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Dossier
30/30 Infopresse: qui sont les leaders de demain?

Aurélie Sauthier: repousser les limites

La cofondatrice et présidente de Made in est âgée de 30 ans. 

Pionnière du marketing d’influence, Aurélie Sauthier a fondé Made in en 2011, alors que personne ne s’intéressait encore à ce qui est désormais une tendance majeure pour les marketeurs.

Elle détient un baccalauréat et une maîtrise en marketing de HEC Montréal. Depuis 2011, elle a conçu avec Made in plus de 500 programmes de marketing de contenu, mettant un point d’honneur a toujours élaborer des stratégies innovantes pour ses clients (L’Oréal Paris, Oreo, Doritos, Aldo, Frank & Oak, Estée Lauder, Shiseido, Lancôme, ING, Reitmans, Fox, Lays, etc.).

Aussi, elle donne fréquemment des conférences au Canada et à l’international.

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fière?
Avoir lancé Made in en 2011, alors que personne ne s’intéressait au marketing d’influence, puis avoir acquis la confiance de grands annonceurs dès notre première année.

Le développement international de Made in depuis l’an dernier est aussi quelque chose dont je suis très fière.

Notre développement d’affaires a toujours compris une bonne part de travail d’éducation, car les possibilités du marketing d’influence à l’intérieur de la stratégie sont encore souvent ignorées. C’est notre expertise que de porter nos clients à un niveau supérieur.

Le développement international de Made in depuis l’an dernier est aussi quelque chose dont je suis très fière et c’est une ambition importante pour moi.

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?
Une belle reconnaissance de l’industrie et la fierté d’avoir bâti une base forte pour contribuer à repousser les limites de l’évolution de notre industrie.

Je suis née entrepreneure.

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?
Je suis née entrepreneure. Parmi mes nombreuses idées: à 13 ans, je voulais ouvrir une crêperie en Australie; à 16 ans, je souhaitais implanter une radio étudiante; à 19 ans, je réfléchissais à mon groupe hôtelier, etc. J’ai toujours eu mille et une idées, et je me suis toujours lancée dans de nouveaux projets, jusqu’à Made in.

Qu'est-ce qui vous a décidée à faire ce que vous faites aujourd'hui?
Au début 2008, j’étudiais les nouvelles formes de pub sur les médias sociaux dans le cadre d’un cours-projet recherche que j’avais ajouté à mon programme. À l’époque, ça se résumait principalement à Facebook et à Twitter.

J’ai commencé à travailler en planification média web durant mon baccalauréat, puis en stratégie web par la suite. En parallèle, j'étais très engagée dans la communauté des blogueurs. Les marques et agences connaissaient très mal les approches influenceurs, ce qui entraînait beaucoup de frustrations des deux côtés. De par ma position, je comprenais les deux besoins.

Le déclic a été de voir l’occasion d’apporter la connaissance des acteurs numérique et de leur communauté auprès des marques, puis de permettre aux influenceurs d’être rémunérés pour leur contenu et leur auditoire. En 2009, quand j’ai commencé à vouloir intégrer des stratégies de marketing d’influence dans mes plans médias en agence, j’étais un ovni. J’ai voulu m’investir à 100% dans ce projet. À 25 ans, j’ai donc lancé Made in.

notre industrie est en pleine métamorphose. Il faut être des acteurs de ce changement.

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?
Être toujours à l’affût des tendances, outils, plateformes, supports, etc. Nous sommes dans une industrie qui évolue très vite et en pleine métamorphose. Il faut être des acteurs de ce changement.

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses?
En lançant Made in en 2011, je me suis heurtée à une industrie pas encore prête. C’est à force de persévérance et d’éducation qu’on parvient à briser les préjugés sur les nouvelles formes de communication.

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?
Difficile de dire ce que je ne veux pas être! Par contre, je sais que je souhaite garder ma curiosité, mon grain de folie et la passion qui m’anime et me pousse toujours à me dépasser.

C’est important pour moi d’être constamment à l’affÛt des nouvelles tendances.

Pour répondre à la question je dirais que je ne veux pas être la professionnelle d’expérience qui continue de proposer les mêmes stratégies qu’en 2016. C’est important pour moi d’être constamment à l’affût des nouvelles tendances. Donc, je mets déjà en place avec Made in des programmes et des laboratoires qui nous permettent d’être plus près des jeunes.

J’ai beau utiliser Snapchat, je ne l’emploie pas comme une ado de 15 ans et il faut l’humilité d’en être conscient. C'est difficile d’en comprendre toutes les subtilités si l'on n’est pas au plus proche d’eux. Lire des études ne suffit pas, il faut vraiment s’investir.

Qui est votre plus grand modèle/mentor?
J’admire beaucoup Natalie Massenet, fondatrice de Net-à-Porter. Elle s’est lancée dans le commerce électronique du luxe à une époque où les grandes maisons étaient complètement réticentes face au web. C’est une grande visionnaire et elle a su transformer une excellente idée en succès international. C’est très inspirant.

Tout est possible, les seules limites dans la vie sont celles qu’on s’impose soi-même.

Quelle est votre devise?
Tout est possible, les seules limites dans la vie sont celles qu’on s’impose soi-même. Pour moi, il n’y en a pas.

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui?
Mon mari! Nous sommes tous les deux entrepreneurs et parfois très absorbés par nos réalités. Tous les entrepreneurs ont besoin de s’entourer d’autres entrepreneurs, et nous avons beaucoup d’amis entrepreneurs dans toutes sortes d’industries, c’est très stimulant, nous avons des problématiques similaires, on se challenge et l'on s’entraide. J’ai la chance d’en avoir un à la maison et c’est une très grande inspiration pour moi. Donc, mon mari pour un tête à tête d’affaires suivi d’un tête à tête en amoureux!

Quel est le projet qui vous rend morte de jalousie?
Je ne dirais pas morte de jalousie, mais plutôt très admirative du développement de la marque Michel & Augustin en France. Au départ des biscuits et aujourd’hui plusieurs autres produits alimentaires dans une catégorie premium. Ils ont réussi en à peine 10 ans à se faire une place dans une industrie dominée par des géants, avec des stratégies marketing innovantes et très tournées vers les commentaires des consommateurs, qui participent encore au choix des packaging par exemple.

Quelle est votre plus grande déception?
J’ai beaucoup voyagé durant mes études et j’aurais voulu continuer de voyager davantage. Il n’y a rien d’égal pour s’ouvrir l’esprit et voir plus grand ou différemment. Par contre, rien n’arrive sans rien et je me suis beaucoup consacrée au développement de mon entreprise ces dernières années. Aujourd’hui, je voyage beaucoup pour le travail et ça me stimule énormément. 

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?
J’ai cofondé Made in avec ma sœur. Nos parents comprennent donc très bien notre industrie pour en avoir souvent entendu parler aux repas de famille!

Photo: Félix Renaud  Zetä Production

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