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Dossier
20e concours Grafika: le meilleur du design

Élise Cropsal: «une compétition forte»

Élise Cropsal, directrice adjointe de la création, design, de Lg2 Boutique, a présidé la 20ème édition de Grafika en orientant les délibérations du jury. Entretien sur les particularités du design québécois et la cuvée 2017 du concours.

Comment avez-vous accompagné le jury dans son processus de délibération ?
Je souhaitais qu’on récompense des projets porteurs d’une idée, d’une intention, d’un point de vue. Des projets qui démontrent que les designers ont travaillé pour trouver la solution juste, différente ou novatrice à un problème, un brief ou une demande. Il était aussi important que le jury garde en tête les différentes réalités de notre industrie et qu’il salue l’excellence tout en prenant compte de sa diversité.

Que recherchiez-vous pour cette 20e édition du concours?
Je souhaitais un regard extérieur sur notre industrie. C’est pour cette raison qu’un juge invité s’est joint aux juges québécois. Ça a donné lieu à des échanges enrichissants. C’était fascinant d’observer que le design demeure une forme de communication universelle.

«Néanmoins, la simplicité d’une bonne idée dont l’exécution est travaillée dans les moindres détails reste une des meilleures façons de sortir du lot.»

Qu'est-ce qui a caractérisé la dernière cuvée du concours?
Un équilibre fragile entre des projets intemporels et d’autres qui marquent un peu plus leur époque et s'inscrivent dans des courants plus grands. La quantité de travail derrière chaque initiative était vraiment perceptible. Les mandats sont de plus en plus complets et complexes. Néanmoins, la simplicité d’une bonne idée dont l’exécution est travaillée dans les moindres détails reste une des meilleures façons de sortir du lot. Le programme d’identité visuelle de la Cinémathèque québécoise et la campagne d’affiches Solide Liquide pour les Producteurs de lait du Québec en sont de bons exemples.

grand prix

programme d’identité visuelle de la Cinémathèque québécoise 

Quelle est l’importance du contexte dans la lecture d’une pièce?
Le contexte, c’est l’industrie dans laquelle s’inscrit le projet, le moment où il a été réalisé, son but, l’utilisation des codes graphiques. Tout ça devient un peu plus notoire lorsque le jury arrive aux délibérations. Et c’est vrai que cette année, c’est ressorti à plusieurs reprises lors des discussions.

Quelles surprises réservait cette édition?
La quantité d’affiches soumises était impressionnante, la catégorie est plus vivante que jamais. Je ne sais pas exactement ce que ça révèle sur notre industrie, mais peut-être que l’affiche reste un support de prédilection des designers pour véhiculer un message. De plus, beaucoup d’initiatives célèbrent Montréal à leur manière, des projets qui s’ancrent dans notre patrimoine culturel ou dans la promotion d’un aspect de la ville.

J’aurais aimé voir plus de propositions qui brisent les frontières en design, des installations ou des mandats interactifs et numériques. C’est sûr que c’est un défi pour un concours qui reste très enraciné dans l’imprimé.

«La compétition est de plus en plus forte, ce qui est sain et merveilleux.»

Que révèle la cuvée 2017 sur le design au Québec?
Le milieu du design québécois se porte bien. Les pièces soumises sont, dans l’ensemble, d’une très grande qualité. Ça m’a une fois de plus frappée. En tant que designer, on peut être très fier de voir son travail parmi les 100 projets de l’année. La compétition est de plus en plus forte, ce qui est sain et merveilleux. Il y a davantage de petits et moyens studios qui font leur place et enrichissent le milieu. Cette année, on constate que de nombreuses entreprises, grandes ou plus modestes, misent sur le design pour leurs produits ; c’est encourageant ! D’ailleurs, le souci de récompenser les organisations et marques ayant choisi de travailler avec des designers graphiques et de leur faire confiance a animé plusieurs discussions du jury.

grand prix grafika 2017

red bull music academy montréal 2016

D’autre part, il était très intéressant d’avoir le point de vue extérieur de Lisa Greenberg, vice-présidente et directrice de création de l’agence Leo Burnett à Toronto, qui a participé à de nombreux jurys dans le monde. Elle nous a fait prendre conscience de l’unicité québécoise en design. Il existe ici une concentration de design expérimental et artistique développé pour des entreprises et des marques en culture et en événement qu’on ne retrouve pas partout. C’est une force, il faudrait bien qu’on arrive à l’exporter un peu plus. 

Les autres membres du jury

  • Geneviève Angio-Morneau, directrice de création et chef, expertise contenu, de GSM Project
  • Vincent Bilodeau, réalisateur en design d’animation et illustrateur
  • Simon Chénier-Gauvreau, directeur artistique de Sid Lee
  • Françoise Cournoyer, directrice de création de Tuxedo
  • Mathieu Cournoyer, cofondateur de Bureau principal
  • Lisa Greenberg, vice-présidente, directrice de création, de Leo Burnett (Toronto)
  • David Jalbert-Gagnier, fondateur et directeur de création d’Objective Subject (New York)
  • Catherine Métayer, rédactrice en chef, Beside Magazine et cofondatrice, Collectif Blanc 

Photos par Simon Duhamel (Consulat) 

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