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Dossier
Histoires d'échec

Andy Nulman: «L’échec est un acte solitaire.»

Le président de Juste pour rire rappelle que s’il est parfois constructif d’échouer, il est aussi tout indiqué d’en revenir et de passer à autre chose.  

Survivre à l’humiliation
Un jour, dans la grande salle de bal du Centre Sheraton à Montréal, on avait invité Andy Nulman comme invité d’honneur lors d’une conférence organisée par Century 21. Il était hésitant, mais on lui avait assuré que l’auditoire serait ravi d’entendre quelque chose d’un peu différent, des histoires sur son parcours au sein de Juste pour rire. «J’étais un peu nerveux. Tous les autres conférenciers parlaient de KPI et de la meilleure façon d’augmenter leurs revenus…»

3000 personnes se trouvaient dans la salle, mais son discours ne semblait susciter l’intérêt d’aucune, aux dires d’Andy Nulman… À tel point que le maître de cérémonie serait monté sur scène pour lui enlever le micro des mains. «J’étais humilié. Je me suis dit qu’enfin, je goûtais au sentiment de l’humiliation totale. Ça ne pouvait pas être pire que ça. Mais j’ai survécu.»

«Si tu te rends au point dans la vie où tout te pète en plein visage, il faut comprendre que c’est là le sentiment d’humiliation… et passer à autre chose.»

En fait, entre le moment ou Andy Nulman est sorti du Centre Sheraton et celui où il a regagné son bureau, ce sentiment d’humiliation totale s’était dissipé. «J’ai appelé mon fils et lui ai dit que son père avait appris une leçon importante ce jour-là: si tu te rends au point dans la vie où tout te pète en plein visage, il faut comprendre que c’est là le sentiment d’humiliation… et passer à autre chose.»

Comme entrepreneur, la tolérance à l’échec représente certes une qualité indispensable. Ressentir l’échec est une chose normale, mais aux yeux d’Andy Nulman, le secret se trouve dans le poids qu’on lui accorde. «C’est ce qui marque la différence entre un entrepreneur qui connaît du succès et un qui n’en a pas: si tu ne te laisses pas plomber, si tu es capable de passer par-dessus, ça ira.»

«Certains voudront partager leur échec ou même blâmer les autres… mon avis, c’est qu’il faut prendre sur soi la responsabilité de ses revers.»

Un acte solitaire
Lorsqu’Andy Nulman est sorti du Centre Sheraton – en évitant soigneusement les regards gênés des gens dans l’ascenseur –, il aurait pu blâmer son agent, l’organisation de cet événement, même les gens dans la salle… Mais l’entrepreneur sait trop bien que l’échec est une affaire solitaire: «Il existe une expression en anglais qui dit: le succès a plusieurs pères, mais l’échec est orphelin. Certains voudront partager leur échec ou même blâmer les autres… mon avis, c’est qu’il faut prendre sur soi la responsabilité de ses revers: c’est un acte solo. Lorsqu’on échoue, la pire chose est d’aller pleurer sur l’épaule d’autrui.»

«J’aime encore mieux les essais catastrophiques que des demi-succès, et les projets ennuyants.» 

Le président de Juste pour rire rappelle néanmoins qu'avec les ratés viennent aussi les réussites et que plutôt que de valoriser l’échec, il faut encourager le risque, quitte à manquer son coup. «Je préfère les trucs "wow" qui se démarquent, qui font école, bien sûr. Mais j’aime encore mieux les essais catastrophiques que des demi-succès, et les projets ennuyants.» 

Andy Nulman est au programme de la prochaine édition du FailCamp, une conférence sur l'échec présentée à Montréal et à Québec. Tous les détails sur le site web de l'événement. 

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