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Dossier
30/30 Infopresse: qui sont les leaders de demain?

Stéphanie Noël: multidisciplinaire

La directrice adjointe de la stratégie d'OMD Montréal est âgé de 30 ans. 

Cela fait huit ans que Stéphanie Noël œuvre dans l’industrie des médias. Après l’obtention d’un baccalauréat en marketing à l'institution John Molson School of Business, elle a occupé différents postes en stratégies médias chez Média Experts, Rogers et, depuis plus de six ans, OMD Montréal. Elle a eu la chance de contribuer à l’essor de cette dernière, qui a multiplié ses activités par cinq ces cinq dernières années.

En tant que directrice adjointe de la stratégie, son rôle est de systématiquement pousser l’approche média vers une approche multidisciplinaire. Pour répondre aux besoins d’une industrie qui vit des changements transformant de manière importante les attentes des annonceurs, il est impératif de revoir les manières de travailler, croit-elle.  

Nous devons gagner en finesse en adaptant notre approche marketing.

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fière?
Cela fait plus de trois ans que je travaille avec l’équipe de Reitmans. Je ressens une grande fierté de contribuer à la croissance et au développement de cette entreprise non seulement canadienne, mais montréalaise! Ce n’est pas un secret: l’industrie de la mode féminine au Canada est en transformation. Le consommateur devient de plus en plus omnicanal. Nous devons gagner en finesse en adaptant notre approche marketing afin que le public et la segmentation soient au cœur de nos stratégies multimédias. C'est une occasion d’apprentissage et un défi qui m’interpelle grandement. 

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?
C’est une reconnaissance très précieuse à mes yeux. Je pense que le domaine des médias manque de reconnaissance. Pensez-y. Quand on parle des grandes campagnes, le contenu est souvent à l’honneur. À quand remonte la dernière fois où, exposés à une campagne, vous avez lancé: «Wow! Cette stratégie de ciblage est vraiment malade!». Cela dit, d’être sélectionnée parmi des candidats de tous les domaines du marketing représente une occasion de faire rayonner le secteur des médias, et je suis honorée de contribuer à cette visibilité.

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?
Dès mon jeune âge, je savais que je ne voulais pas me limiter à un certain métier trop tôt, mais plutôt laisser le destin guider mon cheminement. Quand on me demande pour quelle raison j'ai opté pour les médias, je réponds que j’ai découvert ce domaine par hasard. Avec du recul, je crois que le destin m’a menée vers ce métier, devenu une réelle passion.

Qu'est-ce qui vous a décidée à faire ce que vous faites aujourd'hui?

J’apprends quelque chose de nouveau tous les jours.

Un mélange de chance et de destin fait effectivement partie de la raison pour laquelle j’ai commencé à pratiquer dans ce domaine. Mais y rester, c’est plutôt là que les cartes se mêlent. Ce qui me fascine en marketing, et plus précisément en média, est le rythme auquel le domaine évolue. Cela fait huit ans que j’y œuvre. Pourtant, j’apprends quelque chose de nouveau tous les jours. Cette possibilité de dépassement de soi fait en sorte que je reste intriguée et, surtout, passionnée par ce que je fais.

De plus, savoir que ma génération contribue très certainement à l’évolution de cette industrie et constater ma chance d’être une agente de changement est très gratifiant.

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd’hui?
Être multidisciplinaire et faire preuve d'agilité. 

Il faut prendre chaque instant de changement comme une oCCASION d’apprentissage.

Notre industrie est en évolution perpétuelle. Cela se traduit en un besoin d’étendre son expertise afin de mieux servir les besoins des annonceurs ainsi que d’une souplesse dans le but de s’adapter au changement. Mon conseil pour surmonter ces défis est de prendre chaque instant de changement comme une occasion d’apprentissage et de dépassement de soi!

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses? 
En ce qui a trait aux médias, je souhaite contribuer à former la relève à partir des bonnes bases. Dans notre industrie, élaborer des stratégies efficaces nécessite un sens analytique. Ces dernières années, j'ai constaté que la créativité et l’innovation prenaient le devant au détriment de la stratégie analytique. Remettre les chiffres au cœur des stratégies ainsi que former la relève de façon à ce que les données deviennent un outil de travail incontournable sont les deux axes sur lesquels je m'efforcerais de travailler pour influencer l’industrie.

Notre industrie connaÎt des changements qui me portent à croire à une convergence des disciplines.

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans? Une spécialiste média. Notre industrie connaît de grands changements qui me portent à croire que l'avenir des agences va mener vers une convergence des disciplines. Dans 10 ans, j’imagine une industrie où nos stratèges seront spécialisés en médias, mais aussi des consultants d’affaires. Nous commençons déjà à exercer ce rôle chez OMD Montréal avec certains clients, et les résultats sont nettement plus payants avec cette approche.

Qui est votre plus grand modèle/mentor?
Durant ma carrière, j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs influenceurs et agents de changement dans l’industrie. Ce qui m’impressionne (et chose qui, je l’espère, n’étonnera plus la prochaine génération!) est le nombre de femmes à la tête des agences et entreprises. Trop souvent, l'on se contente d’exceller dans son propre domaine. Pourtant, je crois fondamentalement qu’il est important d’identifier toutes les occasions d’apprentissage qui s’offrent à nous. Un jour, j’ai pris conscience de ma chance de côtoyer ces femmes. C’est à ce moment que j’ai saisi l’importance de garder une écoute systématique et de me laisser inspirer.

Quelle est votre devise?
«Qui ne tente rien n’a rien». C’est en essayant et en se donnant la chance qu’on apprend et qu’on se surprend.

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui?
J’y ai longuement réfléchi: Richard Branson. Cet entrepreneur est à l’origine d’un empire qui rassemble une panoplie d’industries. Pourtant, son image de marque reste cohérente dans chacune de ses activités. Et comment oublier qu’il possède le facteur «plus cool, tu meurs»: il a été anobli par le prince Charles!

Quel est le projet qui vous rend morte de jalousie?
Il y en a tellement! Les meilleures campagnes, selon moi, sont celles qui reposent sur un insight consommateur. Cette année, je me régale en découvrant les annonces de Loto-Québec. Vivre un moment de chance inattendu nous incite tous à vouloir se tenter à la loterie! 

Quelle est votre plus grande déception?
Le manque de rayonnement de l’industrie des médias auprès de la relève. De mes souvenirs, les médias se résumaient à un chapitre dans un cours de marketing à l’université. Je trouve cela dommage que notre métier ne connaisse pas une popularité plus importante et cela doit commencer dans les discours scolaires.

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?
«Every day I’m hustling

Photo: Félix Renaud  Zetä Production

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