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Dossier
30/30 Infopresse: l'avenir de l'industrie

France-Aimy Tremblay: mettre en valeur le potentiel des autres

France-Aimy Tremblay se destinait à une carrière bien différente quand, à seulement 25 ans, elle a lancé Roméo & Fils. 

France-Aimy Tremblay est une productrice, une entrepreneure, mais surtout une fonceuse. 

C'est en se présentant dans le bureau du producteur Martin Henri que sa carrière a pris son envol. Ensemble, ils ont lancé Roméo & Fils dès l'année suivante. 

La force de France-Aimy Tremblay est de développer le potentiel des individus et de mener à terme des projets avec souvent peu de moyens. Depuis quelques années, elle fait avancer les projets, petits et grands. 

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fière? 

Je crois qu’avoir contribué à mettre sur pied une entreprise à seulement 25 ans demeurera la réussite dont je serai le plus fière.

C’était l’inconnu: je ne savais pas dans quoi je m’embarquais et j’ignorais tout des nombreux défis que j’allais devoir affronter, car en plus de devenir entrepreneure, je devais apprendre à maîtriser le métier de productrice.

Ces quatre dernières années, j’ai produit énormément de beaux projets. Si l’on me demandait de choisir celui dont je suis le plus fière, je ne pourrais pas n'en nommer qu’un!

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?

C’est super stimulant. Je trouve que l’initiative d’Infopresse de dresser ce palmarès est très audacieuse!

Une directrice de production avec laquelle je travaille énormément depuis deux ans m’a inscrite. C’est vraiment touchant d’avoir été référée par quelqu’un dont j’apprécie grandement le travail.

Je trouve cela valorisant, car cela démontre qu’autant sur le plan personnel que professionnel, il y a une belle synergie au sein de mon équipe. Nous travaillons tellement qu’il nous arrive d’oublier de prendre du recul pour constater que notre travail touche des gens et, plus largement encore, une industrie.

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?

Coroner ou taxidermiste (étrange, je sais).

Au secondaire, une de mes meilleures amies possédait une caméra vidéo et puisque nous détestions livrer des présentations orales en classe, nous faisions plutôt des films. Dans nos temps libres, nous filmions des reprises des sketchs du groupe humoristique Chick’n Swell (mon dieu, c’est gênant).

Par contre, j’étais super bonne en mathématiques et en sciences. Alors, devenir médecin ou travailler dans le domaine de la santé me semblait tout à fait logique.  J’ai donc poursuivi mes études dans ce sens.

Qu'est-ce qui vous a incitée à faire ce que vous faites aujourd'hui?

À 19 ans, j’étudiais au doctorat en chiropratique à l’Université du Québec à Trois-Rivières, mais je ne me sentais pas à ma place. J’ai eu envie d’autre chose, de changer de vie. Je m’intéressais beaucoup au milieu de la musique, de l’événementiel. Je me suis dit que si je voulais travailler dans ce domaine, je devais déménager à Montréal. Ça s’est presque passé sur un coup de tête.

Je n'y connaissais presque personne, mais j’ai eu la chance de me faire engager à la Taverne Normand très vite après mon arrivée. C’est pas mal à ce moment que tout a déboulé pour moi. J’y ai rencontré plusieurs personnes travaillant ou étudiant dans l’industrie de la musique, du cinéma et de la publicité!  C’était un bar très l’fun, j’y ai fait de belles rencontres et j’en garde de vraiment beaux souvenirs. Une de ces personnes se trouve d’ailleurs dans ce palmarès, je vous laisse deviner c’est qui. C’est un beau blond...

J’ai amorcé ma carrière dans l’industrie de la musique comme directrice de tournée pour Misteur Valaire et La Patère Rose. Ça m’a vraiment permis de me tailler une place et de rencontrer beaucoup de gens. De fil en aiguille, j’ai pu aider à des tournages de vidéoclips ou y assister, et c’est à ce moment que je me suis dit: «Je pense que j’aimerais faire ça dans la vie, organiser des tournages.»

J’en ai parlé avec un ami réalisateur qui m’a signalé que le producteur Martin Henri cherchait justement à former la relève et qu’il était très ouvert à rencontrer de nouveaux talents. Le lendemain, j’étais dans son bureau et je lui sortais la grande phrase: «Je veux être productrice» (rire). Un an plus tard, nous mettions sur pied Roméo & fils.

Je pense que la vie m’a mise à la bonne place au bon moment. Tout ce que j’ai fait jusqu’ici m’aide dans mon travail au quotidien, que ce soit les études que j’ai entreprises, mes expériences professionnelles et toutes mes belles rencontres au fil des années.

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?

C’est presque devenu impossible de décrocher complètement du travail. Je dis souvent que mon téléphone est l’extension de mon bras. Je suis joignable 24 heures sur 24. Le gros problème, c’est qu’on n’arrête jamais. Facebook, texto, courriel, Instagram, tout est devenu un outil de communication. À la longue, ça nuit à notre santé mentale, notre énergie et notre motivation. Selon moi, le plus grand défi est de concilier la vie professionnelle et la vie privée. L’équilibre, c’est la clé!

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses?

Bonne question. En fait, je focalise davantage à développer le potentiel des individus qu’une industrie. Plus précisément, la carrière des réalisateurs.

Le moteur principal de notre entreprise est de défricher les talents, former la relève. On commence avec des plus petits projets pour évoluer vers la publicité, les séries télé et les films.

Les vidéoclips, les séries web, les courts-métrages constituent pas mal la porte d’entrée créative et une formation pour les réalisateurs. 

Trouver des solutions pour réaliser des projets avec peu de moyens, c’est ma manière de contribuer à la créativité et de faire briller les jeunes réalisateurs et par le fait même, Roméo.

Je sais qu’au final, toute cette démarche influence l’industrie, car l’avenir, c’est la relève!

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?

Retraitée!

Qui est votre plus grand modèle/mentor?

Je n’ai pas vraiment de grand modèle ou mentor. J’admire énormément mes amis, mes collègues et ma mère. Les gens qui m’entourent m’inspirent énormément.

Quelle est votre devise?

Rien n’est impossible.

En tant que producteurs, chaque obstacle, chaque «non», nous devons le voir comme un défi. Le plus important est de toujours obtenir ce qui est nécessaire pour le bien des projets.

La persévérance et l’acharnement sont la base!

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui? 

Eminem, mon premier amour… (SVP, ne pas me juger… haha).

J’ai vraiment commencé à capoter sur la musique et par le fait même les vidéoclips à cause de lui, quand j’avais 13 ans.

Quel projet vous rend verte de jalousie?

Cette question me rend perplexe. Il y a beaucoup de productions que je trouve vraiment cool, mais étant donné que je ne développe pas les concepts, je ne peux pas vraiment être «jalouse» d’un projet en particulier.  

Cependant, c’est certain que de produire un vidéoclip pour un artiste comme Drake avec un de nos réalisateurs représenterait une grosse réussite pour moi.

Quelle est votre plus grande déception?

Dans le passé, j’ai fait confiance à certaines personnes dont j’aurais dû me méfier, autant dans ma vie personnelle que professionnelle.

J’avais pourtant chaque fois une très mauvaise impression concernant chacune de ces personnes et j’aurais dû davantage m’écouter. Mais on apprend tous les jours et je le vois maintenant comme une leçon. Ma nouvelle règle est désormais de toujours me fier à mes intuitions.

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?

www.romeoetfils.com?

Plus sérieusement, j’essaie toujours de lui expliquer le plus clairement possible ce que je fais dans la vie. Il faut dire que de manière générale, le métier de producteur est méconnu et s’explique difficilement aux gens. Sinon, je lui dirais que je suis aussi gestionnaire de crise, maman et psychologue à mes heures!

 

Photo: Stephany Hildebrand, de Zetä Production

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