamment, le référencement. La recherche vocale va nous obliger à ne plus rédiger du contenu avec des mots-clés, mais de remettre l'humain au centre afin de répondre à ses besoins. Les assistants vocaux seront plus présents dans le quotidien des utilisateurs et nous devons nous tenir près de ces échanges plus naturels avec les technologies.

 

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.