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Voici les Personnalités Infopresse 2016

Véro: marque média incarnée et réfléchie

L’année qui s’achève semble très importante pour la marque média Véro. Pourtant, aux yeux de celle qui l’incarne, 2016 aura surtout été une année de transition. 

La prochaine année s’annonce chargée pour Véronique Cloutier: en plus de son magazine éponyme et de sa gamme de vêtements, elle effectuera un retour à la télé à la barre d’une émission créée sur mesure à Radio-Canada. Aussi, elle lancera, en 2017, sa propre plateforme numérique sur Tou.tv. «Je commence à constater que l’annonce de la plateforme numérique Véro est importante parce que je suis dans le cœur de la production. Mais tout cela sera concret quand ce sera en ligne.»

Le numérique, voie d’avenir
Ce dernier ajout, souligne-t-elle, était envisagé depuis longtemps. «Ca faisait plusieurs années que Louis [Morissette] et moi, lui surtout, pensions à cette possibilité de lancer une "chaîne" Véro. Nous avons évalué toutes les possibilités et, vraiment, le fait que Tou.tv possède l’infrastructure, l’expertise et le personnel en faisait un partenaire idéal.»

«L'enjeu de la télévision, c’est de réunir le plus grand nombre de spectateurs, et maintenant, il faut aller les chercher dans leurs nouvelles habitudes de consommation.»
-Véronique Cloutier

La nouvelle entité présentera donc une programmation mixte entre des acquisitions et des productions originales, qui pourront par la suite être diffusées sur les différentes propriétés de la chaîne publique. «Par ailleurs, avec la nouvelle plateforme, l’axe est toujours le même, mais nous pouvons ouvrir la porte à d’autres avenues.» Cette voie s'avère intéressante pour celle qui s’est spécialisée en divertissement et qui voyait difficilement comment en traiter dans son magazine.

Ce grand défi pour la petite équipe de Véro souligne la confiance accordée par Radio Canada. Et qui souhaite que ce soit là le début d’un long et prospère partenariat. Pas de chaîne Véro à la télé pour l’avenir, donc? «Je ne crois pas qu’on verra un jour une chaîne câblée Véro qui mise sur un modèle plus traditionnel. C’est un choix qu’on a fait après beaucoup de réflexion. L'enjeu de la télévision, c’est de réunir le plus grand nombre de spectateurs, et maintenant, il faut aller les chercher dans leurs nouvelles habitudes de consommation. C’est un nouveau modèle, oui, mais un modèle qui fait ses preuves.»

Véro, la marque
Interrogée sur le défi de garder une marque Véro cohérente, la principale intéressée explique pouvoir compter sur des balises établies. Un exercice nécessaire, dit-elle. C’est d’ailleurs dans le cadre de cette réflexion que Véronique Cloutier, qui a été la tête d’affiche pour plusieurs grands annonceurs (Suzuki et la Monnaie Royale, par exemple), a cessé d’associer son nom à des annonceurs. Ce choix lui permet ainsi de mettre toutes les chances de son côté dans la recherche d’annonceurs pour son magazine. «Nous sommes un petit joueur qui se bat contre des géants. Nous devons rester une vitrine ouverte pour tous.» Au-delà de la publication, elle souligne également goûter la liberté de ne pas appartenir à personne d’autre qu’à elle-même. «Je fais les choses comme je veux les faire, avec les réussites, les échecs et les succès qui viennent avec.»

Libre, Véronique Cloutier abat une somme de travail titanesque pour superviser tout contenu qui portera son nom. Outre son partenaire, Louis Morissette, à qui elle attribue une grande part de son succès, elle peut compter sur divers collaborateurs triés sur le volet. Pour la programmation de Tou.tv, elle a engagé celle qu’elle considère comme «un prolongement» d'elle-même, qui l’aide dans la planification de la première saison, en collaboration avec l’équipe de Tou.tv.

Après cette «année de transition», que se souhaite-elle? Pas de chaîne radio, car elle se dit heureuse dans la famille Cogeco. Du cinéma, peut-être. Et surtout: «Que la plateforme soit un succès. C’est un gros risque, un saut dans le vide. Mais c’est ce que j’aime et qui me garde vivante. Ni moi ni Louis n’aimons nous asseoir sur nos acquis.» 

* En couverture: Véronique Cloutier. Crédit photo: Félix Renaud, Zetä Productions

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