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Voici les Personnalités Infopresse 2016

Philippe Lamarre: voir grand

Trois ans après avoir fondé l’agence Toxa en 2000, Philippe Lamarre a lancé le magazine Urbania. Ce qui a commencé comme un projet créatif pour se libérer des contraintes du quotidien est devenu, en 2016, la référence en matière de création de contenu pour les milléniaux. 

Une machine à contenu

En septembre 2015, Toxa et Urbania ont été réunies sous la bannière Urbania Média. «L’idée était d’arrêter de porter deux chapeaux et de rationaliser nos décisions vers une seule direction», explique Philippe Lamarre. En seulement un an, cette nouvelle entité s’impose sur le marché comme une importante machine de création pour les lecteurs et les annonceurs.  

magazine urbania, septembre 2016

Du contenu, Urbania en crée à toutes les sauces: un magazine, un site web, des émissions de télé, des podcasts et du contenu commandité. «Nous produisons cinq ou six séries par année, rassemblons environ 300 000 visiteurs uniques par mois sur le web et commençons à avoir de très gros comptes en contenu commandité, dont Desjardins et Loto-Québec, qui souhaitent parler aux milléniaux», soutient Philippe Lamarre. Selon lui, les astres s’alignent pour Urbania cette année, mais c’est le fruit de ce que l’équipe sème depuis longtemps.

Des ambitions d’envergure

Si Urbania semble avoir atteint une certaine maturité, Philippe Lamarre n’a pas l’intention de s’arrêter. Il veut voir son entreprise grandir. «Ce n’est pas très humble, mais nous voulons devenir le média destiné aux jeunes adultes francophones le plus grand sur Terre.» Il se voit ainsi conquérir le marché français, mais aussi africain, où il aimerait déjà être en train de s’implanter dans cinq ans. «Le Québec est capable. Nous n’avons pas été des colonisateurs comme les Français et nous sommes agiles comme les Américains. Alors pourquoi se mettre des limites?»

«NOUS VOULONS DEVENIR LE MÉDIA DESTINÉ AUX JEUNES ADULTES FRANCOPHONES LE PLUS GRAND SUR TERRE.»

Les limites géographiques ne sont pas les seules que Philippe Lamarre souhaite franchir. Il espère aussi voir Urbania présent sur toutes les plateformes. «Même celles qui n’existent pas encore», lance-t-il.

Mais attention: cette montagne, il veut la gravir tout en conservant son indépendance et sa liberté de contenu. Selon lui, c’est ce qui permet à Urbania de demeurer crédible et de satisfaire ses deux clients: les lecteurs et les annonceurs. «Ce n’est pas évident, mais on veut trouver la dynamique la plus fluide possible.»

Survivre aux défis de l’industrie

«ON DOIT essayer des trucs et accepter de se planter pour trouver des voies de succès.»

Selon Philippe Lamarre, Urbania a su grandir et s’imposer parce que l’équipe n’a jamais eu peur de prendre des risques pour être avant-gardiste. Et dans une ère de transformation où tout change très vite, c’est plus important que jamais. «C’est sûr qu’on espère que le marché ira là où l'on pense. Mais on doit essayer des trucs et accepter de se planter pour trouver des voies de succès. Rien n’est sûr en ce moment. Il faut s’inspirer de l’extérieur et conclure des partenariats intelligents.»

Mais si l’état du marché préoccupe Philippe Lamarre en ce moment, il reste en confiance. «Chez Urbania, nous vivons un moment très excitant puisque nous sommes en croissance. Et nous voulons continuer sur cette lancée afin de devenir pour le marché francophone ce que Vice est au marché anglophone.» 

* Crédit photo: Félix Renaud, Zetä Productions

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