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Dossier
Rio 2016: les Jeux de la pub

La règle 40, une contrainte olympique

Pour préserver ses marques de commerce, le Comité international olympique impose une période pendant laquelle les commanditaires «non officiels» n'ont plus droit à la moindre référence aux Jeux. Explications.

La règle 40, intitulée Participation aux Jeux olympiques, stipule qu'afin de pouvoir participer, «un concurrent, officiel d'équipe ou autre membre du personnel d'équipe doit se conformer à la Charte olympique et au Code mondial antidopage, y compris aux conditions de participation établies par le CIO».

Mais l'application de cette règle est sujette à controverse. En effet, l'alinéa 3 de la règle 40 précise que «sauf autorisation de la commission exécutive du CIO, aucun concurrent, officiel d'équipe ou autre membre du personnel d'équipe qui participe aux Jeux olympiques ne doit permettre que sa personne, son nom, son image ou ses performances sportives soient exploités à des fins publicitaires pendant les Jeux olympiques».

Du 27 juillet au 29 août, il devient alors interdit aux athlètes de faire mention de leurs partenaires commerciaux, à moins qu'il s'agisse de marques liées au CIO. Ces 29 jours ont été aménagés afin de s'assurer de mettre de l'avant les partenaires officiels, qui ont payé au CIO le privilège d'utiliser l’image et le nom des olympiens.

la coureuse américaine Emma Coburn est mécontente de l'imposition de la règle 40.

Selon le CIO, la règle 40 est imposée dans le but de «préserver la nature unique des Jeux olympiques, en empêchant leur surcommercialisation». Mais les athlètes olympiques ne sont pas tous d'accord avec cette règle, et certains ont recouru aux médias sociaux pour démontrer leur mécontentement, comme la coureuse américaine Emma Coburn.

Un compte Twitter, @rule40, et un site web ont même été créés afin de protester contre le règlement qui, selon eux, «empêche les athlètes de se publiciser eux-mêmes».

Depuis les Jeux de Londres en 2012, la règle 40 a été assouplie légèrement, alors qu'elle permet désormais aux athlètes de participer à des campagnes génériques lors des Jeux. Une condition persiste toutefois: ne pas mentionner de façon explicite toute propriété intellectuelle du CIO.

Concrètement, c'est donc dire que les athlètes et campagnes ne peuvent utiliser les termes «olympique(s)», «Jeux olympiques», «olympiade», «olympiades», la devise olympique «Citius Altius Fortius» et ses traductions, «2016», «Rio», «Rio de Janeiro», «or», «argent», «bronze», «médaille», «effort», «performance», «défi», «été», «Jeux», «sponsors», «commanditaires», «victoire» et «olympien», sous peine de sanction.

Malgré la rigidité des contraintes, il semblerait qu'il s'agit néanmoins d'une bonne occasion de stimuler sa créativité, comme l'a démontré l'athlète britannique Jade Lally. Que les Jeux (de mots) commencent!

l'olympienne britannique jade lally y est allÉe de contorsions lexiques afin d'Éviter de contrevenir à la règle 40.

En couverture, un camion à l'effigie de rule40.com arpatant les rues de Portland, Oregon aux États-Unis, afin de protester contre la règle 40.

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