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Dossier
30/30 Infopresse: l'avenir de l'industrie

Simon Laliberté: conduire l'innovation

À 30 ans, Simon Laliberté endosse plusieurs rôles au sein de l'Atelier BangBang, qu'il a fondé il y a cinq ans: designer, directeur artistique, sérigraphe. Persuadé que «sans ambition, l'on ne va nulle part», l'entrepreneur multidisciplinaire se démarque par son appétit insatiable pour le travail acharné. 
 

L'Atelier offre un produit de créneau, porté vers une approche clés en main du design à l'impression, qui se démarque dans le marché. Si nous étions tous des athlètes dans nos domaines respectifs, Simon Laliberté participerait aux Jeux olympiques dans de multiples disciplines. Sa vocation d'offrir un service personnalisé de qualité et l'approche intégrée du design graphique et de la sérigraphie vont le mener encore loin.

Il se démarque par plusieurs projets, mais son petit nouveau le place au volant de l'innovation. Sa dernière acquisition: un camion de sérigraphie mobile. Cet atelier ambulant offre des services spécialisés de sérigraphie en événementiel, en se déplaçant et en imprimant de la marchandise selon la demande.

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier?

Assurément la fondation d’Atelier BangBang, mon studio de design et atelier de sérigraphie. Disons que le chemin que j’ai pris pour en arriver où j’en suis aujourd’hui était plutôt risqué. D’en être sorti gagnant et d’avoir pu faire ma place aussi vite sont sans doute les deux choses qui me rendent le plus fier aujourd’hui. D’ailleurs, c’est plutôt rare qu’on se permette d’affirmer les petites choses de la vie dont nous sommes fiers et, pourtant, c’est important. J’ai bien hâte de lire la réponse des autres candidats.

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?

Sachant qu’il y a eu un nombre record de candidatures cette année, c’est un réel honneur. Je suis conscient que plusieurs personnes de mon entourage auraient également mérité cette mention. Vous êtes certains qu’il n’y a pas eu d’erreur? J’ose croire que le travail acharné et les sacrifices des dernières années ont porté fruits et que, cette année, l’industrie me le souligne avec cette belle mention.

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?

Plus jeune, je fabriquais tout avec du carton et de la colle chaude… vraiment tout. Imaginez n’importe quel gadget des films Mission Impossible, ben, c’est ça! Je devais être prédestiné à un travail créatif dans lequel ma tête et mes mains allaient être mises à profit pour solutionner des problèmes… mais sans explosifs! Si ça n’avait pas été d’une faiblesse en mathématiques, j’aurais peut-être bifurqué vers l’architecture. Merci maths 436!

Qu'est-ce qui vous a incité à faire ce que vous faites aujourd'hui?

Mon passage en graphisme au Cégep de Sherbrooke a vraiment confirmé ma passion pour la création. À défaut de trouver un boulot dans une agence après l’obtention de mon diplôme, j’ai travaillé près de deux ans dans la sérigraphie industrielle et j’ai eu un véritable coup de foudre pour ce mode d’impression. J’ai, par contre, été vite blasé de la mauvaise utilisation qu’on faisait de ce support. Mon entrée à l’Uqam en design graphique était donc imminente afin de relancer le créatif qui hibernait en moi. Ma première année au baccalauréat a confirmé mon intention de fusionner ces deux passions à ma sortie, ce que personne n’avait encore fait au Québec.

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?

Savoir préserver une certaine constance. Atteindre ses objectifs pour tel ou tel projet est une chose, mais conserver un bon rendement mandat après mandat, année après année, c'est une autre paire de manches. Quand on y pense, c’est comme ça dans tous les domaines. Au même titre qu’un athlète va constamment s’entraîner afin de conserver ou d’améliorer son classement mondial, ou encore pour poursuivre une série de victoires. Au final, nous sommes tous des athlètes dans nos domaines respectifs. Il est donc primordial de garder une bonne forme physique et mentale, puis de développer une discipline de travail personnelle nous permettant de performer avec constance.

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses?

Je me souviens qu’une certaine professeure, Sophie Hébert pour ne pas la nommer, avait déjà dit qu’il ne serait pas simple de changer les choses dans notre domaine. Je l’ai un peu pris comme un défi et ça va maintenant faire 10 ans que cette phrase me pousse à faire les choses autrement, jour après jour. J’espère donc avoir un minimum d’impact en faisant tomber certains tabous et en imposant un meilleur respect, ainsi qu'une meilleure compréhension de l’industrie créative québécoise.

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?

Tellement de choses! En fait, j’ose simplement croire que ma passion ne se laissera pas anéantir par les perpétuelles épreuves quotidiennes d’un entrepreneur, pour, un jour, tout lâcher et aller élever des moutons en montagne.

Qui est votre plus grand modèle/mentor?

Assurément beaucoup de gens qui ont croisé mon chemin ces dernières années. Je pense à Gaëtan Namouric, rempli d’énergie, qui m’a donné ma première vraie chance en agence et m’a éclairé sur la valeur d’un talent créatif. Ou encore Sébastien Fauré, toujours posé, qui n’a jamais hésité à prendre des nouvelles de mon entreprise, alors que j’étais encore à l’emploi de la sienne, et qui a toujours su me prodiguer de francs conseils.

Quelle est votre devise?

Comme on m’a dit récemment, Go big or go home. Sans ambition, l'on ne va nul part.

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui?
Mon père (retraité et plus vivant que jamais). Simplement pour qu’il me fasse part encore et encore de ses craintes paternelles. Comme toujours, je m’inspirerais de ses propos pour influencer les décisions à risques de mon quotidien, car, évidemment, une petite séance de psychologie inversée, ça fait toujours du bien.

Quel projet vous rend vert de jalousie?

La jalousie… arf. C’est la source de cancer de notre domaine et c’est plutôt triste de le constater au quotidien. Je dirais donc avec un certain recul que tous les projets que j’aurais aimé accomplir me rendent jaloux, et il en existe plusieurs. Par contre, jamais au point de me faire détester mes propres réalisations.

Quelle est votre plus grande déception?

Constater que le milieu du design au Québec semble prendre une drôle de direction. Mais ce n’est pas l’endroit pour faire une montée de lait. Donc, disons simplement que je suis déçu que nous manquions de rigidité et que nous laissions plus souvent qu’autrement nos clients contrôler notre profession. Ils viennent nous voir soi-disant pour notre expertise, au même titre que nous consultons un dentiste pour la sienne. Personnellement, je ne me souviens pas avoir déjà challengé un dentiste sur son expertise à réparer une carie ou à effectuer un traitement de canal. Pourquoi est-ce si différent dans notre domaine? Pourquoi la valeur réelle de notre travail a-t-elle encore tant de mal à être reconnue? On s’appelle, on déjeune… et l'on s’en reparle!

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?

Pas besoin de lui décrire, car elle me suit sur Facebook!

 

Photo: Stephany Hildebrand, de Zetä Production

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