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Dossier
Retour sur la carrière de Michel Ostiguy, Daniel Rabinowicz et Pierre Savard

Allié: Pierre Savard

À la tête du Centre d’archives publicitaires, Pierre Savard préserve, presque à lui seul, ce qui constitue la mémoire publicitaire du Québec. Il effectue depuis près de 20 ans un véritable travail de moine en collectionnant, classant et maintenant en numérisant les pièces qui forment notre histoire. Et, surtout, il fait vivre cette histoire en la rendant accessible au plus grand nombre, que ce soit dans l’industrie, dans les médias ou dans le monde scolaire.

Pierre Savard est fondateur et directeur général du Centre d’archives publicitaires.

Gardien de la mémoire publicitaire

Pierre Savard a créé en 1999 la Cinémathèque Jacques Bouchard, devenue en 2004 le Centre d’archives publicitaires, qui récupère et archive principalement les publicités télévisées, les sauvant ainsi de la disparition. La banque du Centre comprend plus de 66 000 publicités, incluant des messages remontant aux débuts de l’industrie en allant jusqu’aux plus récents, car Pierre Savard continue sans cesse d’enrichir la collection. Outre ces messages, les archives du Centre comprennent de nombreux documents audiovisuels, dont des émissions de radio et de télévision, des documentaires liés à l’histoire de la pub, des affiches et près de 300 livres de référence traitant de publicité, marketing et communications.

En plus de préserver le patrimoine publicitaire du Québec, il s’assure que cette mémoire est organisée et accessible.

Tous ces messages, comme Pierre Savard l’expliquait au quotidien Le Devoir lors d’un reportage en 2006, représentent «des concentrés d’air du temps, l’histoire d’un peuple à travers sa consommation». Le fondateur continue de porter à bout de bras cet établissement. En plus d’archiver les publicités, il en répertorie soigneusement les crédits dans une banque de données qui permet plusieurs formes de recherches: selon l’agence, l’annonceur, la maison de production, le réalisateur et divers autres crédits de production, de même que les comédiens qui y figurent. La banque répertorie aussi les prix décernés. Ainsi, en plus de préserver le patrimoine publicitaire du Québec, il s’assure que cette mémoire est organisée et accessible.

Le Centre a aussi comme fonction de garder visibles dans l’œil du public des publicités qui ont laissé leur trace dans l’imaginaire du Québec.

Ce véritable travail de moine doit s’accompagner de prouesses techniques: il faut préserver l’intégrité des multiples supports, qui n’ont cessé de changer au fil des époques – des rubans vidéo aux fichiers numériques, en passant par les films et DVD – et s’assurer d’avoir, en état de marche, les appareils permettant de les lire. Afin qu’ils survivent à leur disparition, Pierre Savard s’emploie, au fil du temps, à numériser les messages. Le Centre a aussi comme fonction de garder visibles dans l’œil du public des publicités qui ont laissé leur trace dans l’imaginaire du Québec: dès qu’il faut une publicité «historique» pour une émission ou un film, c’est au Centre qu’on s’adresse. Les agences et annonceurs y font aussi appel dès qu’ils produisent une rétrospective pour souligner un anniversaire ou une autre occasion. Et le Centre reçoit de plus en plus de demandes des universités et des musées.

«Le patrimoine publicitaire, malgré sa valeur culturelle évidente, est souvent jugé avec mépris par le monde de la conservation en raison de la dimension commerciale qui lui colle à la bande magnétique», indiquait l’article du Devoir, tout en soulignant que les agences de publicité, davantage tournées vers l'avenir que le passé, accordent elles-mêmes bien peu d’intérêt à la conservation de telles archives.

Pierre Savard a fait ajouter une mention, dans son testament, indiquant que les archives reviennent à l’industrie, par le biais de l’A2C.

MOT DU JURY

«Pierre Savard accomplit un travail inestimable à la fois pour l’industrie et la société québécoise en conservant notre histoire en un seul et même endroit. Alors que la publicité n'est pas officiellement reconnue comme produit culturel, l’ensemble de son œuvre est une réelle prise de conscience et fait rayonner le rôle de notre industrie comme acteur social et culturel au Québec.»