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Dossier
30/30 Infopresse: qui sont les leaders de demain?

Léa Vinson: pour la bonne cause

La chargée de comptes, relations publiques et médias sociaux, de North Strategic est âgée de 29 ans. 

Léa Vinson est une passionnée dans l’âme et se décrit comme une fille de relations publiques avec une vibe de travailleuse sociale.

En sortant de ses études en marketing à l’Uqam, elle a commencé sa carrière chez Infopresse dans l’équipe des ventes. Ensuite, elle est retournée aux études pour obtenir sa maîtrise en gestion à HEC Montréal, juste pour se donner des défis et sortir de sa zone de confort.

Puis, elle a travaillé en communication dans le milieu culturel à la Place des arts et chez Québec Cinéma. Elle avait pour mandat d’initier les moins de 30 ans à la culture.

Depuis 2015, elle est chargée de comptes chez North Strategic, une agence de relations publiques et de médias sociaux. Elle élabore et exécute des stratégies de relations publiques ainsi que des relations avec les influenceurs pour Air Miles, Air Transat et L’Équipeur.

Elle est aussi la fondatrice de la ligue de balle molle Les Princes, qui réunit plus de 70 femmes de l’industrie des communications et du marketing.

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fière?
Sans hésitation, Les Princes! Depuis 2015, nous avons amassé plus de 40 000$ et généré du contenu et des vidéos qui ont mis de l’avant plusieurs causes peu sexy comme le suicide, l’anorexie et les mères monoparentales. Je suis vraiment fière d’avoir créé un projet qui touche directement mes valeurs en utilisant mes forces en communication et en marketing pour le faire rayonner. Les Princes, c’est maintenant plus qu’une ligue, c’est un mouvement et un réseau très solide qui inspire beaucoup de gens. Grâce à ce projet, j’ai développé des aptitudes qui m’aident tous les jours dans mon travail. Sans parler du réseau exceptionnel que la ligue m’apporte. C’est vraiment une belle combinaison lorsqu’on travaille dans le milieu des relations publiques. Ça faisait longtemps que j’attendais de mettre mon cœur en entier dans un projet, ça me rend très heureuse.

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?
Mes parents vont pouvoir se vanter un peu de ça à leurs amis, et ça me fait plaisir! En plus, ce sera une bonne excuse pour sabrer quelques bouteilles de bulles avec mes collègues et amis.

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?
Je voulais travailler pour Vision mondiale, car j’écoutais toujours l’émission qui jouait en boucle à TQS et je désirais m’occuper des enfants en Afrique. Je souhaitais changer le monde. Je rêvais aussi d’être chanteuse, comme Mariah Carey. Bref, je voulais faire beaucoup de choses en même temps. Et je n’ai pas tant changé avec les années!

J’ai toujours eu de la facilité pour créer des relations avec les gens.

Qu'est-ce qui vous a décidée à faire ce que vous faites aujourd'hui?
J’ai toujours eu de la facilité pour créer des relations avec les gens. J’aime connaître beaucoup de personnes et créer des groupes. Ce que j’aime des relations publiques, c’est qu'il s'agit d'un milieu où les relations avec les médias et les influenceurs définissent le succès des campagnes. J’ai aussi un petit côté vendeuse et j'adore le défi de trouver l’angle parfait pour mettre de l’avant les campagnes de mes clients.

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?
Se démarquer. Nous sommes tous des gens créatifs, sociables et motivés par les défis. Ce n’est pas évident de faire sa place. Selon moi, être authentique représente peut-être la seule façon de réellement se démarquer.

Je souhaite avoir la confiance de mes clients grâce à mon authenticité.

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses?
Je ne pense pas encore avoir une réelle influence dans l’industrie. Mais ce que je souhaite dans quelques années est de me démarquer en tant que femme dirigeante dans l’industrie, tout en me faisant respecter par mes pairs. Je veux être gentille avec mon équipe, ne pas me penser meilleure que les autres, travailler avec mes Nike dans les pieds et une queue de cheval. Et ça, en œuvrant pour des projets qui touchent les gens, des campagnes honnêtes. Aussi, je souhaite avoir la confiance de mes clients grâce à mon authenticité. Il y a encore dans l’industrie beaucoup de jeux d’egos. Nous travaillons dans un milieu très superficiel et ce que je souhaite est de donner une touche plus humaine à mes projets et à l’industrie du même coup.

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?
Je ne serai pas la fille qui dira: «J’aurais donc dû faire ceci ou cela.» Je serai en train de le faire. Je haïs les regrets. Dans 10 ans, je ne serai pas une femme frustrée. 

Qui est votre plus grand modèle/mentor?
Ma mère. Autant je la trouve vraiment irritante parfois, autant j'admire profondément son rapport à l’opinion des autres. En gros, elle s’en fout vraiment. C’est ce qui la rend unique et qui la fait briller partout où elle passe. Plus je vieillis, plus j’arrive à ne pas me soucier de l’opinion des gens et à faire ce que je veux. Je fais confiance à ma vision et je me fais confiance, et c’est beaucoup grâce à ma génétique de rebelle dans l’âme.

Quelle est votre devise?
«L’important n’est pas de faire, mais de savoir qu’on peut faire», disait ma grand-mère.

Et aussi: YOLO. Je sais que c’est gênant de l’utiliser encore en 2016, mais les gens qui me connaissent bien savent que ça me va parfaitement.

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui? Vincent Cassel. Je trippe sur son talent. Je serais curieuse de savoir si l’humain derrière l’acteur serait à la hauteur de mes attentes… sûrement pas.

Quel est le projet qui vous rend morte de jalousie?
Je vais lancer un cliché, mais je ne suis pas une personne qui ressent vraiment le sentiment de jalousie. Je dirais plutôt que j’admire les gens qui font des projets donnant des frissons. C’est toujours stimulant d’avoir la chance de travailler pour de tels projets. Avant de mourir de jalousie, je pense qu’il est mieux de prendre des vacances et de se donner le temps de trouver ce qui nous ferait tripper sans envier les autres.

Quelle est votre plus grande déception?
L’image de la femme encore véhiculée dans plusieurs campagnes (hum hum… allo Calvin Klein!). En même temps, ça me donne du jus pour mes projets qui mettent de l’avant l’entraide entre femmes et l’égalité des sexes.

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?
Mes parents et mes amis qui ne sont pas du milieu n’ont jamais compris ma job. J’ai accepté ça et comme je suis tannée d’expliquer, je dis que j’organise des événements. Ce n’est pas du tout ce que je fais quotidiennement… mais tant pis. 

Photo: Félix Renaud  Zetä Production

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