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Dossier
30/30 Infopresse: qui sont les leaders de demain?

Cassie Rhéaume: la programmation au féminin

L'ambassadrice de la division montréalaise de Ladies Learning Code est âgée de 27 ans. 

Mordue des technologies, Cassie L. Rhéaume est l’exemple du profil atypique qui fait bouger les choses! Après des études et une carrière en marketing, sa passion pour le web a finalement pris le dessus. Elle a alors décidé de se réorienter et de plonger dans l’univers du code. Évoluant dans un milieu surtout composé d’hommes, elle a à cœur les enjeux féministes liés à son industrie.

Véritable évangéliste des technologies, Cassie Rhéaume est à la barre de la section francophone de Ladies Learning Code à Montréal, organisme qui organise des ateliers de littératie numérique pour les femmes.

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fière?
Je suis fière d’avoir eu le courage de me réorienter en technologie après un parcours en communication, puis de pouvoir maintenant encourager d’autres femmes à faire de même.

Je suis aussi fière d’avoir fait naître la toute première division Ladies Learning Code francophone au pays. Grâce à cette initiative, nous en avons maintenant un second à Québec. Ladies Learning Code est présente dans toutes les provinces et dans 32 villes canadiennes.

Mais je tiens à préciser que Ladies Learning Code Montréal, ce n’est pas que moi, c’est aussi Nancy Naluz et Iva Olah. Ensemble, nous avons formé plus de 800 apprenties codeuses cette année seulement avec 27 ateliers.

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?
C’est vraiment une belle surprise! Les femmes en technologie manquent parfois de visibilité, alors je me sens vraiment fière d'en faire partie. 

J’ai trouvé une autre façon d’exprimer mes idées et ce que j’ai à dire.

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?
Artiste peintre. Une grande partie de mes amis proches sont des artistes talentueux qui font rayonner leurs créations au fil de leurs projets. Je me sens bien entourée de gens créatifs et passionnés, et j’estime ne pas être si différente. J’imagine que pour ma part, ma créativité et mon intensité me servent autrement. J’ai trouvé une autre façon d’exprimer mes idées et ce que j’ai à dire, finalement.

J’avais le désir d’aider les autres, de contribuer à l’industrie d’une façon spéciale. 

Qu'est-ce qui vous a décidée à faire ce que vous faites aujourd'hui?
À la base, j’ai un parcours en communication. En arrivant sur le marché du travail, j’ai trouvé celui-ci saturé et peu ouvert à l’idée de prendre une énième nouvelle recrue sous son aile. J’avais le désir d’aider les autres, de contribuer à l’industrie d’une façon spéciale. On vit dans un monde où le web et les nouvelles technologies sont omniprésentes, et au fil des projets auxquels j’ai contribué, je ressentais l’envie grandissante de comprendre, de participer et de construire à mon tour.

Donc, j'ai décidé de suivre une petite formation rapide pour apprendre les bases de la programmation web afin de me convaincre que j’étais capable de le faire. Dans mes recherches pour trouver cette formation, je suis tombée sur Ladies Learning Code. M’engager auprès de cet organisme a été l'une de mes premières réalisations auprès de la communauté technologique montréalaise.

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?
Susciter de l’engagement. Quand on a un message à passer, quand on veut changer les choses, il faut s’assurer que son public comprenne le message et soit prêt à passer à l’action. La vie va vite et nos «to-do-lists» sont sans fin. Il faut trouver une façon de s’insérer là-dedans d’une façon pertinente, crédible et marquante.

J’aime transmettre l’importance de se sentir outillée dans un monde où les technologies sont au coeur de nos vies.

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses?
Avec Ladies Learning Code, on permet aux femmes et aux jeunes de prendre le temps, dans un environnement agréable, encourageant et amusant, de découvrir le web, de soulever le capot, de s’intéresser et d’expérimenter dans le but d’apprendre comment on bâtit le web. J’aime avoir l'occasion de transmettre l’importance de se sentir outillée dans un monde où les technologies sont au coeur de nos vies. J’espère pouvoir inspirer les gens de différents milieux à avoir envie de se montrer curieux envers les technologies qu’ils utilisent, puis à se permettre de contribuer à leur tour.

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?
Beaucoup de choses, certainement. Déçue? J’espère n’avoir aucun regret et toujours demeurer optimiste et capable de réaliser mes souhaits, autant que possible.

La communauté tech à Montréal est tissée serrée.

Qui est votre plus grand modèle/mentor?
La communauté tech à Montréal est tissée serrée, j’ai un grand réseau composés de plusieurs professionnels sur lesquels je peux souvent compter au besoin. J’ai aussi plusieurs amis très talentueux que je consulte de temps à autres. Je m’estime très choyée et reconnaissante de pouvoir bénéficier de leur aide et de leur attention.

Quelle est votre devise?
«Don’t let anyone dull your sparkle.» Pour moi, ca signifie l’importance de se faire confiance, d’aller de l’avant, de demeurer authentique dans tout pour demeurer vrai avec soi-même et focaliser sur le positif.

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui?
Quelle difficile question! Je dirais Reshma Saujani, fondatrice de Girls Who Code. Elle est également avocate et politicienne. Je pense que je mettrais mon ensemble de Julie Snyder et je lui ferais passer la grande entrevue. Je sens que nous aurions des discussions passionnantes.

Quel est le projet qui vous rend morte de jalousie?
Il y en a plusieurs, vraiment. Sur le plan local, je dirais candidement que j’envie la clairvoyance et l’audace de Christine Renaud avec E-180 et le courage de mon bon ami Ziad Saab, qui a démarré son propre bootcamp de programmation, DécodeMTL. Ce sont des entreprises prometteuses dans le secteur de créneau dans lequel j’évolue, et j’applaudis leur succès.

Quelle est votre plus grande déception?
Je suis déçue de ne pas avoir écouté ma petite voix dans le cours de sciences en secondaire IV, qui savait que j’aimais les sciences et que j’étais capable de réussir. J’ai adoré mes études en communication, mais j’ai une pointe de regret de ne pas avoir eu la clairvoyance de me diriger plus vite en informatique.

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?
En détail, car ma mère et moi sommes très proches. Elle me soutient entièrement dans ce que j’entreprends depuis le tout début et elle comprend très bien les enjeux de notre industrie.

Photo: Félix Renaud  Zetä Production

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