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Dix tendances marketing à surveiller en 2016

Le retour de l’audio

La série Serial a officialisé le retour en force du média de l’audio sous la forme de la baladodiffusion et a incité plusieurs annonceurs à se lancer dans cette aventure. 

Serial a cumulé 100 millions de téléchargements, pour une moyenne de 8,3 millions par épisode.

Le cas de Serial
En octobre 2014, la première saison de Serial, une série d’enquêtes journalistiques, a été lancée. Un épisode était proposé en ligne chaque semaine, relatant le cas du meurtre de la jeune Hae Min Lee par Adnan Syed. En peu de temps, les fans se sont multipliés et ont attendu avec impatience chaque épisode. Au total, la série a cumulé 100 millions de téléchargements, pour une moyenne de 8,3 millions par épisode. Elle a battu des records ici, mais également aux États-Unis, en Australie, au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, en Allemagne et en Inde.

Un seul annonceur commanditait la première saison: MailChimp, un fournisseur de services de courriels peu connu. Avec le succès de la série, MailChimp a connu une popularité fulgurante. D’autres annonceurs ont joint le projet en milieu de saison, dont Amazon.

L’éveil des annonceurs
Depuis, les annonceurs ont été attirés par le potentiel des baladodiffusions. Les marques commencent à vouloir créer du contenu d’elles-mêmes, embauchant des scénaristes et des producteurs. Par exemple, General Electric a créé sa propre baladodiffusion racontant une histoire de science-fiction: The Message. Bien que fictive, la série de huit épisodes présente de vraies technologies de General Electric pour aider le personnage principal, Nicki.

philippe lamarre

urbania

Les annonceurs ont aussi compris que cette forme de média audio comportait certains avantages sur les autres formes de contenu. Elle engage l’auditeur différemment, de façon plus intime et plus passive à la fois. «Outre la radio traditionnelle et sa capacité à atteindre des automobilistes captifs, l’audio montre plusieurs avantages sur les autres formats de contenu, explique Philippe Lamarre, président d’Urbania Média. Par rapport à l’écrit, qui nécessite une certaine concentration, l’audio est un format plus passif. Le récit nous étant narré, il est possible de jogger ou de passer le balai tout en écoutant un podcast.» Qui plus est, la baladodiffusion est beaucoup moins dispendieuse, en matière de production, que la vidéo, souligne Philippe Lamarre.

«Jusqu’à présent, les intégrations de nature commerciale ont LA PLUPART DU TEMPS été RÉALISÉES de manière très soft».

Encore à définir
Cependant, une question demeure à ce jour, selon Philippe Lamarre: «Il reste à savoir si le podcast peut devenir un média auquel des annonceurs peuvent se greffer. Cela demeure à prouver, car jusqu’à présent, les intégrations de nature commerciale ont la plupart du temps été réalisées de manière très soft, avec des marques qui commanditent des podcasts à la manière de mécènes les "rendant possibles".»

En 2016, les marques qui se lanceront dans la baladodiffusion auront donc l’occasion de tester cette forme médiatique et de faire partie des pionniers. Toutefois, elles marcheront en terrain inconnu et devront faire preuve à la fois d’originalité et de prudence. «Les marques qui expérimenteront avec ce format devront le faire avec doigté et intelligence, car je suis persuadé que la pureté narrative du format est ce qui le rend si populaire, soutient Philippe Lamarre. Le jour où retentira le jingle de Honda-de-Blainville-Honda-de-l’Île-Perrot au début d’un podcast d’histoires de gens qui ont trouvé le char de leurs rêves, ce sera la consécration du format. Ou sa fin.» 

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