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Rémi Aboussouan: savoir se démarquer

Le producteur web de TVA Nouvelles/TVA Sports est âgé de 29 ans. 

Spécialiste des médias et de l'univers numérique, Rémi Aboussouan agit depuis avril 2015 à titre de producteur web pour TVA Nouvelles et TVA Sports.

Responsable des sites web, des médias sociaux et des applications mobiles, il s'assure de la qualité du contenu et de la stratégie des différentes plateformes numériques.

De 2011 à 2015, il était à l'emploi de National, où il a travaillé pour McDonald's, la Ligue de hockey junior majeur du Québec et Hockey Canada.

Il a obtenu en 2010 un baccalauréat en journalisme de l'Uqam.

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier?
Avoir participé au lancement du nouveau site web et de l'application mobile de TVA Nouvelles représente une immense fierté. Sans fausse modestie, je considère que le lancement de notre application a marqué un tournant dans la façon dont les Québécois consomment l'information aujourd'hui. Avec une stratégie d'alertes mobiles dynamique et efficace, on a forcé nos concurrents à changer leur façon de faire. Aujourd'hui, pour plusieurs Québécois, si tu n'as pas reçu d'alerte mobile, ça veut dire qu'il ne s'est rien passé d'assez important dans le monde pour que tu consultes les nouvelles.

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?
Je vois ça comme une tape dans le dos. Une reconnaissance qui m'indique que je suis sur la bonne voie. Mais c'est surtout une motivation pour continuer de mettre du temps, de l'énergie et du cœur dans ce que j'aime.

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?
J'ai appris à lire en déchiffrant le cahier des sports de La Presse. Dès ce jour, j'ai rêvé de travailler dans l'univers du journalisme sportif.

Qu'est-ce qui vous a décidé à faire ce que vous faites aujourd'hui?
À 18 ans, avec quatre de mes amis du cégep, on a créé Accrofoot: un média qui avait pour mission de faire couvrir et de promouvoir le football au Québec. L'aventure a finalement duré près de six ans, et le blogue qu'on a lancé à l'époque s'est, au fil des ans, transformé en magazine papier, puis en véritable média multiplateforme à part entière.

En m'investissant bénévolement dans ce projet, sans compter les heures, j'ai su que c'est dans le monde des médias que je voulais œuvrer.

Si tu veux faire ta place, il faut que tu saches te démarquer.

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?
Des gens qui possèdent un bac en communication, il y en a beaucoup. Si tu veux faire ta place, il faut que tu saches te démarquer, trouver en quoi tu apportes une valeur ajoutée et savoir te rendre indispensable.

Un bac, ce n'est pas que 90 crédits, mais c'est surtout trois ans où tu peux t'engager dans des projets, te faire des contacts et aller chercher de l'expérience. À mon avis, c'est là que ça se joue.

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses?
J'ai toujours voulu prouver qu'on pouvait faire du journalisme sportif de qualité, intelligent et pertinent. Pour moi, du journalisme, c'est du journalisme. Et que tu fasses une entrevue avec un politicien, un professeur d'université, un artiste ou un athlète, ta préparation devrait être la même. Si je peux avoir une influence positive sur la façon dont le journalisme sportif est perçu dans 20 ans, j'en serai honoré.

trouver comment les médias peuvent rester rentables REPRÉSENTE un défi incroyablement stimulant.

Par ailleurs, je me considère franchement privilégié d'occuper un rôle décisionnel à une période où l'industrie médiatique se trouve dans une période de transformation aussi profonde. Faire partie de la solution et tenter de trouver comment les médias peuvent rester rentables sans compromettre la qualité du contenu représente un défi incroyablement stimulant.

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?
J'espère qu'à l'aube de la quarantaine, je ne serai pas trop confortable dans ce que je fais. Je pense vraiment que c'est facile d'atteindre un point où tu es tellement à l'aise dans ton rôle que tu stagnes, que tu arrêtes d'apprendre et de te dépasser. C'est à ce moment-là qu'il faut se sortir de sa zone de confort.

Qui est votre plus grand modèle/mentor?
Je peux cibler trois personnes qui m'ont particulièrement inspiré et fait progresser, depuis le début de ma carrière. Benoit Mongeon, mon directeur de stage chez les Carabins de l'Université de Montréal, pour sa capacité à gérer la pression et travailler avec acharnement tout en restant zen, calme et sans stress.

Sébastien Fassier, à la fois mon mentor, mon beau-frère et mon collègue pendant plusieurs années chez National, pour sa façon d'être toujours à son top au moment où ça compte le plus.

Et Jean-Luc Sanscartier, qui a assez cru en moi pour me donner ma première occasion d'occuper un poste de gestion, chez TVA. Sa façon d'analyser chaque situation en fonction des résultats et d'orienter chacune de ses décisions autour de données quantifiables a fait de moi un bien meilleur gestionnaire.

Quelle est votre devise?
Mieux vaut beaucoup trop que trop.

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui?
Ma grand-maman Clotilde, décédée alors que ma mère était adolescente. Histoire de comprendre un peu mieux d'où je viens.

Mieux vaut beaucoup trop que trop.

Quel est le projet qui vous rend mort de jalousie?
Le lancement de la marque Frank & Oak représente pour moi une des plus belles réussites 360. Autant sur le plan de la qualité du produit, du storytelling, de la stratégie numérique que de l'expérience client, tout a été A1. Et surtout, ils ont réussi à créer un mode de vie plutôt que de se contenter d'être une simple marque de vêtements.

Quelle est votre plus grande déception?
De n'avoir jamais (encore?) travaillé à l'étranger. Je suis amoureux de Montréal, mais mes deux parents viennent d'ailleurs (ma mère de Belgique et mon père du Liban), et j'aurais aimé profiter de ma vingtaine pour aller acquérir de l'expérience et me faire des contacts dans un autre pays.

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?
En gros, je suis payé pour être sur Facebook et Twitter toute la journée. Elle est d'ailleurs bien contente parce que je lui réponds en une fraction de seconde quand elle m'écrit. Par contre, dans un souper de famille, le dimanche soir, quand elle voit le nombre de courriels auxquels je réponds, elle comprend que je fais pas mal plus que de simplement flâner sur les médias sociaux.

Photo: Félix Renaud  Zetä Production

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