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Voici les Personnalités Infopresse 2016

Alexandre Taillefer: électrisant révolutionnaire

Celui que le grand public a connu à l’émission Les Dragons a, depuis l’an dernier, propulsé le taxi montréalais dans de nouvelles sphères… et il est loin de s’en tenir là.

Il y a trois ans, Alexandre Taillefer a décidé de ne plus avoir de voiture. Il se balade en vélo Bixi, en métro ou en taxi. «Je crois fondamentalement que la voiture est le facteur le plus important d’appauvrissement individuel et collectif. Tout ce qui peut être fait pour développer le transport urbain et limiter l’utilisation de l'automobile sera un bénéfice pour la société.»

«Je crois fondamentalement que la voiture est le facteur le plus important d’appauvrissement individuel et collectif.»

On peut dire que l’homme d’affaires est cohérent: en moins d’un an, il aura bousculé toute l’industrie du taxi montréalais en lançant Téo, un réseau de voitures électriques désormais facile à repérer, avec son parc blanc et vert. «Nous sommes renversés par la reconnaissance dont jouit cette marque auprès des Montréalais!», admet Alexandre Taillefer, qui concède que l’achat d’un parc composé en partie de Tesla a servi de vitrine marketing imparable: «Mettre 100 000$ sur une auto, c’est un peu fou. Mais ce fut un investissement marketing payant.»

Si l’homogénéisation de Téo contribue à son rayonnement, il en sera vite de même pour Taxi Diamond et Taxi Hochelaga, toutes deux achetées en 2015-2016 par Alexandre Taillefer et son équipe de XPND Capital. Ces trois marques continueront de fonctionner distinctement, mais adopteront un modèle similaire, notamment dans l’uniformisation de leur parc respectif. L’offre publicitaire, déployée sur le toit des véhicules Téo, sera aussi appliquée aux deux autres marques. «Nous avons constaté que notre formule pouvait être adaptée avec Hochelaga et Diamond. Essentiellement, notre objectif est de faire évoluer toute l’industrie du taxi.»

Trouver son compte
Cette dernière avait grand besoin de renouveau, et Alexandre Taillefer y a vu une occasion d’affaires. Car s’il est conscient que ce changement bénéficiera à tous les Montréalais, il doit aussi y trouver son compte: «On ne lance pas un projet de taxi à 200 millions$ en se disant qu’on le fait bénévolement. Si l'on veut financer d’autres projets, il faut qu’ils soient rentables.» Cette philosophie, il l’applique aussi dans le projet de développement de l’observatoire de la Place Ville-Marie ou encore l'achat du journal culturel Voir.

«Il y a une énergie et une créativité ici qui va porter ses fruits. Et l'on cessera d’être le secret le mieux gardé en Amérique.»

Par ailleurs, XPND et Alexandre Taillefer ont annoncé en septembre le lancement d’un regroupement de sociétés en divertissement, Mishmash, dans lesquelles participent notamment La Tribu et le Groupe Piknic Électronik. Son ambition? Faire rayonner le talent d’ici à l’international. Car si Alexandre Taillefer croit – et investit – dans la créativité locale, il estime que notre industrie a encore du chemin à parcourir en matière de commercialisation. «Il y a une énergie et une créativité ici qui va porter ses fruits – elle ne se répercute pas encore sur le plan économique, mais d’importants changements seront perceptibles au cours des cinq ou 10 prochaines années pour Montréal. Et l'on cessera d’être le secret le mieux gardé en Amérique. Maintenant, nous avons certains enjeux: nous sommes bons pour concevoir des produits, pour monter nos entreprises à un certain niveau, mais il faut parvenir à les conserver ici et développer une expertise beaucoup plus importante en commercialisation.»

Aucun doute que celui qui semble doté du don d’ubiquité compte y contribuer: «Mon principal actif, c’est ma réputation, pas l’argent. Ma réputation fait qu’aujourd’hui, j’attire des gens, des capitaux et suis capable de faire avancer des projets. Prendre un projet, l’accoucher et le voir perdurer, c’est ce qu’il y a de plus gratifiant pour moi.»

* Crédit photo: Félix Renaud, Zetä Productions

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