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Dossier
30/30 Infopresse: l'avenir de l'industrie

Stéphanie Bibeau: redéfinir les paramètres du publicitaire

Stéphanie Bibeau joue sur deux terrains à la fois. Elle occupe simultanément les rôles de stratège et de conceptrice-rédactrice au sein de l'agence Tank, et c'est justement sa signature de marque. La multitâche de 28 ans prouve au quotidien qu’il est possible de décloisonner les rôles traditionnels en agence. 
 

Entre repositionnement de marque, conception, rédaction, stratégie et marketing de contenu, Stéphanie Bibeau jongle avec les différents projets dans une aisance déconcertante. Elle fouille les tendances de l'industrie et investigue les sujets dont elle doit traiter, afin de repérer l'angle d'approche qui lui permettra de «gagner l’entière confiance des clients». 

Dans la dernière année, elle s’est illustrée en remportant le prix d'or dans la catégorie Imprimé au concours Young Lions 2017 national, aux côtés de son collègue Étienne Goulet. Elle a aussi été désignée comme une des cinq étoiles montantes du Groupe Grey en Amérique du Nord. 

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fière?
Pour Canada 150, on a dressé plusieurs portraits d’ambassadeurs. On a traversé le pays afin de s’entretenir avec des personnes inspirantes, comme l'auteur Yann Martel et l'ex-hockeyeur Yvan Cournoyer. On a passé une journée entière chez eux. C’était une expérience unique et formidable. Le but était de brosser des portraits à la manière de Chef’s Table. Le résultat est vraiment spectaculaire, du beau contenu!

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?
C’est un grand honneur et une belle réussite d’être reconnue par l’industrie à mon âge. Et, tsé, ça m’enlève aussi un peu la pression de faire partie du palmarès 30 under 30 de Forbes cette année.

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?
Je voulais dresser des chevaux. J’adore les chevaux. Je n’ai rien de drôle à ajouter à ça!

Qu'est-ce qui vous a incitée à faire ce que vous faites aujourd'hui?
Je devais créer une publicité de 30 secondes dans mon cours d’économie au secondaire. Je me rappelle m’être dit: «C’est le meilleur devoir au monde!» L’iPod venait tout juste d’être lancé et j’ai filmé des personnes en train de danser sur une chanson insolite. Par exemple, j’ai habillé le père de mon ami d’une grande veste en fourrure, puis je l’ai filmé en train de chanter une chanson des Spice Girls. Le slogan était «Groove to your own beat» [Dansez à votre rythme]. Ce n’était rien de révolutionnaire, mais j’ai eu tellement de plaisir que je n’ai jamais voulu arrêter.

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?
Gagner l’entière confiance de nos clients annonceurs. Leurs budgets sont limités et ils sont parfois frileux devant les idées audacieuses. C’est toujours un grand défi de parvenir à vendre sa première idée ou celles qui sortent des sentiers battus. On entend trop souvent: «On adore ça, mais on va seulement produire des publicités Facebook.»

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie, changer les choses?
Les bonnes idées font avancer les pratiques de notre industrie, ça génère un précédent, ça donne une légitimité. Donc, j’espère continuer de créer des campagnes percutantes. Quand on a la chance de travailler avec des marques qui ont une réelle envie de faire bouger les choses, nos efforts paient autant pour les annonceurs que pour nous, publicitaires.

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?
Capable de répondre à cette question avec certitude.

Qui est votre plus grand modèle/mentor?
Valya Kruk, ma patronne, et notre vice-présidente et chef de la stratégie. Je vais avoir l’air d’une «têteuse», mais je m’en moque. Elle est la femme la plus intelligente et la plus persévérante que je connaisse, en plus de toujours accomplir son travail avec compassion, optimisme et ouverture d’esprit. Elle m’a aussi permis de conjuguer mon talent en stratégie et ma passion pour la création dans un rôle hybride n’existant pas dans les agences traditionnelles, qui fonctionnent davantage en silos.

Quelle est votre devise?
Suis ton instinct. C’est facile de suranalyser les choses, mais il faut aussi considérer sa première impression. C’est souvent la bonne!

Votre tête-à-tête idéal, ce serait avec qui (mort ou vivant)? 
David Droga. J’ai assisté à l'une de ses conférences l’été dernier et j’ai été tellement impressionnée par son humilité et son côté terre à terre. Il semble être fondamentalement une bonne personne en plus d’avoir des superpouvoirs de création. Ce serait vraiment hot de recevoir ses conseils.

Quel projet vous rend verte de jalousie?
L’intégralité de la campagne Child Replacement Program, de Pedigree, est géniale. Cela témoigne tellement d’une bonne réalité du consommateur, au point où même mes parents ont fait ça avec mon frère et moi.

Quelle est votre plus grande déception?
Ne pas avoir gagné la compétition des Young Lions à Cannes. Tu crées un scénario dans ta tête et tu souhaites tellement gagner. Tu constates que le mandat ne t’inspire pas instantanément, mais tu t’acharnes et tu y réfléchis trop. Je meurs d'envie d’y retourner et de réessayer.

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?
Ma mère comprend exactement ce que je fais! Elle cite souvent la pub Start the Car d’Ikea. Elle est ma plus grande fan. C’est la personne qui partage et qui aime le plus vite que je connaisse sur les réseaux sociaux. Merci maman :)

 

Photo: Stephany Hildebrand, de Zetä Production

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